Tuesday, July 31, 2012

STATEMENT OF THE ALLIANCE FOR NATIONAL REBIRTH. DÉCLARATION DE L'ALLIANCE POUR LA RENAISSANCE NATIONALE


Richard Moulomba












RAYMOND NDONG-SIMA IS CORNERED BY HIS OWN STUDY ON THE EFFECTS OF RUBBER TREE CULTIVATION. RAYMOND NDONG-SIMA EST ACCULÉ PAR SA PROPRE ÉTUDE SUR LES EFFETS DE L'HÉVÉACULTURE





English version


During his meeting with the populations of Woleu-Ntem, Prime Minister Raymond Ndong-Sima cited a study he had commissioned while he was director of Hevegab, that according to him demonstrated that rubber trees where not the detrimental to other crops when they were planted side by side. We have obtained that study and the results are devastating for Raymond Ndong-Sima's credibility. In fact, his own study totally contradicts what he told the populations. In fact, as you can see below, his study concluded the following:


"Studies conducted have confirmed the existence of competition between rubber and associated crops. Thus the crown development of rubber gradually reduces the amount of incident radiation, resulting in lower yield for the associated crop. Pueraria competes with the growth of rubber due to its high water consumption. With cassava, the competition has more to do with mineral elements."


Dear readers, at no time did the study say, or demonstrate that the cultivation of rubber is good for another plant, as was insinuated by Raymond Ndong-Sima, at no time!






Version française




Lors de sa rencontre avec les populations du Woleu-Ntem, le Premier ministre Raymond Ndong-Sima a cité une étude qu'il avait commanditée alors qu'il était directeur d'Hévégab, qui selon lui a démontré que les hévéas n'étaient pas préjudiciables à d'autres cultures quand elles étaient plantées côté à côte. Nous avons obtenu cette étude et les résultats sont dévastateurs pour la crédibilité de Raymond Ndong-Sima. En fait, sa propre étude en totale contradiction avec ce qu'il a dit aux populations. En fait, comme vous pouvez le constater ci-dessous, son étude a conclu ce qui suit:


"Les études entreprises ont confirmé l’existence de compétitions entre l’hévéa et les cultures associées. Ainsi le développement de la couronne des hévéas réduit progressivement les quantités de rayonnement incident, ce qui se traduit par une baisse de rendement de la culture associée. Le Pueraria concurrence la croissance de l’hévéa en raison de sa forte consommation en eau. Avec le manioc, la compétition s’exerce beaucoup plus pour les éléments minéraux."



Chers lecteurs, a aucun moment l'étude ne dit ni ne démontre que la culture de l'hévéa est bénéfique pour une autre plante, comme l'a insinué Raymond Ndong-Sima; à aucun moment!












DES LIGNES DE HAUTE TENSION DANS DES CENTRES URBAINS; MAIS ON VEUT TUER LES GABONAIS! HIGH POWER LINES IN URBAN CENTERS; BUT THEY WANT TO KILL GABONESE PEOPLE !



High voltage powerlines in Quebec, the world leader in hydro-electricity
Des lignes de haute tension au Quebec, le leader mondial d'hydro électricité



English version

Dear readers, we have received a copy of a letter addressed to Ali Bongo, from a group of Gabonese living in Libreville. This group of Gabonese is very concerned about having to live near high voltage power lines that are going to be brought in their neighbourhoods. In developed countries, high voltage power line are kept away from highly populated areas, but in Gabon it seems that the Bongo regime would bring such lines in urban centers. A very famous study from British researchers has demonstrated the high incidence of childhood leukaemia near high-power transmission lines due to exposure to electromagnetic fields (EMF). This blog will publish a post about this topic in a few days. For the time being, we are publishing the letter of these concerned citizens. The letter is in French.


Version française

Chers lecteurs, nous avons reçu une copie d'une lettre d'un groupe de gabonais vivants à Libreville, adressée à Ali Bongo. Ce groupe de Gabonais est très préoccupé par la possibilité d’avoir à vivre près de lignes à haute tension qui vont être installées dans leurs quartiers. Dans les pays développés, les lignes électriques à haute tension sont tenues à l'écart des zones fortement peuplées ; mais au Gabon, il semble que le régime Bongo amènerait ces lignes dans les centres urbains. Une étude très célèbre de chercheurs britanniques a démontré la forte incidence de la leucémie infantile à proximité des lignes de transmission à haut voltage dues à l'exposition aux champs électromagnétiques. Ce blog va publier un billet sur ce sujet dans quelques jours. Pour l’instant, nous publions la lettre de ces citoyens gabonais.




Le Collectif Libreville, 20 juin 2012
des habitants d’Ambowè, Alibandeng,
Bel-Air, Okala et Angondjè 
Opposé au passage de la ligne 
électrique aérienne haute tension 
B.P. 3550 
Libreville – Gabon - 

A Monsieur le Président de la République
Chef de l’Etat
Libreville

Objet : Opposition au passage controversé 
de la ligne aérienne haute tension électrique.

P.J. : 1 dossier.


