AN ARTICLE IN THE HILL, THE AMERICAN CONGRES NEWSPAPER, ANALYZING ALI BONGO’S RELATIONSHIP WITH THE ATLANTIC COUNCIL. UN ARTICLE DANS THE HILL, LE JOURNAL DU CONGRÈS AMERICAIN, ANALYSANT LA RELATION ENTRE ALI BONGO ET LE CONSEIL DE L’ATLANTIQUE



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Traduction française

Les Relations Douteuses du Conseil de l'Atlantique avec le Président du Gabon
Par Thor Halvorssen et Alex Gladstein, contributeurs


Washington est pleine de firmes de relations publiques promouvant les agendas des régimes les plus répressifs du monde en échange d'argent. Pour masquer les violations des droits de l'homme, l'homme fort de la Guinée Equatoriale a engagé Qorvis; le régime tunisien pré-révolutionnaire avait engagé le Washington Media Group et les Saoudiens ont embauché Edelman. Il y a beaucoup de solliciteurs pour les autocrates étrangers qui cherchent à blanchir leur réputation sur le Capitol Hill.

Certaines organisations sont plus subtiles dans leurs relations avec les gouvernements étrangers. Le Conseil de l'Atlantique est un groupe politique basé à D.C., dont la mission déclarée est de fournir "un forum essentiel pour la navigation des changements économiques et politiques dramatiques définissant le XXIe siècle en informant et en galvanisant son réseau unique d'influence de leaders mondiaux." Le Conseil fanfaronne d’avoir des poids lourds comme Brent Scowcroft et Joseph Nye dans son conseil d'administration, d’obtenir les apparitions du Secrétaire d'Etat John Kerry et de nombreuses personnalités du monde lors de ses événements, et il fait promesse d'indépendance intellectuelle. Mais vu le comportement récent du Conseil et de son président, Frederick Kempe, il semble que l'organisation utilise sa légitimité comme un voile pour masquer une opération de blanchiment qui est tout aussi moralement répréhensible que celles observées pour d’autres firmes de relations publiques à Washington.

Des questions commencèrent à faire surface au sujet de l'intégrité du Conseil en 2012, lorsqu’il a organisé une fête pour les louanges du régime autoritaire du Kazakhstan. Des préoccupations furent relevées sur le fait qu’Alexander Mirtchev, un sulfureux personnage d'origine bulgare qui «consulte» pour le régime, était (et est toujours) au conseil d'administration du Conseil de l'Atlantique et membre de son comité exécutif. Des pressions externes ont finalement contraint le Conseil à révéler que parmi ses principaux donneurs, figuraient des Etats policiers comme l'Azerbaïdjan et l'Arabie Saoudite. En Août 2016, le New York Times a rapporté que le Conseil de l'Atlantique "a vu son chiffre d'affaires annuel passera à 21 millions de dollar alors qu’il n’était que de 2 millions de dollar 10 ans auparavant» en offrant «l'accès aux États-Unis et aux responsables de gouvernementaux étrangers, en échange de contributions financières."

Aujourd'hui, les régimes en violation des droits de l’homme tels que ceux de Bahreïn et des Emirats Arabes Unis, sont en tête de liste des donateurs publics du Conseil, et continuent d'être les bénéficiaires de l’expertise en relations publiques du Conseil. Par exemple, en dépit d'une brutale répression depuis cinq ans, des militants pro-démocratie, le Conseil voudrait nous faire croire qu’ «aucun pays dans la région du Golfe et peut-être dans le monde Arabe plus largement, n’a pensé et expérimenté avec les réformes, plus que le Royaume de Bahreïn ».

