THE OPPOSITION REPUBLICANISM IS A GOOD PRELUDE, BUT BEWARE... LE RÉPUBLICANISME DE L’OPPOSITION EST UN BON PRELUDE, MAIS ATTENTION…

Meeting between the Union Nationale board and Jean Ping and Jacques Adiahenot
Rencontre entre le directoire de l’Union Nationale et Jean Ping et Jacques Adiahenot
(Photos: Gabonreview)



English Version


If Ali Bongo and his regime continue to give Gabon a picture of shame and despair, as again this week security forces were fighting students; on the opposition side there is some progress; still cosmetic for now, but progress nevertheless, when one considers the mistakes of the opposition since 1990. A dynamic unification of the opposition is starting to emerge with Ping pushing things in that direction (let’s render unto Caesar what belongs to him). By meeting the board of the Union Nationale Party, Jean Ping and Jacques Adiahenot made themselves the actors of republicanism as seen in major democracies. But the problem is that: insofar as this approach is to be commended, those who have in their hands the institutions of the country are not believers of republicanism. So, what is the scope of the Republican opposition, if the electoral institutions remain subjected to the dictates of a Stalinist totalitarianism? Are we witnessing yet another exercise in futility that will only lead to Ali Bongo’s plebiscite as ordered by Mborantsuo?


Since 1990, for all presidential elections in Gabon, the constant has always been the dispersion of the opposition even when it was clear that one of the candidates of the opposition was far above all others. In the 90s, at the time of the state of grace of Paul Mba Abessole, the opposition found ways to present dozens of candidates. Ditto for the era of Pierre Mamboundou. In 2009, for various reasons, Pierre Mamboundou and Andre Mba Obame did go at it in their separate ways, but the rest issue had already been decided and their candidacies were ultimately mere formalities as Mborantsuo and the CENAP had their numbers they intended to impose no matter what, at the cost of the lives of dozens of Gabonese. Despite numerous irregularities, Ali Bongo had to become president of the country.


The Bongo system is old, ossified, vicious, nobody believes in it anymore in Gabon, and yet it continues to be declared winner in elections. Ping is the first major politician (perhaps after André Mba Obame during the 2009 presidential election), who openly calls on the opposition to unite for a single candidate against the regime. This meeting with the Union Nationale puts wind in the sails of this idea. It is obvious that some spoilsport claiming to be of the opposition would want to prevent this dynamic, as we can already see it with Louis Gaston Mayila whose job it is to do so. But the ability of Mayila to be disruptive within the opposition is almost zero. If the tenors rally behind the idea of a single candidacy, this will be done. It is on this point that things remain unclear; who are these tenors? All the Executive Board of the Union Nationale, what remains of the UPG still having the capacity to mobilize; what remains of the PGP still having the capacity to mobilize, The PDG defectors who want change, etc. If such a block decides to support a single candidate, with a nationwide credible running mate, the days of Ali Bongo would be numbered as such a block would be difficult to split as we have seen in the past.


But, and this is the big catch, there would still be a major obstacle; the ability of the Bongo dictatorship to make life difficult for the opposition candidate in terms of logistics in the territory and in the media, and also its predisposition to organize electoral fraud. It is already clear that Ali Bongo will be ubiquitous in the State media. When people will look at State TVs, the speaking time will not be allocated equitably among the various candidates; Ali Bongo will never participate in a televised debate against the potential opposition candidate because he will be afraid to lose, and anyway, his camp will consider that such a debate is not worth the trouble because he would always speak alone during meetings that would be broadcasted everywhere, on all State channels permanently. To prevent electoral fraud, the Gabonese institutions should be revamped thoroughly and the election should be organized in a new way, having nothing to do with the CENAP or Mborantsuo. Gabon must build new electoral structures run by individuals with the confidence of the people. It is out of the question for the Gabonese to be told if they contest the regularity of elections, that they are in a "democratic" country and they can go to lodge an appeals to the Mborantsuo court; knowing of course that this is useless because Mborantsuo’s decisions are known in advance and have nothing to do with the law...


The merit of Ping so far is to have found that, unfortunately, the opposition was not very organized, that it was itself divided. That if the opposition wanted to prepare for the struggle for power, a certain unity within it was a prerequisite. What is happening now is promising certainly; but much remains to be done.



Version française


Si Ali Bongo et son régime continuent de donner du Gabon une image de honte et de désolation, vu que cette semaine encore, les forces de sécurité étaient confrontées à des étudiants; côté opposition, on observe des avancées, pour l’instant cosmétiques, mais des avancées quand même, quand on considère les errements de cette opposition depuis 1990. Une dynamique d’unification de l’opposition semble commencer à se dégager avec l’impulsion de Ping vers cette direction (il faut rendre à César ce qui lui appartient). En allant rencontrer le directoire du Parti Union Nationale, Jean Ping et Jacques Adiahénot se font les acteurs d’un républicanisme tel qu’on le voit dans les grandes démocraties. Mais le problème reste que: pour autant que cette démarche soit salutaire, ceux qui ont entre leurs mains les institutions du pays, ne s’inscrivent nullement dans le républicanisme. Alors, qu’elle est la marge de manœuvre de l’opposition républicaine, si les institutions électorales restent soumises aux diktats d’un totalitarisme stalinien? Sommes-nous en train d’assister à un énième exercice en futilité qui n’aboutira que sur le plébiscite ordonné d’Ali Bongo par Mborantsuo?


