L’ÉCONOMIE « VODOU » DE MABALA ET SES AMIS BONGOÏSTES




Les économistes Anglo-Saxon disent « économie vodou » (vodou economics), leurs compères français disent « économie du veau d’or », quand des théories abracadabrantes, ne reposant sur rien de concret, et condamnées à l’échec, sont proposées à des populations par les gouvernants. Ces théories, une fois appliquées, mènent irrémédiablement à des catastrophes financières à répétition qui souvent précipitent des pays ou des secteurs, vers l’apocalypse économique. Au Gabon, Martin Mabala, qui passait hier Dimanche à l’émission « La Grande Interview » sur la RTG1, pour parler de la décision de ne plus exporter les grumes, s’est livré à un classique exercice de « vodou économique ».

1. L’art de parler pour ne rien dire, Mabala répondait : « émergence » et « nous allons réfléchir », à chaque question.
Quand on a prit une décision qui va mettre au chômage des milliers de gabonais, il faut quand même être très gonflé pour venir dire à la télévision qu’ « on va cogiter » quand on vous demande comment vous allez aider les gabonais qui perdront leurs emplois. Le moment de « cogiter » c’était avant de prendre la mesure et non après. Mabala n’a donné aucune réponse, pas une maigre réplique, qui offrait aux téléspectateurs une idée concrète des dispositions prises par les autorités pour pallier à la ruine économique des compatriotes. Mabala et ses amis bongoïstes défendent cette idée stupide selon laquelle on peut détruire tout un secteur important de l’économie, réduire par la même occasion considérablement les revenus de l’état, supprimer des milliers d’emplois et donc augmenter largement le chômage, n’offrir que de vœux pieux aux gabonais qui auront perdu leur gagne pain ; Pour avoir au bout du compte, comme par magie, des industries du bois. Mais ils fument tous le tabac Congo ces gens ! Ce que cette politique forestière va produire, ne sera que désolation et misère des gabonais, car c’est tout de suite que les forestiers gabonais vont ressentir l’impact de cette mesure et non dans 5 ou 10 ans quand Mabala pense que les usines auront été construites. Mais Monsieur Mabala, quand vous répondez à un journaliste qui vous demande « comment allez vous aider les licenciés du bois » en disant : « on va cogiter !», c’est que vous vous moquez des gens. Vous allez cogiter à quoi ? Vous attendiez quoi ? C’est maintenant que les gens vont être mis à la rue. Pendant que vous cogitez, eux ils font comment ? Il est clair que le Gabon est dirigé par des gens n’ayant aucune stratégie économique qui tienne debout. Nous sommes dirigés par des ignorants qui sont bien trop arrogants pour admettre leur ignorance. Mabala n’a franchement aucune excuse pour être allé à une émission de télévision totalement dépourvu d’éléments concrets d’éclaircissement du peuple, sur une question aussi cruciale que le devenir de milliers de salariés du secteur bois. Pour preuve, à une question précise d’un journaliste lui demandant quelles étaient les mesures d’accompagnement prévues à cet effet, Mabala a simplement répondu : « je ne peux pas tout vous dire ! ». Aux autres questions, il se contentait de répondre : « ce qui est important pour nous, c’est de regarder l’avenir en confiance avec Ali Bongo » ; ou encore : « mais nous discutons avec tout le monde, nous avons l’assistance technique de la France ». Vraiment lamentable. Et c’est ce ramassis qui vous promet l’émergence !

2. Quand on gouverne un pays, on ne doit pas s’amuser avec la survie économique des citoyens
Les gabonais viennent une fois de plus d’avoir la preuve de l’incurie de certains de leurs dirigeants. La qualité du débat de Mabala sur sa politique économique fut épouvantable. Côté PDGiste, évidemment que les plumitifs ainsi que les partisans seront satisfaits de sa prestation. Mais le véritable indicateur de performance doit être le fait que Mabala, en tant que ministre de tutelle, ait été incapable de dire aux gabonais comment son département ministériel et le gouvernement auquel il appartient, comptaient procéder pour parer à l’inévitable fluctuation du marché du travail dans le secteur bois que va occasionner leur mesure. Le silence déplorable de Mabala en la matière, et les platitudes qu’il a servi aux téléspectateurs en lieu et place de remèdes spécifiques, démontrent du non sérieux de ce gouvernement et de ce pouvoir. Quand on prend une mesure comme celle là, on doit en mesurer les conséquences et se concentrer avec la précision d’un laser sur les effets pervers de cette mesure en matière d’emploi. Aussi, Mabala a vanté avec désinvolture les mérites cette mesure, en trouvant comme justificatif le fait que l’exploitation du bois se faisait depuis des décennies et que les sociétés forestières n’industrialisaient pas. Mais monsieur Mabala, vous pensez que votre mesure va conduire à l’industrialisation du secteur bois au Gabon ? On va voir ! Ce blog prédit un effondrement des emplois dans ce secteur, et aussi que l’impact sur l’industrialisation qu’on nous promet ne sera que très minimal. Si le gouvernement Ali Bongo était sérieux, à ce stade pour palier à toute éventualité, il serait censé sortir un plan de remédiassions très spécifique, comportant un schéma intelligent pour réparer le système qu’il aura détruit et remettre le monde du bois en ordre en désignant comment les différents acteurs seraient traités, recyclés, compensés etc. Jusqu'à présent, ce gouvernement ne soumet rien. On ne voit rien !

Les « émergents » s’illustrent un peu plus chaque jour, de manière exagérée dans un charlatanisme économique très caricatural. Ils tentent désespérément de minimiser les effets dévastateurs de leurs mesures stupides, qui d’après tous les observateurs et les nationaux qui seront les victimes de ces mesures, seront dévastatrices. Avec des gens comme Mabala, nous ne sommes pas près de sortir de l’auberge. Ils nous présentent des manigances économiques qui exagèrent la capacité des industries de transformation du bois au Gabon à créer des emplois qui seront aussi rémunérateurs que ceux perdus. Comme d’habitude, la presse « officielle » du Gabon est très complice. Hormis un petit nombre de bonnes feuilles dans la presse locale (aucun journal officiel), il est difficile d’apprendre quoi que ce soit d’intéressant ou de pertinent sur la question du bois au Gabon. C’est pour ça qu’un bonhomme comme Mabala peut se permettre de répondre : « on a l’avenir en confiance ! » à toutes les questions posées.

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