A STRONG TEXT BY LÉOPOLD CODJO RAWAMBIA. UN TEXTE FORT DE LÉOPOLD CODJO RAWAMBIA






Voici un texte qu’on étudiera dans la future école libre du Gabon tout aussi libéré. On le lit et on pleure de ce qu’ils ont fait de nous et de notre pays, tous ces…



Les consciences endormies… par Léopold Codjo Rawambia*

Au Gabon, la chose la mieux partagée chez nos gouvernants est désormais l’absence de conscience morale et éthique.

Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 27 août 2016, j’ai cherché en vain la conscience des hommes et femmes qui comptent dans ce pays…

J’ai cherché en vain la conscience des Ministres, des Députés, des Sénateurs, des Ministres, des membres du PDG émergent et des Conseillers au palais rénovation qui accompagnent le "Prince" qui gouverne ce pays depuis 2009. Face à l'attaque du Quartier Général de Jean Ping (le Président légitime) et aux tirs à balles réelles dans les quartiers de Libreville et de Port-Gentil, planifiées par les escadrons de la mort, qui ont précipité dans l’éternité des dizaines de vies innocentes, j'ai eu la faiblesse de croire que des consciences, des patriotes dans ce camp (car il y en a aussi), allaient se réveiller pour condamner cette boucherie sanglante et meurtrière afin de s’éloigner des promoteurs machiavéliques de cette idée à tout point condamnable… Malheureusement, de toute cette caste de "pouvoiristes" émergents, il n’y a que Séraphin Moudounga, 2ème Vice Premier Ministre, Ministre de la Justice et des Droits Humains, Garde des Sceaux et Dieudonné Tahiro Apérano, Secrétaire Fédéral du PDG émergent en France qui ont honoré leur conscience en refusant de cautionner cette forfaiture sanglante et meurtrière.

J’ai cherché en vain la conscience de ces hommes du PDG émergent, lorsque, devant l’étonnement gêné des invités à la cérémonie d’investiture du Président de la République désigné par la CENAP, le Ministre de l’Intérieur et la Cour constitutionnelle, j’ai vu René Aboghe Ella, le "fier Judas" du Gabon éternel se faire applaudir avec ferveur. Si on cherchait une preuve de la participation décisive de ce "Monsieur" dans le braquage outrancier de cette élection présidentielle par le candidat PDG émergent, on l’avait en grandeur nature dans l’indécent accueil qui lui a été réservé à son entrée dans cette salle d’apparats. Je suis convaincu que de nombreux Gabonais ont vu leurs certitudes sur l’honnêteté être ébranlées par ce comportement pour le moins très discutable des PDGistes émergents. Depuis tout jeune, j’ai appris que seules les personnes s’étant positivement distinguées dans la société pouvaient mériter telle ovation…à moins que, pour ces gens-là, le hold-up d’une l’élection présidentielle soit devenu un très grand mérite ou un exploit digne d’être, désormais, enseigné dans nos écoles primaires. Après que cette indécence à la télévision se soit imposée à ma vue, j’’ai compris que la conscience morale ou éthique de ces hommes et femmes du PDG émergent s’était définitivement endormie devant l’autel de leurs intérêts bassement matériels.

