PRESS RELEASE BY THE THREE DAUGHTERS OF ANNIE LÉA MÉYÉ. COMUNIQUÉ DES TROIS FILLES D’ANNIE LÉA MÉYÉ

Annie Léa Méyé daughters
Les filles d'Annie Léa Méyé
Photo: Marc Ona Essangui
 

English Version

Annie Léa Méyé daughters held a press conference this Saturday at the headquarters of Brainforest in Libreville.

The message below is theirs, in full (obtained from Ona Essangui).



Saturday, 18 April; Saturday, 25 April 2015 marks exactly one week, that is to say, seven long days since our mother, our mom, Annie Léa Méyé was kidnapped at 5:00 am by the security forces of the regime. This arbitrary arrest perpetrated without a warrant or official summons, took place in complete illegality and absolute violence.

Indeed, we were violently awakened from our sleep by the deafening noise of the metal bars that the soldiers broke down unceremoniously and the crashing of the central door of our house that literally exploded. Immediately our home was stormed by about twenty men without uniforms and excited, heavily armed claiming to be of the national police. During their ransacking of our house, they uttered threats and insults and molested our mother before our eyes. Neither our tears nor the supplications of my mother asking them to leave us alone, could temper them from their dirty work.

The last image we have of our mother is that of a molested woman, but dignified, reassuring somehow her children, and then she was forcibly taken to an unknown destination.

Since that day, our family life, our lives of children are forever changed by the particularly traumatic and humiliating circumstances of the brutal and barbaric arrest of our mother.

To the national and international public opinion, we stress that our mother, Annie Léa Méyé, is involved in community life and then in politics for over a decade. It is for this reason that, like all Gabonese loving democracy and fighting for the advent of a political change in Gabon, our mother was deeply shaken by the death of Mr. André MBA OBAME in Yaoundé on Sunday, 12 April 2015 . Since then, she has devoted all her time to mobilize supporters and sympathizers of the UNION NATIONALE and of the wider opposition to prepare, in respect and dignity, AMO’s funeral. At no time our mother has advocated or manifested any violent action in her political commitment. Besides, how would she have been able to, she, the brave and devoted mother, a single mother of five children that we are, for over ten years. Moreover, her scheduled on Sunday 12 April does not allow for her involvement in this case.

To those who accuse our mother to be behind the incidents that led to the burning of the embassy of Benin, we say that our mother has always fought for noble values that are: democracy, freedom, justice, equality and respect for life and human dignity. It is with these values that she raises a family and that she is recognized and appreciated by her friends and feared by her political opponents.

Arrested on Saturday, 18 April 2015 at dawn, I could see my mother, for the first time on Wednesday, 22 April, or after five days of detention in the premises of the B2. From that first visit, I noted with concern the deterioration of her health, as she observed a hunger strike and has not had access to her medication against high blood pressure.

Moreover, we know that the real reason for her arrest is her ability to mobilize. The regime wants to prevent her from mobilizing the Gabonese for the funeral of Mba Obame; however, the Gabonese people do not necessarily wait for my mother to mobilize to honor Mba Obame. Nevertheless, they deprive us of the presence of our unique emotional and material support. Where is justice in that?

We wish that justice and freedom loving Gabonese continue to mobilize, to that end, we are calling solemnly on the Gabonese government, the national and international opinion, so that our mother ANNIE LEA MEYE, the Franco-Gabonese Mrs. GEORGETTE TOUSSAINT and all other persons arbitrarily arrested and detained, to be released as soon as possible.


Done in Libreville, this Saturday, 25 April 2015

The Children of Annie-Léa MEYE




Version française

Les filles d'Annie Léa Méyé ont tenu un point de presse ce samedi au siège de Brainforest à Libreville.

Le message ci-dessous est le leur dans son intégralité (obtenu de Marc Ona Essangui)



Samedi 18 Avril, Samedi 25 Avril 2015 cela fait exactement une semaine, c’est-à-dire sept longues journées que notre mère, notre maman, Annie-Léa Méyé a été kidnappée à 05 heures du matin par les forces de l’ordre à la solde du régime. Cette arrestation arbitraire perpétrée sans mandat, ni convocation officielle, s’est opérée dans l’illégalité totale et dans la violence absolue.

