WHEN PETRODOLLARS RUN OUT. QUAND LES PETRODOLLARS S’ÉPUISENT






English Version

This article has been reproduced from the original published in the American magazine "Foreign Policy" and it is of primary importance for a country like Gabon which is a producer of oil and natural gas.

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Version Française

Cet article est traduit de l’original paru dans le magazine américain « Foreign Policy » et il est d’une importance première pour un pays comme la Gabon qui est producteur de pétrole et de gaz naturel.

Quand les pétrodollars s’épuisent

De Daniel Altman

Les prix de vente du pétrole et du gaz naturelle sont en train de s’écrouler. Et certains pays sont terriblement mal préparés à cette chute.

Il est bon d'être Vladimir Poutine ces derniers temps. Le président russe peut se permettre de ridiculiser la plupart des pays européens sans en craindre les conséquences, vu leur dépendance pour son gaz naturel. Mais en même temps, les clients de Poutine sont probablement en train de rêver du jour où ils pourront lui dire d’aller au diable. Mais quand ils pourront enfin vivre indépendamment de ses ressources, l'influence internationale ne sera pas la seule chose qui s'évanouira pour la Russie et d'autres pétro-Etats.

Je ne parle pas du type d'indépendance énergétique que les États-Unis puissent acquérir grâce à la méthode de fracturation hydraulique, ou que le Brésil obtienne par l'exploitation de ses réserves de pétrole en eau profonde. Je parle de l’époque où le pétrole et le gaz naturel ne seront plus utilisés comme carburant pour les véhicules et ressource pour le chauffage des maisons. Pour les gouvernements qui dépendent des revenus du pétrole, comme la Russie, ce sera le jour du jugement. Les récentes fluctuations de la demande et des prix du pétrole et du gaz ne sont qu'un avant-goût.

Les véhicules et les besoins de chauffage sont sans doute les deux formes d’utilisation du pétrole les plus vulnérables aux changements technologiques dans les années à venir. À l'heure actuelle, les États-Unis utilisent encore environ les deux tiers de leur consommation en pétrole pour l'essence et le chauffage. Le reste sert à produire le kérosène, le propane, les plastiques et d'autres produits qui ne seront pas nécessairement remplacé par les voitures électriques, les panneaux solaires, et l'énergie éolienne. Comme la demande pour l'essence et le gaz de chauffage baisse, les prix du brut et du gaz naturel vont probablement s’écrouler aussi. Mais cependant, les autres produits à base de pétrole deviendront meilleur marché et les gens vont les acheter en plus grande quantité, rajoutant une certaine demande pour le pétrole et le gaz. Et bien sûr, les économies émergentes en croissance rapide aujourd'hui, contribueront à maintenir une certaine demande aussi.

Néanmoins, il est juste de prévoir que les recettes de la vente de pétrole et de gaz naturel vont diminuer d'ici quelques décennies dans les pays qui ont peu de chances de découvrir beaucoup de de nouvelles réserves, comme le Nigeria et l'Arabie Saoudite. Les autres industries liées au pétrole, comme les produits chimiques et de raffinage, pourront aussi être affectés.

Qu'est-ce que ceci signifie pour l'avenir des pétro-Etats? Dans beaucoup d'entre eux, les gouvernements dépendent des recettes provenant du pétrole et du gaz. Il y a deux ans, le Fond Monétaire International (FMI) a publié un document sur la budgétisation à base des industries extractives.

Vingt pays dépendent du pétrole pour au moins la moitié de leurs revenus d’État, et dix autres se situent entre la moitié et le quart, pour cette dépendance en revenus. Ces pays sont clairement vulnérables à de grands changements concernant les prix et quantités de pétrole et de gaz qu'ils peuvent vendre. Mais lesquels d’entre eux auraient le plus de mal à faire face à ces changements?