J’ai cherché en vain la conscience des hommes de foi (Catholiques, Protestants, Musulmans et autres) qui ont fait le service minimum lorsque des dizaines de vies ont été précipitées dans l’éternité lors du braquage du résultat de l’élection présidentielle sans qu’ils ne s’autorisent jamais à désigner le vainqueur, les fraudeurs et les assassins par leurs noms. Après s’être élevée contre la proclamation d’un échoué en admis (Cf. Mgr Madega), la vieille église catholique du Gabon, l’âme à la fête, aurait-elle retrouvé sa véritable conscience aux côtés du péché capital : le déni du droit ? En les voyant à la cérémonie de prestation de serment organisée par "belle-maman" Mborantsouo et son institution totalement dévoyées et discréditées pour toujours, en voyant Mgr Basile Mvé apporter, par sa présence, sa caution morale et spirituelle à ces parias de la République, lors de la messe d’action de grâce à la cathédrale Sainte Marie, dans laquelle cette institution maudite venait remercier le Seigneur pour les avoir inspiré à prendre la bonne décision (celle de nommer Ali Bongo comme Président de la république), qui aurait empêché le chaos dans notre pays, j’ai d’abord cru à un farce de mauvais goût avant que la réalité des images ne viennent ensuite confirmer ces propos d'une incroyable indécence. Si ces "parias" voulaient se moquer du Seigneur, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Mais peut-on se moquer (se foutre de la gueule) du Seigneur ainsi ? S’agissant de l’organisation de cette messe par cette institution damnée, j’ai compris que le tourment habitait le très peu de conscience qui leur restait encore. J’en ai alors déduit que si leur décision de nommer Ali Bongo à la tête de l’Etat leur causait tant de tourments c’est qu’ils n’avaient pas respecté la vérité des urnes et s’étaient volontairement éloignés de la bonne décision. En acceptant d’organiser cette "curieuse messe", j’ai aussi compris que la vieille église catholique du Gabon avait décidé de se mettre, une fois de plus, du côté du Puissant du moment. J’ai encore compris que les Gabonais, qui venaient d’être les victimes de ce hold-up sanglant et meurtrier, avaient été abandonnés à eux-mêmes par ces hommes de Dieu en qui ils avaient placé leur confiance mais surtout leurs doutes et leurs espoirs d’un Gabon meilleur malgré le chapelet de récriminations qu’ils avaient à leur endroit depuis la réinstauration de la démocratie au Gabon en 1990.

J’ai cherché en vain la conscience de ses "opposants du palais" qui, toute honte bue, ont couru du côté de la salle d’apparats pour assister à cette mascarade de prestation de serment d’un "échoué déclaré admis" contre la logique des urnes. Je n’ai pas goûté aux explications "abracadabrantesques" de Raymond Ndong Sima sur son positionnement politique après l’élection présidentielle braquée du 27 août 2016. Pour lui, tout Coup d’État électoral du PDG émergent devrait non seulement être approuvém mais aussi applaudi des deux mains par les Gabonais qui n’ont aucun moyen de s’opposer à l’armée qui consolide, à chaque fois, ces braquages électoraux. Raymond Ndong Sima n’est pas loin de proposer aux Gabonais une grande fête qui réunirait à chaque hold-up électoral les opposants toujours braqués et les braqueurs pouvoiristes du PDG émergent. En lisant son post, j’ai compris que l’ancien Premier Ministre avait définitivement décidé de prolonger le système Bongo-PDG émergent qu’il a pourtant taillé en pièces dans son livre "Quel renouveau pour le Gabon". Étrange trajectoire d’un optimiste toujours souriant devenu, le temps d’une présidentielle sanglante et meurtrière, un invétéré catastrophiste qui ne bougera pas le petit doigt pour aider le peuple gabonais éreinté par ces cinquante ans de dictature à sortir de cet esclavage Bongo-PDG émergent. J’ai également compris, lorsque j’ai vu un opposant obtenir l’entrée de son fils dans ce gouvernement, que la "ploutocratie", pour dire vite l'aristocratie regnante, avait de beaux-jours devant elle et que le peuple gabonais était, depuis près de cinquante ans, l’unique dindon de cette farce. J’ai finalement compris pourquoi ces "opposants du palais" ne pouvaient pas être du côté des Gabonais qui se battent à mains nues pour se libérer. Quant à Bruno Ben Moubamba qui voulait chasser Ali Bongo du pouvoir il y a encore deux mois et qui est devenu Vice-Premier Ministre à la faveur de ces malheureux 2% à l’élection Présidentielle, il a dévoilé au grand jour son positionnement politique trop longtemps dissimulé… Il y a un avantage, pour les Gabonais, à savoir à quel type d’hommes politiques de l’opposition (alimentaire), ils ont affaire.

J’ai cherché en vain la conscience des hommes des Société humanistes. Leur silence face à la tragédie vécue par le peuple gabonais m’a laissé songeur… Fallait-il une fraude plus importante que celle incroyablement choquante du 31 août 2016 et des milliers de morts, disparus et blessés le 1er septembre 2016 pour qu’elles daignent enfin prendre une position ? Où est-elle donc passée la conscience des Frères et Sœurs ? Ces orphelins auraient-ils préféré construire, par leur silence, un Temple au vice et un sinistre Cachot à la noble Vertu de la Justice ? Où est donc passé la conscience de Fratres et Sorores ? La loi d’Amour aurait-elle été sacrifiée, par leur indifférence, sur l’autel des cœurs arides ? Face ce silence qui confine à la complicité, j’ai compris que la liberté d’agir des hommes libres était tellement précieuse.