La dernière affection du Conseil de l'Atlantique avec un dictateur se révéla cet été lorsque Frederick Kempe et son personnel ont décidé d'accorder un «Prix Global Citizen» au dictateur du Gabon, Ali Bongo Ondimba. L'autocrate, connu pour son extravagante corruption et sa répression violente contre les dissidents, devait être honoré pour "sa vie au service du public et ses efforts visant à améliorer la vie du peuple Gabonais." Ce langage soigné était en contraste frappant avec la réalité au Gabon, ce qui devint encore plus ténébreux le mois dernier quand Bongo a volé une élection pour se maintenir au pouvoir.

Malgré les tueries dans les rangs de l'opposition et des protestations internationales, il resta en considération pour recevoir son prix lors d’un gala à New-York du Conseil de l'Atlantique, le 19 septembre, aux côtés des Premiers Ministres d'Italie et du Japon.

La Fondation des Droits de l'Homme a publié communiqué condamnant le Conseil de l'Atlantique pour sa célébration de Bongo en dépit de ses violations des droits de l’homme, de la fraude électorale et de sa kleptocratie. Quelques heures plus tard, le staff de Kempe a annoncé que Bongo ne viendrait plus à New York pour recevoir le prix en raison de "d’importantes priorités qu'il a dans son pays"- un euphémisme pour la répression des manifestations publiques.

Il est peut être très pratique pour Kempe que Bongo n'ait pas recueilli son prix. Cependant, cette non-participation n’exonère pas magiquement Kempe et ses collègues d'avoir choisi de glorifier un dictateur qui, avec son père, ont brutalement gouverné le Gabon et siphonné tant de richesses naturelles du pays qu'il est devenu la tête d'affiche de la corruption en Afrique.

Voulant comprendre exactement pourquoi le Conseil de l'Atlantique a choisi Bongo, en premier lieu, HRF rédigea un article pour le magazine Foreign Policy. Nous avons écrit à Kempe le 13 septembre pour en savoir plus sur la probabilité qu'il y avait un mécanisme de "payer pour jouer", impliqué dans la sélection du lauréat. Le 17 septembre, Kempe a finalement répondu et a convenu qu'il discuterait de la question par téléphone. Nous avons répondu, en lui demandant s'il pouvait nous parler le 19 septembre

Kempe a demandé de repousser la conversation jusqu'à la fin de la semaine. Il nous assura que le Conseil de l'Atlantique n'a pas reçu de l'argent du Gabon ou «d’agents du gouvernement ».

Nous avons écrit en retour: "Est-ce que Richard Attias a fait don au Conseil de l'Atlantique? Est-ce que Mostafa Terrab a fait don? D'autres ayant des intérêts commerciaux au Gabon ont-ils fait des dons? Qui a proposé Ali Bongo pour le prix? Sur quelle base le comité de sélection a cru qu’Ali Bongo réunissait toutes les qualifications, et méritait le prix? Allez-vous annuler le prix? Je crois que répondre à ces questions permettra de lever le voile. Elles sont essentielles à la compréhension de la façon dont Ali Bongo serait venu se tenir coude à coude avec les Chefs de gouvernement Japonais et Italien, étant honorés par une organisation de la société civile de Washington".

Kempe ignora toutes ces questions. Pendant ce temps, lui et son staff, sans vergogne, effacèrent Bongo du programme de gala et a procédèrent à la re-planification de l’événement, dans l'espoir d'esquiver la responsabilité d’avoir voulu glorifier Ali Bongo. Nous avons publié notre argumentation dans Foreign Policy, le 19 septembre, le jour de la cérémonie de remise des prix. L'article fut largement distribué et certains au dîner discutaient de Bongo et ont même porté la situation à Kempe.