Monsieur le Président de la République,

Nous ne vous apprendrons certainement rien en disant que les lignes électriques aériennes haute tension sont un danger permanent pour l’Homme au plan sécuritaire et sanitaire, que leur réalisation doit respecter plusieurs dispositions légales et satisfaire à des normes rigoureuses imposées par les règlementations nationales et internationales en la matière et que recommandation a toujours été faite de ne pas s’installer en dessous ou alentours.
Mais parce que le Ministre et des fonctionnaires du Ministère de l’Energie veulent à tout prix vous tromper en faisant croire qu’ils travaillent à votre réussite, ils ont décidé contre vents et marées et malgré la forte opposition largement justifiée à sa réalisation, de tout mettre en œuvre pour que la ligne aérienne haute tension électrique de 90.000 volts qui passe au dessus de nombreuses habitations dans les quartiers Ambowè, Alibandeng, Bel-Air, Okala et Angondjè au nord de Libreville soit inaugurée et mis en service avant les festivités du 17 août prochain. Ceci pour, disent-ils : « montrer la première réalisation visible du partenariat gagnant-gagnant ente le Gabon et la Chine » puisque cette œuvre est réalisée par la société Sinohydro et financée par China Exim-Bank. En fait, ils veulent que vous inauguriez la mort programmée de centaines de gabonais.
Ce qu’ils ne disent pas par contre, c’est que ce projet fait l’objet d’une forte opposition argumentée et justifiée des habitants installés dans les quartiers traversés par cette ligne haute tension du fait de sa dangerosité réelle, mais aussi qu’il a été mal ficelé depuis son initiation jusqu’à son exécution., Il a été mis en œuvre en violation totale de la législation en vigueur dans notre pays, notamment le Code de l’Environnement. En outre, l’Administration a fait preuve de mépris vis à vis des populations concernées par le passage de ladite ligne.
Cette ligne haute tension qui ne respecte pas les normes techniques de sécurité, n’a pas été l’objet de contrôles techniques tout au long de sa construction. De graves manquements ont été relevés, à l’exemple des bases des pylônes réalisées sur des ouvrages en béton d’à peine 60 cm de côté au lieu de 3 mètres, avec des fers à béton de diamètre 10 au lieu de 20 requis. Le calibre des profils métalliques utilisés sont ceux recommandés pour des pylônes de 9 mètres alors qu’il s’agit de pylônes de plus de 15 mètres dont l’armature devrait être plus consistante … avec ça, on peut s’attendre à de très graves accidents à court terme, selon les spécialistes que nous avons consulté.
En gros, ce projet souffre des lacunes ci-après :
Absence d’information et de concertation avec les populations ;
Absence de décret déclarant la zone d’utilité publique ;
Absence d’une étude d’impact environnemental ;
Absence d’une enquête publique commodo/incommodo ;
Absence de l’autorisation du Ministre de l’Environnement pour la réalisation de ces travaux ;
Absence de contrôle technique des travaux réalisés sans respect des normes techniques et de sécurité ;
Absence de signalisation aérienne nocturne sur les ouvrages érigés à proximité d’un aéroport international ;
Violation de la propriété privée ;
Saccage de plantations et arbres fruitiers …
Refus de prendre en compte les oppositions régulièrement exprimées depuis le lancement des travaux.
Toutes choses qui ne rassurent pas les populations que nous sommes, que des fonctionnaires mal avisés voudraient sacrifier simplement pour des effets d’annonce qui risquent d’avoir des retombées négatives sur votre personne et votre gouvernement qui ne manqueront, à n’en point douter, d’être traités d’amateurs par vos détracteurs. 
Le choix de la ligne aérienne haute tension pour ce projet ne se justifie pas et étonne dans la mesure où les techniciens du Ministère de l’Energie et ceux de la SEEG ont toujours fait le choix d’amener la haute tension jusqu’à la périphérie de la ville de Libreville (Bisségué, Belle-Vue, Ambowè) et de transporter l’énergie à l’intérieur de la cité par des réseaux de câbles souterrains, ce à cause de la dangerosité reconnu de cette technologie attestée par de nombreuses études scientifiques. En France, la ville d’Annecy-le-Vieux a fait le choix, avec l’opérateur RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité, de procéder à l’enfouissement de la quasi-totalité des lignes haute tension encore visibles, dans un objectif autant de sécurité qu’environnemental et paysager. Tel est désormais la tendance adoptée par tous les pays réellement attachés au développement durable comme le Gabon.
Il est souvent rappelé que le Gabon est un pays de droit et que la loi doit être respectée. Il n’est pas superflu non plus de dire qu’on gouverne au nom du peuple, pour le peuple et non contre lui. En conséquence, aucun projet de développement ne doit être entrepris contre sa volonté et encore moins contre sa sécurité et, de surcroit, en violation de la loi.

Par ailleurs, lors du Conseil des ministres du 14 juin 2012, Vous rappeliez encore, la nécessité de l’arrimage du Gabon aux principes de développement durable qui consacre de manière définitive l’intégration de la dimension environnementale et sociale dans les politiques publiques ainsi que des projets de développement. Dans ce sens, vos claires instructions aux administrations publiques sont, entre autres : donner un environnement de qualité aux populations, réduire les risques environnementaux et les vulnérabilités sociales, assurer à tous le droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature, associer le secteur privé dans la marche vers le progrès social et économique grâce à des choix technologiques et des pratiques encore plus citoyennes … 

Comme on le voit, le refus de procéder préalablement à des études d’impact environnemental et le choix fait par l’Administration de l’Energie d’une technologie qui va à l’encontre des impératifs de sécurité, de lutte contre les vulnérabilités sociales, de réduction des risques environnementaux et de respect de la nature montrent à suffisance les carences et manquements qui plombent ce projet. 

Faire donc subir aux populations les errements et l’entêtement à persévérer dans l’erreur de certains fonctionnaires à la recherche de satisfécits personnels est une attitude criminel au regard des dangers qu’ils font courir à de nombreuses et paisibles familles gabonaises et qui conduira le gouvernement à prendre de mauvaises décisions d’autant plus qu’il existe d’autres solutions techniques moins dangereuses dont le Gabon peut aisément supporter le coût. Les techniciens de l’Administration de l’Energie le savent bien.

Aussi, forts de tout ce qui précède et en respect du principe de précaution, avons-nous l’honneur de solliciter de Votre Haute bienveillance, une intervention urgente auprès de l’Administration de l’Energie pour :

- Qu’en préservation des risques réels sur la santé et la sécurité des citoyens et par l’arrêt immédiat des travaux de réalisation de cette ligne haute tension ainsi que le démantèlement dans les meilleurs délais des pylônes érigés aux abords des maisons et les câbles électriques installés au dessus des habitations, cessent rapidement les troubles occasionnés aux populations ;

- Que soit réexaminé ce projet dans le respect strict des lois en vigueur en République gabonaise, notamment le Code de l’environnement ;

- Que soient étudiées aussi toutes les autres possibilités techniques telles que l’enfouissement au sol des câbles électriques ou la déviation de la ligne le long de la mangrove.