Depuis 1990, pour tous les scrutins présidentiels au Gabon, la constante a toujours été la dispersion de l’opposition même quand il était évident qu’un des candidats de cette opposition était largement au-dessus de tous les autres. Dans les années 90, du temps de l’état de grâce de Paul Mba Abessole, l’opposition trouvait le moyen de présenter des dizaines de candidats. Idem pour l’ère de Pierre Mamboundou. En 2009, pour des raisons diverses, Pierre Mamboundou et André Mba Obame firent cavaliers seuls, mais la suite avait déjà été décidée et leurs candidatures ne furent en fin de compte que des formalités car Mborantsuo et la CENAP avaient leurs chiffres qu’ils entendaient imposer coute de coute, au prix de la vie de plusieurs dizaines de Gabonais. Malgré les nombreuses irrégularités relevées, Ali Bongo devait accéder à la présidence du pays.


Le système Bongo est vieux, sclérosé, vicieux, plus personne n’y croit au Gabon, et pourtant on continue de le déclarer vainqueur aux élections. Ping est le premier politicien majeur (peut être après André Mba Obame pendant la présidentielle de 2009), qui ouvertement demande à l’opposition de se coaliser pour présenter un candidat unique contre le régime. Cette rencontre avec l’Union Nationale met du vent dans les voiles de cette idée. Il est évident que certains troubles fêtes se réclamant de l’opposition voudront enrailler cette dynamique, comme nous pouvons déjà le constater avec Louis Gaston Mayila dont c’est le rôle. Mais la capacité de nuisance de Mayila au sein de l’opposition est quasi nulle. Si les ténors se rangent derrière l’idée d’une candidature unique, ce sera fait. C’est sur ce point que les choses demeurent floues; qui sont ces ténors? Tout le directoire de l’Union Nationale, ce qui reste de l’UPG ayant encore une capacité de mobilisation, ce qui reste du PGP ayant encore une capacité de mobilisation, les transfuges du PDG qui veulent le changement, etc. Si un tel bloc se décidait à soutenir une candidature unique, avec un colistier crédible d’envergure nationale, les jours d’Ali Bongo seraient comptés, car un tel bloc serait difficile à diviser comme on l’a vu par le passé.


Mais, et c’est là le grand hic, il resterait tout de même un obstacle majeur, la capacité de la dictature Bongo à rendre la vie dure au candidat de l’opposition en termes logistiques sur le territoire et dans les media, et aussi sa prédisposition à organiser la fraude électorale. Il est d’ores et déjà évident qu’Ali Bongo sera omniprésent dans les médias d’Etat. Quand on regardera les chaînes de télévision d’Etat, le temps de parole ne sera pas attribué équitablement entre les différents candidats, Ali Bongo ne participera jamais à un débat télévisé pour affronter l’éventuel candidat de l’opposition car il aura peur de se faire laminer et que de toute façons, son camp estimera qu’un tel débat ne vaille pas la peine puisqu’il s’exprimera tout seul lors des meetings qui seront retransmis partout, sur toutes les chaînes d’Etat, en permanence. Pour éviter la fraude électorale, les institutions gabonaises devront être revues de fond en comble et l’élection devrait être organisée d’une manière nouvelle, n’ayant rien à voir avec la CENAP, ni Mborantsuo. Le Gabon devra se munir de nouvelles structures électorales dirigées par des gens ayant toute la confiance du peuple. Il n’est plus question pour les Gabonais de se laisser dire s’ils contestent la régularité des élections, qu’ils sont dans un pays « démocratique » et qu’ils peuvent aller introduire des recours à la cour de Mborantsuo; tout en sachant évidemment que cela ne sert à rien car les décisions de Mborantsuo sont connues d’avance et n’ont rien à voir avec le droit…


Le mérite de Ping, jusqu’ici, est d’avoir constaté que, malheureusement, l’opposition n’était pas encore très organisée, qu’elle était même divisée. Que si cette opposition voulait se préparer à la lutte pour le pouvoir, une certaine unité en son sein était souhaitable. Ce qui se passe en ce moment est prometteur, certes; mais beaucoup reste à faire.

Comments

Popular posts from this blog

ARGUMENTS AS WEAK AND WITHOUT SUBTANCE AS THE PERSON ENOUNCING THEM. DES ARGUMENTS AUSSI BIDONS ET SANS CONTENANCE QUE CELUI QUI LES ÉNONCE

THIS IS WHY CENTRAL AFRICA HAS SUCH A LACK OF DEMOCRACY. VOICI POURQUOI L’AFRIQUE FRANCOPHONE EST SI PEU DÉMOCRATIQUE