Cette nuit-là, la boîte de réception email de Thor Halvorssen fut la cible de la colère de Kempe. Il était plus en colère qu’un monarque devenu fou: «Vous êtes peut-être la personne la plus irresponsable qui ne m’ait jamais m'a envoyé d’e-mail. Je n'ai pas l'intention de répondre à une autre de vos questions." Moins d’une heure après, et sans incitation, il écrit de nouveau: "Vous devenez fou et vous avez besoin d'aide. Pas de moi. Mais laissons cela de côté. Je n'ai pas ces compétences psychiatriques. Mais vous semblez être un détraqué total." Il a ensuite dit qu'il avait consulté ses avocats, que l'article de FRH était «poursuivable», que nous avions causé des "dommages mesurables", et couronna le tout par «Nous devons être alliés, étant donné ce que vous professez être votre souci. Mais il est clair que vous êtes motivés par des intérêts financiers qui vous emmènent dans une direction différente ... "

Non content d'attaques ad hominem et de menaces judiciaires ; le 30 septembre, Kempe a écrit un droit de réponse dans Foreign Policy, intitulé : «Le Conseil de l'Atlantique n'a pas donné un Prix Global Citizen au Président Gabonais Ali Bongo Ondimba." Le titre est une farce, étant donné que le Conseil a déclaré publiquement qu'il «n’annulait pas le prix de M. Bongo." au-delà du titre mensonger, l'article a démontré une quantité extraordinaire de mauvaise foi. Kempe a affirmé que le Conseil de l'Atlantique "n'a reçu aucune contribution de toute entreprise ou individu ayant des investissements ou des intérêts au Gabon, relatif à l’attribution du prix ou de tout travail que nous faisons au Gabon."

Rarement a tant de malhonnêteté, sans honte, été utilisée en l’espace d’une seule phrase. La société de Richard Attias est décrite comme étant un important bailleur de fonds du Conseil de l'Atlantique tout en même temps, travaillant comme requin de relations publiques payé par la dictature gabonaise. Attias organise un événement de propagande au Gabon a appelé le "New York Forum Africa", qui fonctionne à la fois comme une occasion pour Bongo de se mettre en valeur, et une occasion de faire des affaires lucratives avec l'Etat gabonais.

Attias se vantait que «600 millions d'euros de contrats de partenariat et accords de projet avaient été signés" lors de l'événement en 2013, et que «plus de 2 milliards d'euros de nouveaux investissements et des milliers d'emplois ont été créés grâce à des accords public-privé signés au NYFA" en 2014 et 2015. Selon des témoignages de première main, le «chant de louanges aux Bongos" lors de ces événements est incessant.

Même si l'argent qu’Attias donne au Conseil de l'Atlantique n’est pas directement en relation à ses activités au Gabon ; ne devrait-on pas se poser des questions? Le travail d’Attias est de faire bien paraître Bongo sur le plan international. L'idée que le personnel du Conseil soit arrivé à l'idée de donner à un dictateur corrompu un «Prix citoyen du monde», sans l’influence d’Attias ou d'autres personnes ayant des intérêts au Gabon, est ridicule. Et l'idée que cet argent ne colore pas les points de vue incroyablement roses du Conseil de l'Atlantique sur le Gabon, est incroyable.

Mais Kempe connaît les contours des relations publiques, et a même réussi à induire en erreur Politico, qui a rapporté qu'il leur a dit que le Conseil "n'a pas de relation financière avec le gouvernement ou ses agents"- un mensonge pur et simple. Et Attias n’est pas le seul bailleur de fonds du Conseil qui agit comme agent de Bongo. Joseph J. Szlavik (qui contribue au Conseil comme «Scribe en Stratégies et conseillers») a vu sa maison en Pennsylvanie perquisitionné par des agents fédéraux après qu’il eut transporté du "cash liquide" pour Bongo aux États-Unis sans déclarer ces transactions. Malgré ce que Kempe aimerait faire croire à ses lecteurs, ce ne sont là que deux des nombreux donateurs qui ont des liens étroits avec la famille Bongo.