Vous en remerciant grandement, nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre Très Haute considération./- 



Pour le Collectif 
et P.O. Francis ENAME
Tel : 05 30 01 78
Optimus.ga@gmail.com

Monday, July 30, 2012

MEMORANDUM AGAINST THE PROJECT OF RUBBER PLANTATION IN HAUT-NTEM. MEMORANDUM CONTRE LE PROJET D’HÉVÉA CULTURE DANS LE HAUT-NTEM





English version

The population of Haut-Ntem (minvoul) has issued a memorandum to the Gabonese authorities, reaffirming their unequivocal refusal to see their land stolen by Olam and converted into a giant rubber plantation. This memorandum is in French. It would take us some time to translate it in English so those of you who would like an English version, please contact us via email and we will send one to you as soon as possible.



Version française

La population du Haut-Ntem (Minvoul) a publié un mémorandum aux autorités gabonaises, réaffirmant leur refus catégorique de voir leurs terres volées par Olam et transformées en géante plantation d'hévéa. Ce mémorandum est en français.






















RAYMOND NDONG-SIMA DID NOT CONVINCE THE POPULATION OF MINVOUL. RAYMOND NDONG–SIMA N’A PAS CONVAINCU LES POPULATIONS DE MINVOUL





English version

The Olam project of converting 50000 ha of prime forest into a massive rubber plantation, in the north of Gabon, is more and more unpopular every day. Realizing that their loosing this battle, the two partners, Olam and the Gabonese government are now sending people they believe to be influential members of government who are from Woleu-Ntem province, into the region to try to convince the populations to back this insane project.

After Emmanuel Ondo-Methogo, a counsellor to Ali Bongo, attempted to persuade the populations into accepting Olam’s project, last week the Prime Minister Raymond Ndong-Sima met with some populations from Minvoul, the area where Olam would like to establish a massive rubber plantation; in Oyem the capital city of Wolen-Ntem province. From the information this blog has received from people who were present at the meeting, Raymond Ndong-Sima failed to persuade many people that this project was a good thing for them. We are not very surprised because it is hard to see how this project would in the end be beneficial for the populations. Here are a few reasons why Raymond Ndong-Sima’s visit did not have much of an impact:

1. The destruction of 50000 ha of primary forest is a tragedy

Dear readers let us be very clear; 50000 ha of forest are enormous. Just to give you an idea, the surface of an international football stadium is 0.82 ha. Therefore, 50000 ha is the equivalent in term of surface, of 41000 football stadiums. Imagine that the equivalent of 41000 football stadiums was going to be destroyed and the land given to foreign interests. For those who are still unclear of the scale of this destruction, 50000 ha is the equivalent of 500 square kilometres. The surface the government of Gabon is willing to give to Olam in the area of Minvoul would be the equivalent of 5 times the entire surface of the city of Paris; Paris is 100 ha. It is a forest 5 times the size of Paris that will be destroyed by Olam. Do you really think that such destruction is reasonable, knowing everything that is known about the environment and the needs of our populations?

2. Raymond Ndong-Sima analogy of Olam’s project with Hevegab is erroneous

In an attempt to show that he knew the topic of rubber cultivation, Raymond Ndong-Sima reminded the populations of Minvoul that he had been director of Hevegab, the Gabonese company that planted Rubber in Mitzic and Bitam, two other localities of Woleu-Ntem province. But what Raymond Ndong-Sima, neglected to say was that the project Hevegab in Mitzic is only of 2000 ha in Mitzic or 25 times smaller than what Olam is projected to do in Minvoul; and that of Bitam is of only about 5000 ha or 10 times smaller than what Olam is planning for Minvoul. Yet, the environmental effects of these Hevegab plantations are already visible both in Bitam and Mitzic. Therefore, has Raymond Ndong-Sima’s government clearly evaluated the consequences of a 50000 ha plantation on the ecosystems of Minvoul? Has Raymond Ndong-Sima evaluated the effect on the water quality of the streams in Minvoul? Has Raymond Ndong-Sima evaluated the tragedy of having to transfer so much of the people’s assets into the hand of foreigners? So Raymond Ndong-Sima’s experience at Hevegab is not really applicable to Olam because the scale of Olam’s plantation is so huge and its effect on the local population so unprecedented, that serious reconsideration of this project must be taken immediately.

3. Raymond Ndong-Sima said that during his time at Hevegab, he commissioned a study that proved that when rubber was planted alongside cassava, it was rubber trees that suffered

Maybe Raymond Ndong-Sima forgot to read his own study before talking to the populations of Woleu-Ntem, last week. In fact, this blog has obtained the study cited by Raymond Ndong-Sima and we will publish our analysis of that study in our next post. The study of T. Michels, conducted in Mitzic was examining the infection of rubber tree roots by a fungus called Armillaria. The study found that the soil-borne fungus infection spreads to rubber trees from rhizomorphs in the soil. Cassava roots were very susceptible to this infection and when cassava was planted near rubber trees, these trees were likely to be infected. This, dear reader was the extent of the study. At no point did the study say that cassava benefitted from the proximity of rubber trees or that cassava production was enhanced by rubber trees. As a matter of fact, a researcher by the name of Meas Meanith published a study entitled: “Effect of management system on soil fertility in rubber tree plantation”; in which he wrote the following: “The planting of cassava is not generally recommended in rubber plantations as it is believed that it will compete for nutrients and the rubber tree will suffer poorer development.” What this means is that rubber trees are so voracious that nothing should be planted near them because then competition occurs and the rubber trees can no longer get all the resources of the soil and end up being deficient. This does not mean that cassava is benefiting because in fact, the nutrient left for cassava are also insufficient.

Dear readers, this idea of planting rubber on 50000 ha is a suicide for Gabonese soil, for Gabonese environment and for Gabonese people.




Version française

Le projet de conversion par Olam de 50000 ha de forêt primaire en une massive plantation d’hévéa, dans le nord du Gabon, est chaque jour de plus en plus impopulaire. Réalisant qu’ils perdaient cette bataille, les deux partenaires, Olam et le gouvernement gabonais, ont désormais décidé d’envoyer des gens qu'ils pensent être des membres influents du gouvernement et issus de la province du Woleu-Ntem; dans la région pour tenter de convaincre les populations de soutenir ce projet insensé.