En effet, nous avons été violemment tirés de notre sommeil par le vacarme assourdissant des grilles que les agents ont défoncé sans ménagement et par le fracas de la porte centrale de notre maison qui a littéralement explosé. Aussitôt notre domicile a été pris d’assaut par une vingtaine d’hommes sans uniformes et surexcités lourdement armés se réclamant des forces de police nationale .Durant leur mise à sac de notre maison, ils nous ont proféré des menaces et des injures et ont molesté notre mère sous nos yeux. Ni nos pleurs, ni les supplications de ma mère de nous épargner, n’ont pu les tempérer dans leur basse besogne.

La dernière image qu’on garde de notre mère est celle d’une femme molestée, mais digne, tenant à rassurer tant bien que mal ses enfants et, c’est alors qu’elle a été conduite de force vers une destination inconnue.

Depuis, ce jour, notre vie de famille, notre vie d’enfants est à jamais bouleversée par les circonstances particulièrement traumatisantes et humiliantes de l’interpellation brutale et barbare de notre mère.

A l’opinion nationale et internationale, nous tenons à préciser que notre mère, Annie Léa MEYE, est engagée dans la vie associative et ensuite en politique depuis plus de dix ans. C’est à ce titre que, comme tous les Gabonais épris de Démocratie et luttant pour l’avènement d’une alternance politique au Gabon, notre mère a été profondément ébranlée par le décès de Monsieur André MBA OBAME à Yaoundé le dimanche 12 avril 2015. Depuis ce jour, elle a consacré tout son temps à mobiliser les militants et sympathisants de l’UNION NATIONALE et plus largement de l’opposition pour préparer, dans le respect et la dignité, les obsèques d’AMO. A aucun moment, notre mère n’a prôné ou manifesté une quelconque action de violence dans son engagement politique. D’ailleurs, comment l’aurait-elle pu, elle, mère courageuse et dévouée, qui élève seule ses cinq enfants que nous sommes, depuis plus de dix ans. De plus, son emploi du temps de dimanche 12 avril ne permet pas de l’impliquer dans cette affaire.

A l’encontre de ceux qui accusent notre mère d’être à l’origine des incidents ayant conduit à l’incendie de l’ambassade du Benin, nous tenons à préciser que notre mère a toujours combattu pour des valeurs nobles que sont : la Démocratie, la Liberté, la justice, l’Egalité et le respect de la vie et de la dignité humaine. C’est avec ces valeurs qu’elle élève sa famille et qu’elle est reconnue et appréciée par ses amis et crainte par ses adversaires politiques.

Arrêtée samedi 18 avril 2015 à l’aube, je n’ai pu revoir ma mère, pour la toute première fois que le mercredi 22 avril, soit après cinq jours de détention dans les locaux du B2. De cette première visite, j’ai relevé avec inquiétude la dégradation de son état de santé, vu qu’elle a observé une grève de la faim et qu’elle n’a pas eu accès à ses médicaments contre l’hypertension artérielle.

Par ailleurs, nous savons que la véritable raison de son arrestation est sa capacité de mobilisation. Le pouvoir veut l’empêcher de mobiliser les Gabonais pour les obsèques de Mba Obame or, les Gabonais n’attendent pas forcément ma mère pour se mobiliser afin de rendre hommage à Mba Obame. Cependant, il nous prive de la présence de notre unique support affectif et matériel. Où est la justice dans cette affaire ? 

Nous souhaitons que les Gabonais épris de justice et de liberté continuent à se mobiliser, à cet effet, nous interpellons solennellement le gouvernement gabonais, l’opinion nationale et internationale afin que notre mère ANNIE-LEA MEYE, la Franco-Gabonaise Madame GEORGETTE TOUSSAINT et toutes les autres personnes arbitrairement arrêtées et détenues soient libérées dans les plus brefs délais.


Fait à Libreville ce samedi 25 avril 2015

Les enfants d’Annie-Léa MEYE




Pictures from Paris/Images de Paris











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