Kempe consacre la seconde moitié de son article à essayer de convaincre le lecteur que Bongo n’est pas vraiment si mal que ça. Il nous dit que «des individus épris de justice peuvent différer" sur "l'aptitude de Bongo pour une reconnaissance internationale», et fait l'éloge de "progrès considérables" fait par Bongo et son «engagement dans la conservation de la nature.» Lorsqu'on lui demande si ces initiatives vertes sont réelles, le militant écologiste local et lauréat du Prix Goldman, Marc Ona Essangui, dit à HRF que le braconnage des éléphants et l'exploitation illégale de bois, ont en fait augmenté depuis que Bongo a pris le pouvoir. Essangui dit que les trafiquants d'ivoire jouissent d'une impunité totale, et que Bongo s’est mis à vendre les terres forestières à des compagnies de palmier à huile comme Olam, sachant parfaitement que ces activités seraient dévastatrices pour la biodiversité. Essangui appelé le soutien du Conseil de l'Atlantique pour Bongo "un cauchemar pour les Gabonais», et dit que le prix a été une activité de paillettes pour promouvoir l'image internationale du dictateur tout en dissimulant la corruption et les violations des droits de l’homme. Il est surprenant qu'un «expert» comme Fred Kempe absorbe et vehicule le récit de Bongo, et décevant qu'il le fasse alors qu’Attias et d’autres ayant des intérêts au Gabon, font des dons à son organisation.

Au-delà du Gabon, il faut noter que le travail le plus méprisable accompli par le Conseil de l'Atlantique, est fait pour le régime érythréen. Connu comme etant "la Corée du Nord de l'Afrique," l'Erythrée est gouvernée depuis des décennies par le dictateur Isaias Afwerki. Il exerce un contrôle étroit et brutal de son peuple et exile les dissidents dans des prisons sur des îles au milieu de la mer Rouge. L'Organisation des Nations Unies l’a récemment accusé de crimes contre l'humanité, en précisant notamment ses méthodes d'esclavage, de viol et de torture.

Mais le Vice-Directeur du Conseil de l'Atlantique pour l’Afrique, Bronwyn Bruton, a écrit dans le New York Times en Juin 2016, "les choses sont mauvaises en Erythrée, mais pas si mal." L'article-simplement le dernier d'une longue collection de tentative de blanchissage de réputation-minimise les abus de la dictature, fait valoir que l'ONU ne devrait pas sanctionner le régime, et fait la promotion de l'engagement. Ici, le Conseil de l'Atlantique prend position ouvertement pour un régime qui ne peut qu’être décrit que comme étant une force malveillante pour le mal. Et nulle part dans l'article ils ne disent que la societe canadienne Nevsun Resources, ayant de vastes intérêts miniers en Erythrée, est un donateur à six chiffres du Conseil de l'Atlantique.

Dans le roman lauréat du prix Pulitzer de Jennifer Egan "A Visit From the Goon Squad," un personnage du nom de Dolly Peale fait une crise personnelle tout en travaillant comme agent de relations publiques pour un dictateur génocidaire. Son expertise est d’amener les journalistes à produire des articles favorables à son client. Un des titres est : «L’étendue des crimes de guerre de B a pu être exagérée, de nouvelles preuves suggèrent," pourrait être tout droit sorti des methodes du Conseil de l'Atlantique lorsqu'il est lu en parallèle avec le commentaire sur l'Érythrée de Bronwyn Bruton. En fin de compte, Peale prend presque position pour ses mœurs quand elle visite personnellement l'une des fosses communes de son client, mais son silence fini par être acheté avec de l'argent.

Il est juste de se demander comment Kempe et son staff peuvent se regarder dans le miroir chaque matin quand ils passent leurs journées à défendre des dictateurs comme l'Erythréen Afwerki, le Gabonais Bongo, et Nazarbayev du Kazakhstan. Les dons peuvent être juteux, mais à un moment, les collègues de Kempe et les prestigieux membres du conseil d'administration doivent s’arrêter et se rendre compte qu'ils prennent le côté des tyrans, et trahissent les idéaux mêmes qu'ils déclarent promouvoir en premier lieu.

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