Après Emmanuel Ondo-Methogo, conseiller d'Ali Bongo, qui a tenté de persuader les populations à accepter le projet Olam ; la semaine dernière c’était au tour du Premier ministre Raymond Ndong-Sima de rencontrer certaines populations de Minvoul, la zone où Olam voudrait établir une plantation massive d’hévéa. La rencontre a eu lieu à Oyem, la capitale provinciale de Woleu-Ntem. A partir des informations que ce blog a reçu des gens présents lors de la réunion, Raymond Ndong-Sima n’a pas réussi à convaincre grand monde, que ce projet était une bonne chose. Nous ne sommes pas très surpris, car il est difficile de voir comment ce projet, à la fin, pourrait être bénéfique pour les populations. Voici quelques raisons pour lesquelles la visite de Raymond Ndong-Sima n'a pas eu beaucoup d'impact:

1. La destruction de 50000 ha de forêt primaire est une tragédie

Chers lecteurs, soyons très clair; 50000 ha de forêt, c’est énorme. Juste pour vous donner un ordre d’idée, la surface d'un stade de football aux dimensions internationales est de 0,82 ha. Par conséquent, 50000 ha sont l'équivalent en termes de superficie, de 61000 stades de football. Imaginez que l'équivalent de 61000 stades de football va être détruit et la terre donnée à des intérêts étrangers. Pour ceux qui ont encore du mal à visualiser l'ampleur de cette destruction, 50000 ha sont l'équivalent de 500 kilomètres carrés. La surface que le gouvernement gabonais est prêt à donner à Olam dans la région de Minvoul serait l'équivalent de 5 fois la surface entière de la ville de Paris ; Paris a une surface de 100 km2. C'est une forêt de 5 fois la taille de Paris qui sera détruite par Olam. Pensez-vous vraiment que cette destruction est raisonnable, sachant tout ce qui est connu sur l'environnement et les besoins de nos populations?

2. L’analogie de Raymond Ndong-Sima entre le projet Olam et celui d’Hévégab est erronée

Dans une tentative de montrer qu'il en savait sur le thème de la culture de l'hévéa, Raymond Ndong-Sima a rappelé aux populations de Minvoul qu'il avait été directeur d’Hévégab, la société gabonaise qui a planté l’hévéa à Mitzic et Bitam, deux autres localités de la province du Woleu-Ntem. Mais ce que Raymond Ndong-Sima a négligé de dire, est que le projet Hévégab de Mitzic concernait seulement 2000 ha ; ce qui est 25 fois plus petit que ce qu’Olam prévoit de faire à Minvoul, et celui de Bitam concernait seulement environ 5000 ha ou 10 fois moins que ce qu’Olam planifie à Minvoul. Pourtant, les effets environnementaux de ces plantations d’Hévégab sont déjà visibles à Bitam et Mitzic. Par conséquent, le gouvernement Raymond Ndong-Sima a-t-il évalué de manière claire les conséquences d'une plantation de 50000 ha sur les écosystèmes de Minvoul? Est-ce que Raymond Ndong-Sima a évalué l'effet sur la qualité de l'eau des ruisseaux et rivières de Minvoul? Est-ce que Raymond Ndong-Sima a évalué la tragédie d'avoir à transférer une grande partie de l'actif des populations, qu’est la terre, dans des mains étrangères? Donc, l'expérience de Raymond Ndong-Sima à Hévégab n'est pas vraiment applicable à Olam parce que l'échelle de plantation d’Olam est tellement énorme et ses effets sur la population locale seront sans précédents. Un sérieux réexamen de ce projet doit être effectué immédiatement.

4. Raymond Ndong-Sima a dit que durant son temps à Hévégab, il a commandé une étude qui a prouvé que lorsque l’hévéa était planté à côté du manioc, c’était au bénéfice du manioc

Peut-être que Raymond Ndong-Sima a oublié de relire sa propre étude avant de parler aux populations du Woleu-Ntem, la semaine dernière. En fait, ce blog a obtenu l'étude citée par Raymond Ndong-Sima et nous allons publier notre analyse de cette étude dans notre prochain billet. L’étude de T. Michels, réalisée à Mitzic consistait à l'examen de l'infection des racines des hévéas par un champignon appelé Armillaria. L'étude a révélé que l’infection du champignon était transmise aux hévéas à partir de rhizomorphes présent dans le sol. Les racines de manioc sont très sensibles à cette infection et quand le manioc était planté près des hévéas, ces arbres étaient susceptibles d'être infectés. Ce, cher lecteur était l'étendue de l'étude. À aucun moment, l'étude n’a dit que le manioc a bénéficié de la proximité des hévéas ou que la production de manioc a été renforcée par la présence des hévéas. En fait, un chercheur du nom de Meas Meanith a publié une étude intitulée: "Effect of management system on soil fertility in rubber tree plantation", dans laquelle il écrit ce qui suit: «La plantation de manioc n'est généralement pas recommandée dans les plantations d’hévéas car il y aura concurrence pour les nutriments et les hévéas vont moins se développer." Cela signifie que les hévéas sont si voraces que rien ne doit être planté près d'eux, car alors il y a concurrence et les hévéas ne pourront plus obtenir toutes les ressources du sol et finiront par être déficients. Cela ne signifie pas que le manioc en bénéficie, parce qu'en fait, les éléments nutritifs laissés pour le manioc sont également insuffisants.

Chers lecteurs, cette idée de planter l’hévéa sur 50000 ha est un suicide pour le sol gabonais, pour l'environnement gabonais et pour le peuple gabonais.

Sunday, July 29, 2012

SINCE THERE IS NO CRISIS IN GABON, WHY IS THE PDG BOUNCING AROUND? PUISQU’IL N’Y A PAS DE CRISE AU GABON, POURQUOI LE PDG S’AGITE-IL?






English version

In his last weekly briefing, Alain Claude Bilié Bi Nze the spokesperson of the Gabonese presidency declared that “there was no crisis in Gabon”. He should make sure to tell the same thing to his friends from the PDG, because it seems that for a political party in power for 45 years, they certainly are showing signs that they are afraid of something. But since there is no crisis in Gabon, the PDG should not be afraid of anything; they should be very confident that everything is under control, that everything is going well in the country.

1. Raymond Ndong-Sima thinks that there are crises in the country, but Bilié Bi Nze says there are no crises

On 10 July 2012, the Prime Minister Raymond Ndong-Sima called for a national consultation. At the time, he said the reasons for such a call were: "a) to diagnose the political, economic, social and democratic governance of our country; b) to ensure the adaptation of the state to the economic and social context in light of the growing demands of our citizens for good governance; c) to ensure the simplification of procedures, the transparency of management and the accessibility to services."