J’ai cherché en vain la conscience des hommes des corps de défense. Venant de ces hommes qui sont d’abord là pour défendre la patrie en cas d’attaque extérieure et ensuite pour défendre la démocratie donc la République, jamais, au grand jamais je n’aurais imaginé leur implication macabre dans les atroces tueries du 1er septembre 2016. J’ai attendu en vain leur mot de réconfort pour ce peuple humilié et martyrisé. J’ai attendu en vain leur mot de compassion pour les victimes expiatoires du vote anti Bongo, anti Aboghe Ella et anti Marie Madeleine Mborantsouo. J’ai attendu qu’une conscience se réveille et se désolidarise de cette action macabre du Quartier Général de Jean Ping et des tueries perpétrées par les escadrons de la mort dans les quartiers de Libreville et Port-Gentil. Semant ainsi tristesse et désolation à leurs passages. Malheureusement les hommes de la grande muette, sans bouger le moindre cil, sont restés droits dans leurs bottes, acceptant silencieusement l’opprobre jeté sur eux par ceux qui avaient minutieusement planifié ces massacres… Le peuple gabonais pardonnera-t-il un jour à ces enfants qui ont choisi de défendre, quoi que cela coûte en vies humaines au pays, un homme plus inspiré par la monarchie que par la République ?

J’ai cherché en vain la conscience des hommes et femmes des Sociétés religieuses traditionnelles (Bwiti, Mwiri, Ndjègo, Maboundi, Ndjèmbè, Nièmbè, Moughoulou, Mboumba etc.). J’ai tellement espéré entendre une voix forte et déterminée venant de l’une d’entre elles qui aurait pu rassurer les Gabonais désespérés et endeuillés par cette barbarie , sans nom, totalement étrangère à nos mœurs et à nos sociétés anciennes. Face à l’absence de hiérarchisation et surtout de leadership incontesté qui apparaissent comme un handicap rédhibitoire, je reste, tout de même, persuadé qu’elles joueront leur partition dans le cadre du sauvetage du Gabon éternel.

J’ai cherché en vain la conscience des hommes de Droit et des Magistrats face à ce déni de justice perpétré par la Cour constitutionnelle. J’ai attendu la réaction des hommes et femmes qui comptent dans ces métiers de la loi… Je n’ai entendu que leur silence gêné. Comment pouvaient-ils refuser de voir l’indécente arnaque à la loi utilisée par belle-maman Marie Madeleine Mborantsouo (sous les Conseils du candidat Ali Bongo Ondimba largement battu dans les urnes, ses complices) pour retirer à Jean Ping le bénéfice de toutes les voix qu’il avait obtenu dans 21 bureaux du Centre de vote Martine Oulabou (drôle de symbole !!!) à Libreville, sans qu’elle n’envisage de recommencer le vote dans ces bureaux comme le prescrit la loi ? Voici d’ailleurs ce que dit l’article 127 (loi n°17/2007 du 29 novembre 2007 de cette loi électorale : « en cas d’annulation de tout ou partie de des élections, le collège électoral est convoqué dans un délai de deux à quatre mois à compter de la date de décision d’annulation ». Difficile d’écrire plus clair que ça. J’ai attendu qu’un groupe de juriste indépendants se saisissent de cet incroyable affaire d’annulation de 21 bureaux de vote tous très favorable à Jean Ping pour éclairer les Gabonais et le monde entier sur ce viol de la loi. Face à leur silence, j’ai définitivement compris que la loi, même lorsqu’elle dit le contraire de ce que la Cour constitutionnelle a décidé de faire, est, malgré tout, utilisée comme un bouclier de protection des intérêts colossaux des puissants du moment.