Un facteur qui va les affecter est la diversification de leurs économies. Dans les pays où le pétrole rapporte beaucoup de revenus, mais sans compter comme majoritaire de la production économique globale, il y a au moins la possibilité d'élargir l'assiette fiscale. Commençant par le Qatar sur le graph (voire le lien de l’article en anglais), tous ces pays dépendant du pétrole pour moins d'un cinquième de leur produit intérieur brut. Mais certains d'entre eux ne collectent pas efficacement les taxes, qui devraient être les revenus sur lesquels ils compteront quand les recettes du pétrole et du gaz diminueront.

Selon les estimations compilées de 2005 à 2007 par Andreas Buehn de l'Utrecht School of Economics et Friedrich Schneider de l'Université Johannes Kepler de Linz, l'économie informelle - ou marché noir - peut constituer plus de la moitié du PIB du Nigeria, et plus de 40 pour cent au Tchad, en Russie, au Myanmar et en Côte-d'Ivoire. (Bien sûr, cela peut expliquer en partie pourquoi les recettes du pétrole comptent pour autant dans les budgets de leurs gouvernements, car la véritable économie qui est l’informelle, n’est pas prise en compte.) Récupérer d'une chute des recettes publiques serait particulièrement difficile pour ces pays.

En outre, beaucoup de pays qui dépendent lourdement du pétrole font un mauvais travail de fourniture des services publics, même avec les énormes revenus qu'il apporte. Parmi les cinq pays ayant les plus étroites recettes fiscales, quatre - le Tchad, la Côte d'Ivoire, le Myanmar et le Nigeria – sont classés dans les 20 pour cent des pays à l'échelle mondiale, étant les plus inefficace en termes d’indicateurs mondiaux de gouvernance, selon de la Banque mondiale.

Si les prix du pétrole et du gaz chutaient fortement, ces pays pourraient bien s'effondrer complètement.

C'est aussi le verdict de l'indice des États Fragiles publié chaque année par Foreign Policy, en particulier pour le Tchad qui se classe sixième au rang des Etats les plus fragiles dans le monde. La Côte-d'Ivoire est quatorzième, le Nigeria est dix septièmement et le Myanmar est vingt quatrième.

Alors, que peuvent faire ces pays en vue de se renforcer pour l'avenir? Premièrement, ils pourraient essayer d'utiliser leurs revenus pétroliers à diversifier leurs économies. Pourtant, il y a peu de précédents indiquant que cela se produise effectivement. Au cours des trois décennies allant de 1983 à 2012, aucun pays qui ait jamais obtenu 20 pour cent de son PIB à partir du pétrole et du gaz - selon les chiffres de la Banque Mondiale, qui diffèrent légèrement de ceux du FMI – n’a sensiblement réduit la part de pétrole et de gaz dans son économie. Ces parts généralement montaient et descendaient en fonction des cours de ces ressources; il n'y avait jamais une réduction à long terme.

Les pays les moins diversifiées en ce moment, avec au moins 40 pour cent de leur PIB provenant du pétrole et du gaz naturel, sont: la République du Congo (Brazaville), le Koweït, la Libye, l'Arabie Saoudite, l'Irak, le Gabon, l'Angola et Oman. (Le Timor oriental pourrait également en faire partie, selon les chiffres du FMI, mais la Banque mondiale n'a pas de données au sujet de ce pays.) Pour la plupart des Etats arabes du Golfe, la situation ne devrait pas être trop inquiétante; leurs fonds souverains sont biens pourvus, ils ont donc une marge de manœuvre si les prix des matières énergétiques chutaient. Mais pour les autres, il y a peu de flexibilité.

Si le Tchad, la Côte-d'Ivoire, le Nigeria et le Myanmar sont vulnérables, à court terme, aux fluctuations des prix des matières premières énergétiques, alors la République du Congo, le Gabon, l'Angola et l'Irak doivent s’attendre à des problèmes potentiels à long terme. Il ne leur sera pas facile de transformer leurs économies pour un monde post-pétrole. Le plus tôt ils peuvent commencer, le mieux sera pour eux.

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