Dear readers, these are the words of Ali Bongo’s Prime Minister. He was justifying his call for a national consultation, because he wanted to “DIAGNOSE” the governance of Gabon. All good dictionaries tell us that the definition of “to diagnose” is to “identify a disease”. In other words, Raymond Ndong-Sima wanted to identify the disease that is afflicting Gabon. The dictionary also tells us that a disease is a health crisis that must be cured for the patient to be fully functional. By calling for a diagnosis, the Gabonese Prime Minister was admitting that the country was sick, therefore that the country was in crisis. How can Bilié Bi Nze say that there is no crisis in Gabon, when the Prime Minister of the government he serves says that the country is sick and in need of a diagnosis? Maybe members of the PDG can clarify for us these contradictory positions between the Prime Minister and the Spokesperson of the presidency.

2. Boukoubi tells the Minister of the Economy that goods have become too expensive for Gabonese family, but Bilié Bi Nze says there are no crises

The Gabonese public television, in its newscast this Saturday, ostensibly showed a 5 minutes segment of Faustin Boukoubi, the Secretary General of the Gabonese Democratic Party (PDG), visiting the office of Luc Oyoubi, Gabon’s Minister of Economy, Employment, and Sustainable Development. This visit, we were told, was for the members of the PDG to plea with the Minister about the plight of the Gabonese consumer who is no longer able to buy goods because they are now so expensive that they are above his reach. The Secretary General of the PDG also is purported to have mentioned the problem of unemployment among the youths, which has now attained alarming proportions. So dear readers, are these crises? If the average Gabonese family no longer is able to afford 3 meals a day, wouldn’t you call that a crisis? If Faustin Boukoubi and Luc Oyoubi, even hypocritically, agree that the average Gabonese family is no longer able to properly feed itself, wouldn’t they call that a crisis? So why is Bilié Bi Nze telling us that everything is rosy in Gabon and that there are no major problems?

Dear readers, a dictatorship can be defined as a system of government ruled by a relatively small number of self-appointed people who hold absolute power over any institutions or system of laws in a country. They pretend to care for the masses, but dictatorships always put their own interests first. Logic does not matter to a dictator and we are seeing the evidence of that in Gabon where the same people are telling us that there are crises, while at the same time telling us that there are no crises. These people are all from the Bongo regime and engage in their own Olympic sports: “self-preservation”.

So goes Gabon



Version française

Au cours de son dernier briefing hebdomadaire, Alain Claude Bilié Bi Nze le Porte-Parole de la Présidence gabonaise, a déclaré «qu’il n'y avait pas de crise au Gabon». Il devrait s'assurer de faire comprendre la même chose à ses amis du PDG, car il semble que pour des membres d’un parti politique au pouvoir depuis 45 ans, ils montrent certainement des signes de peur de quelque chose. Mais puisqu'il n'y a pas de crise au Gabon, le PDG ne devrait pas avoir peur de rien, ses membres devraient être très confiants que tout est sous leur contrôle, que tout aille bien dans le pays.

1. Raymond Ndong-Sima pense que il y a des crises dans le pays, mais Bilié Bi Nze dit qu'il n'y a pas de crises

Le 10 Juillet 2012, le Premier ministre Raymond Ndong-Sima a appelé à une consultation nationale. À cette occasion, il avait déclaré que les raisons d'un tel appel étaient les suivantes: «a) à poser un diagnostic de la gouvernance politique, économique, sociale et démocratique de notre pays ; b) à assurer l’adaptation de l’État au contexte économique et social au regard de la demande croissante de nos concitoyens en faveur d’une gouvernance de qualité ; c) à assurer la simplification de ses procédures, la transparence de sa gestion et l’accessibilité à ses services.»

Chers lecteurs, ce sont là les mots du Premier ministre d’Ali Bongo. Il justifiait son appel en faveur d'une consultation nationale, par le fait qu'il voulait «diagnostiquer» ce qui mine la gouvernance du Gabon. Tous les bons dictionnaires nous disent que la définition de «diagnostiquer» est «identifier une maladie". En d'autres termes, Raymond Ndong-Sima voulait identifier les maladies qui sévissent au Gabon. Le dictionnaire nous dit aussi que la maladie est une crise de santé qui doit être guérie pour que le patient puisse être pleinement fonctionnel. En appelant à un diagnostic, le Premier Ministre gabonais admettait donc que le pays était malade, que le pays était en crise. Comment Bilié Bi Nze peut-il affirmer qu'il n'y a pas de crise au Gabon, lorsque le Premier Ministre du gouvernement qu'il sert, dit implicitement que le pays est malade et a besoin d'un diagnostic? Peut-être que les membres du PDG peuvent nous éclairer sur ces positions contradictoires entre le Premier Ministre et le Porte-Parole de la Présidence.

2. Boukoubi dit au Ministre de l'Economie que les produits sont devenus trop chers pour les familles gabonaises, mais Bilié Bi Nze affirme qu'il n'y a pas crises

La télévision publique gabonaise, dans son journal télévisé de ce samedi, a ostensiblement montré un segment de 5 minutes dans lequel Faustin Boukoubi, le Secrétaire Général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), rendait visite à Luc Oyoubi, le Ministre gabonais de l'Economie, de l'Emploi, et du Développement Durable. Cette visite, nous a-t-on-dit, avait pour objet un plaidoyer des membres du PDG auprès du Ministre, sur le sort du consommateur gabonais qui n'est plus en mesure d'acheter des biens de première nécessité, car ils sont maintenant tellement chers qu'ils sont au-delà de sa portée. Le Secrétaire Général du PDG est également censé avoir évoqué le problème du chômage parmi les jeunes, qui a maintenant atteint des proportions alarmantes. Donc chers lecteurs, ce ne sont pas des crises ça? Si les familles gabonaises moyennes ne sont plus en mesure de se nourrir de 3 repas par jour, n'est-ce pas une crise? Si Faustin Boukoubi et Luc Oyoubi, même hypocritement, conviennent que les familles moyennes gabonaises ne sont plus en mesure de bien se nourrir, ne peut-ont pas appeler cela une crise? Alors, pourquoi est-ce que Bilié Bi Nze nous raconte que tout est rose au Gabon et qu'il n'y a pas de problèmes majeurs?