J’ai cherché en vain la conscience de la communauté internationale qui a « lourdement » poussé Jean Ping à aller s’enfermer dans ce piège fatal de la Tour de Pise (Cour constitutionnelle) dont les Gabonais, avertis ou pas, savaient qu’elle lisait tout…sauf le Droit. Après cette énième arnaque à la loi de belle-maman Marie Madeleine Mborantsouo au profit de son fils, j’ai attendu une réaction ferme et déterminée de la Communauté Internationale. Finalement, celle-ci n’est venue que des Observateurs de l’Union Européenne qui ont, dans un Rapport très détaillé de l’organisation de l’élection présidentielle au Gabon, démontré la fraude instrumentée par René Aboghe Ella, le Président (pour le malheur du Gabon éternel) de la CENAP en faveur du Candidat PDG émergent et l’absence de sincérité du rendu de la discréditée Cour constitutionnelle de Marie Madeleine Mborantsouo. J’ai compris que sur l’autel d’une indécente réal politique, la Communauté Internationale, dès le moment où elle avait pris acte de cette élection copieusement volée par le candidat PDG émergent, avait automatiquement choisi d’abandonner le peuple gabonais à son triste sort. Obligeant ainsi ce dernier à un face à face déséquilibré avec les bourreaux de ses enfants tombés le 1er septembre 2016. Ecœuré par ce cynisme, sans égal, de la Communauté Internationale, j’ai prié pour que le sort du Gabon éternel soit remis entre les mains de Dieu et des ancêtres de ce pays béni pour qu’ils nous viennent en aide et nous sortent de cet enfer.

Aussi loin que puisse remonter ma mémoire, dans le passé du Gabon post Conférence Nationale, j’ai retrouvé une conscience morale qui peut illuminer notre pays et sur laquelle les jeunes générations peuvent s’appuyer. Pour l’orgueil un tantinet déplacé des hommes que nous sommes, c’est bien heureusement une Femme extraordinaire qui mérite d’être distinguée. Ce bout de femme frêle et déterminée à pour prénom et nom : Pauline Gningone. Cette ancienne Gouverneur de la Province de l’Estuaire avait catégoriquement refusé de cautionner la fraude orchestrée par, son patron hiérarchique, Antoine de Padoue Mboumbou Miyakou, (Ministre de l’Intérieur) lors de l’élection présidentielle de 1993 dans laquelle le Père Paul Mba Abessole était en train de laminer dans les urnes Omar Bongo Ondimba, le Président de la république sortant. Pour être en harmonie avec sa conscience, cette dame avait préféré sacrifier les honneurs liés à sa charge administrative plutôt que de ruser avec sa morale ou son éthique. Quelle leçon pour les hommes !!! Cette petite dame frêle mais très grande de fierté est restée digne et respectable dans sa traversée du désert qui dure depuis vingt-trois (23) ans…je dis bien….depuis vingt-trois (23) ans. D’elle, nous n’avons entendu ni plainte concernant sa situation ni volonté de réintégrer un système qu’elle avait si bruyamment dénoncé alors que la personne pour laquelle elle réclamait la vérité des urnes avait, peu après, rejoint le camp des fraudeurs avec armes, bagages et sans doute avec une grande partie de sa conscience aussi…7 J’attends des autorités de la 2ème République à venir qu’elles honorent cette très grande dame de conviction et de courage qui restera pour nous et pour les jeunes générations une des très rares étoiles qui a, dans notre pays où les lâches forment des légions romaines, scintillé et illuminé ce bout de ciel obscurci par nos consciences endormies. Je prie pour que Dieu et les ancêtres du Gabon éternel la gardent encore longtemps auprès de nous et lui permettent de vivre la première alternance par les urnes dans notre pays. Cette alternance par les urnes pour laquelle elle s’est tant battue au point de tout perdre… Pour terminer ce propos, j’ai envie de lui dire ce que plusieurs centaines de milliers de Gabonais anonymes de la Diaspora et ceux vivants au Gabon, comme moi, auraient aimé lui dire s’ils la rencontraient : Merci à vous, Madame Pauline Gningone, d’avoir ramené, en 1993, le courage qui avait disparu dans notre pays. Nous mesurons aujourd’hui, plus qu’hier, votre solitude face à ce chantier titanesque qu’était et qu’est toujours resté le combat pour la vérité des urnes. Madame Pauline Gningone, vous pouvez être fier de vous, vos enfants peuvent être fiers de vous, nous aussi, nous pouvons être fiers de vous, le peuple gabonais peut être fier de vous car vous avez fait, dans une période très difficile, votre part de travail, il revient désormais à notre génération et à celle de nos enfants (que nous soyons hommes et femmes de lois, de lettres, de foi, de sociétés humanistes, de sociétés religieuses traditionnelles, des corps de défense), de prendre le relais…à condition que nos consciences endormies depuis trop longtemps rencontrent la vôtre pour qu’elles se réveillent…

*Léopold Codjo Rawambia (Enseignant-chercheur au Département d’Histoire et Archéologie de l’Université Omar Bongo.

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