Chers lecteurs, une dictature peut être définie comme un système de gouvernement dirigé par un nombre restreint et auto-désigné de personnes détenant un pouvoir absolu sur toutes les institutions et système judiciaire dans un pays. Ils font semblant de s'occuper des masses, mais les dictatures mettent toujours leurs propres intérêts en premier. La logique n'a pas d'importance pour un dictateur, et nous en voyons la preuve au Gabon, où les mêmes personnes qui nous disent qu’il y a des crises, en même temps nous disent qu'il n'y a pas de crises. Ces gens qui sont tous issus du régime Bongo sont engagés dans leur propre sport olympique: « l'auto-préservation ».

Ainsi va le Gabon

Saturday, July 28, 2012

THE REGIME FEARS A SOVEREIGN NATIONAL CONFERENCE, REVEALING ITS FRAGILITY AND NERVOUSNESS. LE RÉGIME CRAINT UNE CONFÉRENCE NATIONALE SOUVERAINE, DÉVOILANT AINSI SA FRAGILITÉ ET FRILOSITÉ





English version


The spokesperson of the Gabonese presidency, the man we like to call the little catechist of "emergence", Alain-Claude Bilié-Bi-Nze, during his weekly press briefing, declared the following:

"Gabon is a not a country in crisis, Gabon knows no social crisis, no political crisis, no institutional crisis. A national conference is not justified"

This statement was in response to document from the Gabonese opposition, asking for a sovereign national conference that would reexamine the power structure in the country, its institutions and also prepare the new presidential election. However, this response by Bilié-Bi-Nze shows that while the regime is belatedly trying to deliver a message of stability and confidence, it can no longer, without choosing to appear ridiculous, deny the chronic absence of freedom and independent institutions in Gabon. Bilié-Bi-Nze and his bosses have clearly failed and will continue to fail, to convince the average Gabonese person and even the casual observer, that all is well in Gabon. On the contrary, in the eyes of most Gabonese citizen, Ali Bongo may be the president, but he is certainly not welcome as the "our President of the Republic." What is already clear, but that the regime still chooses to ignore, is that through this sovereign national conference, the Gabonese people are not calling for a change of government only, but wholesale regime change. A change of political system.

In saying no to sovereign national conference, the regime is afraid to have the people finally lift the cover on the Bongo dynasty. The regime would hope that the Gabonese people would still be complacent because they have become accustomed to autocracies, dictatorships and dynasties; but it must realize that among the population, there is increasingly a new sense of openness that in turn is fostering a new wave of critical reflection. The regime is underestimating the thirst of the Gabonese people for modernity. The regime continues to unfortunately think that it could indefinitely continue to chill Gabonese change-makers and delay any response to calls for genuine reforms. The regime perceives that just because it has suffocated the Gabonese people for 45 years, it has made it possible for their aspirations for democracy to be jaded, deferred and diminished. The regime thinks that it could maintain this equilibrium, this status quo.

But the regime is deeply fragilized by the fact that in Gabon, 70% of the people are under the age of 40; that means that the majority of the population had only known one regime and all the corruption, antipathy, and suffocation that could be associated with that. With unemployment hovering officially around 25%, but likely to be higher and even reported to be near 60% for young people, this is a fire ready to burn. All that is needed is a match. This is why the regime is afraid that organizing a sovereign national conference might become a match that could light the fire. It must therefore pretend that all is well in Gabon. By acting in an obtuse manner, the regime continues to weaken itself. For example, the parliamentary elections in 2011 where the ruling PDG received 95% of the total seats, was boycotted by 90% of the population and was therefore a joke. How can a regime say that all is well in the country when 90% of the population refuses to vote?

The international landscape is also changing. Even in Africa, more and more, there are demonstrations that moderate democratic forces practicing good governance and free and fair electoral processes can take root and be successful. The media landscape is also changing demonstrated by the popularity and real power of new tools such as social networking that are helping to mobilize crowds and spread messages throughout the Gabonese diaspora and the broader world, about Gabon. The official version of events is no longer the only voice. The people's voice is being heard. The model of a dictator ruling with an iron fist, which has been the Bongo's way, is against the current flow of events. It is no longer enough for the regime to appear to be conciliatory and tell the Gabonese people that he understands them and would respond to their concerns. It is time for the regime to do what the people say; and if the people are saying Ali Bongo must go, it is only a matter of time before this wish becomes a reality.

Even if the regime does not which to admit it, everybody knows that something has already changed in Gabon. It is just a matter of time before what is a change in attitude and in people heads, becomes a change on the street. At the moment, the regime is thinking that the grumblings of the opposition and the free civil society, would not amount to much. They think that they do not have to concede anything as long as they have the security forces with them. Yes, we know, the regime is thinking that what happened in Tunisia and Egypt could not happened in Gabon. It thinks that it is not a key interest of France to have regime change in Gabon. It thinks that the Gabonese population is relatively apathetic. But the regime also know that the Gabonese people have tangible examples proving that in Africa, it is now possible to change a country, to protest the ruler, to force a regime change from the street. This was done recently in Senegal.

The regime is badly mistaken if it ignores the fact that the Gabonese people have woken up; if it believes that they will be lulled back to sleep. It does not mean that the regime will be toppled tomorrow. It does mean, however, that the old social contract between dictatorial rulers and their captive population is being torn to shreds. Economically, socially, and politically, the people of Gabon want leaders who can provide a new direction. More of the same with the current regime will not placate this new desire for effective and open governance. Ali Bongo is now seen as a lynch-pin for stagnation in Gabon; therefore, if the country must make process, he should be removed!




Version française


Le porte-parole de la présidence gabonaise, l'homme que nous aimons appeler le petit catéchiste de "l'émergence", Alain-Claude Bilié-Bi-Nze, lors de son point de presse hebdomadaire, a déclaré ce qui suit:

"Le Gabon n'est pas un pays en crise, le Gabon ne connaît aucune crise sociale, aucune crise politique, aucune crise institutionnelle. Une conférence nationale ne se justifie pas."

Cette déclaration a été prononcée en réponse au document de l'opposition gabonaise, demandant une conférence nationale souveraine qui remettrait de l'ordre dans les structures de pouvoir du pays et préparerait aussi une nouvelle élection présidentielle. Cependant, cette réponse par Bilié-Bi-Nze montre que, si le régime essai laborieusement de livrer un message de stabilité et de confiance; il ne peut plus, sans vouloir paraître ridicule, nier l'absence chronique de liberté et d'institutions indépendantes au Gabon. Bilié-Bi-Nze et ses patrons ont clairement échoué et continueront d'échouer, de convaincre le gabonais moyen et même l'observateur occasionnel, que le pays se porte bien. Au contraire, aux yeux de la plupart des citoyens, Ali Bongo est peut-être président, mais il n'est certainement pas considéré comme «notre Président de la République." Ce qui est déjà clair, mais que le régime choisit encore d'ignorer, est que via cette conférence nationale souveraine, les gabonais ne demandent pas seulement un changement de gouvernement, mais un changement total de régime. Un changement de système politique.

En disant non à la conférence nationale souveraine, le régime a peur de voir le peuple enfin lever le couvercle sur la dynastie Bongo. Le régime espère que le peuple gabonais continuerait encore à faire preuve de complaisance, car il est habitué à l'autocratie, à la dictature et maintenant à la dynastie; mais il doit se rendre compte que parmi la population, il y a de plus en plus un nouveau sens d'ouverture qui à son tour favorise une nouvelle attitude de réflexion critique. Le régime sous-estime la soif du peuple gabonais pour la modernité. Le régime continue de penser malheureusement qu'il pourrait continuer indéfiniment à empêcher les gabonais de changer leurs décideurs et à retarder toute réponse aux appels de véritables réformes. La perception du régime est que juste parce qu'il a étouffé le peuple gabonais depuis 45 ans, il a significativement réduit ses aspirations à la démocratie et en a fait un peuple blasé, qui ne pourrait pas menacer le statu quo.

Mais le régime est profondément fragilisé par le fait qu'au Gabon, 70% de la population est âgée de moins de 40 ans; ce qui signifie que la majorité de la population n'a connu qu'un seul régime et toute la corruption, l'antipathie, et la suffocation qui lui sont associées. Avec un chômage planant officiellement autour de 30%, mais susceptible d'être plus élevé et qui a même été rapporté être de près de 60% pour les jeunes, le pays est une poudrière prête à exploser. Tout ce qui manque, c'est juste des allumettes. C'est pourquoi le régime a peur que l'organisation d'une conférence nationale souveraine soit cet agent qui pourrait allumer le feu. Il doit donc prétendre contre toutes évidences, que tout va bien au Gabon. En agissant de cette manière obtuse, le régime continue à s'affaiblir. Par exemple, les élections législatives de 2011 ont vu le PDG au pouvoir recevoir 95% du total des sièges, mais ont été boycottés par 90% de la population et furent donc une farce. Comment un régime peut-il dire que tout va bien dans un pays où 90% de la population refuse de voter?

Le panorama international est aussi en train de changer. Même en Afrique, il y a de plus en plus la démonstration que les forces modérées démocratiques qui pratiquent la bonne gouvernance et les processus électoraux libres et équitables, peuvent prendre racine et réussir à s'implanter. Le paysage médiatique est en train de changer aussi, comme le démontre la popularité et le pouvoir réel de nouveaux outils tels que les réseaux sociaux qui aident à mobiliser les foules et à la propagation de messages dans toute la diaspora gabonaise et le reste du monde. La version officielle des événements n'est plus la seule voix. La voix du peuple se fait désormais entendre. Le modèle du dictateur dirigeant avec une poigne de fer, qui a été la méthode Bongo, est à contre le courant des événements. Il ne suffit plus pour le régime de paraître conciliant et de dire au peuple gabonais qu'il les comprenne et qu'il répondrait à leurs préoccupations. Il est temps pour le régime de faire ce que les gens veulent, et si les gens disent qu'Ali Bongo doit partir, ce n'est qu'une question de temps avant ce souhait devienne réalité.

Même si le régime ne veut toujours pas l'admettre, tout le monde sait que quelque chose a déjà changé au Gabon. C'est juste une question de temps avant ce qui n'est encore qu'un changement d'attitude et dans les têtes des gens, ne devienne le changement dans la rue. À l'heure actuelle, le régime pense encore que les récriminations de l'opposition et de la société civile libre, n'aboutiront pas à grand-chose. Ils pensent qu'ils n'ont pas à concéder quoi que ce soit tant qu'ils ont les forces de sécurité avec eux. Oui, nous savons que le régime pense que ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte ne peut se produire au Gabon. Il pense qu'il n'est pas dans l'intérêt de la France d'avoir un changement de régime au Gabon. Il pense que la population gabonaise est relativement apathique. Mais le régime sait aussi que le peuple gabonais a des exemples concrets prouvant qu'en Afrique, il est maintenant possible de changer un pays, de contester des dirigeants, de forcer un changement de régime, par la rue. Cela s'est produit récemment au Sénégal.

Le régime se trompe s'il ignore le fait que le peuple gabonais se réveille, s'il estime qu'il peut les rendormir. Cela ne signifie pas que le régime sera renversé demain. Mais ce qui est sûr, cependant, est que le vieux contrat social entre les dirigeants dictatoriaux et leurs populations captives n'a plus effet. Économiquement, socialement, et politiquement, les gabonais veulent des dirigeants qui peuvent les mener vers une nouvelle direction. Les méthodes du régime actuel n'atténueront pas ce nouveau désir pour une gouvernance efficace et ouverte. Ali Bongo est aujourd'hui considéré comme la cheville ouvrière de la stagnation du Gabon; par conséquent, si le pays doit changer, il doit être déposé!

Friday, July 27, 2012

FOR THOSE WHO STILL HAVE DOUBTS ABOUT THE DEVASTATION OF RUBBER PLANTATIONS, HERE IS A STUDY FROM THE IVORY COAST. POUR CEUX QUI ONT ENCORE DES DOUTES SUR LES EFFETS DÉVASTATEURS DE L'HÉVEA, VOICI UNE ÉTUDE DE CÔTE D'IVOIRE





English version


In Gabon, the Singaporean agribusiness company, Olam, has a joint venture with the Gabonese government to convert more that 50000 ha of primary forest into rubber plantations. Several Gabonese citizens of good will and ecologists are raising question about the wisdom of such a project, considering everything that is already known about the negative impact rubber plantations have on the land and the environment in general. However, Olam and the Gabonese government have commissioned a study that has concluded that their project would only be beneficial to the population, both economically and environmentally. This blog has previously expressed its skepticism toward the Olam's study and we have relied on published scientific studies that demonstrate that rubber plantations are indeed detrimental to the environment. As you can see below, we are presenting a study done in the Ivory Coast, and published in Acta Zoologica in 1995. This is a longitudinal study of the richness of the soil spanning 30 years from before to after rubber plantation in the Ivory Coast. The study measures the presence of micro and macro flora and fauna in the soil.

The soil is a natural body and agricultural production needs the soil to have the right attributes and property of fertility. A soil and its fertility are inseparable because fertility an essential property of a healthy soil. The micro and macro flora as well as fauna are what makes the soil rich and allows it to be fertile and suitable for agriculture. These flora and flora constitute most of the biomass of the soil, which is the total mass of a living matter within the soil. This study measured the presence of the following organisms in the soils of the primary forest and 5, 10, 20 and 30 years after that primary forest had been converted in rubber plantations: earthworms; termites; ants; coleoptera; dermaptera; arachnida; chilopoda; diplopoda; isopoda; mollusqua. The study also measured the soil composition in carbon and nitrogen, two essential compounds for the good health of a soil.

This study shows that:

1. After 30 years, the soil on which rubber had been planted presented a significant decline in the amount of carbon and nitrogen. This decline was of 80% of the amount that existed before the plantation.

2. The soil fauna and flora also were significantly reduced after 30 years of exploitation. The biomass of earthworms was reduced by 80%, from 52.3 g/m2 before to plantation, to 9.2 after 30 years of exploitation. The termites were reduced 80%; ants by 80% etc. Dear readers, this study clearly shows that after 30 years of exploitation the soil loses almost its total biomass. It goes from a total biomass of more than 70g/m2 to about 17g/m2.

Dear readers, those who are pushing for Olam project are going to kill 50000 ha of primary forest in Gabon. Why are they willing to commit such an act? They must explain their motives because this study is irrefutable about the fact that rubber plantations ruin the soil. This study also helps us understand why the economic life span of rubber plantations is around 30 years, up to 7 years of growth phase and about 25 years of productive phase. After that time, the soil has been depleted and is completely dead and nothing can grow on it. This is what will happen in Gabon. Why do they want to ruin Gabonese soil?



Version française


Au Gabon, la compagnie Singapourienne d'agrobusiness, Olam, a formé une joint venture avec le gouvernement gabonais pour convertir plus de 50000 ha de forêt primaire en plantations d'hévéa. Plusieurs citoyens gabonais de bonne volonté et des écologistes se sont interrogés quant à la sagesse d'un tel projet, compte tenu de tout ce qui est déjà connu comme impacts négatifs qu'ont les plantations d'hévéa sur les sols et l'environnement en général. Toutefois, Olam et le gouvernement gabonais ont commis une étude qui a conclu que leur projet ne serait que bénéfique à la population, à la fois économiquement et écologiquement. Ce blog a déjà exprimé son scepticisme à l'égard de l'étude d'Olam et nous nous sommes appuyés sur des études scientifiques publiées, qui démontrent que les plantations d'hévéa sont en effet préjudiciables à l'environnement. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, nous présentons une étude réalisée en Côte d'Ivoire, et publiée dans Acta Zoologica en 1995. Il s'agit d'une étude longitudinale de la richesse du sol s'étalant sur 30 ans, depuis la période précédant ces plantations d'hévéa en Côte d'Ivoire, jusqu'à trois décennies plus tard. L'étude mesure la présence de la micro et macro flore et faune dans le sol.

Le sol est un corps naturel et la production agricole a besoin que le sol ait de bons attributs et propriétés de fertilité. Un sol et sa fertilité sont inséparables parce que la fertilité est une propriété essentielle d'un sol sain. La micro et macro flore, ainsi que la faune sont ce qui fait la richesse du sol et lui permettent d'être fertile et propice à l'agriculture. Cette flore et faune constituent l'essentiel de la biomasse du sol, qui est la masse totale de matière vivante dans le sol. Cette étude a mesuré la présence des organismes suivants dans les sols de la forêt primaire, puis 5, 10, 20 et 30 ans après que cette forêt ait été convertie en plantations d'hévéa: vers de terre; termites; fourmis; coléoptères; dermoptères; arachnides; chilopodes; diplopodes; isopodes; mollusques. L'étude a également mesuré la composition du sol en carbone et en azote, deux éléments essentiels pour la bonne santé d'un sol.

Cette étude montre que:

1. Après 30 ans d'exploitation, le sol sur lequel l'hévéa avait été planté, présente une baisse significative de la quantité de carbone et d'azote. Cette baisse est de 80% comparée aux taux existant avant la plantation.

2. La faune et la flore du sol ont également été significativement réduites après 30 ans d'exploitation. La biomasse des vers de terre a été réduite de 80%, de 52,3 g/m2 avant la plantation, à 9,2g/m2 après 30 ans d'exploitation. Les termites ont été réduits de 80%; les fourmis par 80% aussi, etc. Chers lecteurs, cette étude montre clairement qu'après 30 années d'exploitation, le sol a perdu presque la totalité de sa biomasse. Il est parti d'une biomasse totale de plus de 70g/m2 à environ 17g/m2.

Chers lecteurs, ceux qui poussent le projet d'Olam vont tuer 50000 ha de forêt primaire au Gabon. Pourquoi sont-ils prêts à commettre un tel acte? Ils doivent expliquer leurs motivations, car l'étude présentée ici est irréfutable sur le fait que les plantations d'hévéa ruinent les sols. Cette étude nous aide également à comprendre pourquoi la durée de vie économique des plantations d'hévéa est d'environ 30 ans; il y a 7 années de phase de croissance et environ 25 ans de phase productive. Après ce lapse de temps, le sol est appauvri et meurt; rien ne peut plus pousser dessus. C'est ce qui va arriver au Gabon. Pourquoi veulent-ils la ruine des sols gabonais?