ÉDITION TRIPLE: 1) MOUNDOUNGA DANS L’EMBARRAS; 2) MAMBOUNDOU ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME; 3) NKOGHE-BEKALE PREMIER MINISTRE?




La rentrée de Moundounga a été tout sauf effective

Largement conspué par le milieu enseignant, du moins dans sa représentation syndicale, le ministre de l’éducation nationale « de l’émergence », Séraphin Moundounga était attendu au tournant par les syndicats de l'éducation, qui lui ont démontré que toutes les vociférations d’un ministre ne valaient pas la présence dans les salles de classe des enseignants. Séraphin Moundounga vient d’apprendre à ses dépens qu’hurler des ordres et faire dans les décibels, sont à proscrire quand on traite d’un dossier aussi chaud, nécessitant le dialogue dans le calme avec les syndicats. Séraphin Moundounga vient d’apprendre à ses frais que bouder ses interlocuteurs syndicaux et ignorer leurs revendications soit une formule désastreuse. La rentrée des classes que Moundounga voulait effective ce Lundi, ne l’a été que dans les écoles privées, dont les enseignants et les problèmes sont logés à une enseigne différente de ceux du public. Dans le secteur publique, la rentrée n’a pas été effective, suite au mot d’ordre de gèle de la rentrée par les syndicats qui reprochent à Moundounga d’avoir laissé en friche les dossiers brûlants soumis à son attention par ces syndicats. Nous en parlions déjà dans un billet publié hier, qu’attendre que des écoles dont les dirigeants n’ont été nommés par Moundounga de manière très expéditive, que vendredi dernier, soient fonctionnelles à peine quelques jours plus tard est une autre rêverie des émergents. Quel est ce pays où on nomme les responsables d’écoles quelques jours avant la rentrée ? Parmi ces nominations, il y a des enseignants qui doivent déménager, déplacer leurs propres enfants, effectuer la procédure administrative du rapprochement d’époux le cas échéant, etc. Comment voulez vous qu’ils soient opérationnels quelques jours après la nomination ? On peut ajouter à cela, le fait que Moundounga n’ait toujours pas de solution pour les 1200 enseignants sans poste budgétaire, c'est-à-dire sans salaire. Comment croire que ces 1200 enseignants n’aient pas de famille à nourrir ? Ou d’enfants à soigner ? Ou encore simplement que ces enseignants ne mériteraient pas de vivre normalement ? Face à ces revendications, Moundounga joue au bélier et avance tête baissée avec ses dogmes et ses hurlements ; attitude qui concoure à une atmosphère glaciale entre les syndicats et son ministère. Pourtant Moundounga, l’homme qui déclare vouloir d’une éducation d’élite pour tous les gabonais, devrait savoir qu’une rentrée scolaire se prépare minutieusement, que les enseignants doivent mettre en place leurs programmes de cours, leur liste d’élèves et de fournitures scolaires. On ne peut pas affecter les gens à quelques jours de la rentrée et espérer que ces gens soient prêts à démarrer au quart de tour.

La rentrée timorée observée ce Lundi 4 octobre, doit mettre Moundounga dans une situation pour le moins inconfortable, lui qui affirmait avoir tout mis en œuvre pour que la rentrée soit effective sur l’ensemble du territoire. Bientôt il va devoir pour Moundounga, de faire un choix: poursuivre l'action d’antagonisme face aux syndicats, ou calmer le jeu avec ces syndicats, pour que les deux camps apprennent à travailler ensembles dans le respect mutuel, afin que des solutions soient trouvées aux récurrents problèmes une fois pour toute. Il ne fait aucun doute que tant que Moundounga brandira les menaces, invectivera les enseignants en leur intimant ordre sur ordre ; côté des syndicats la même perplexité sera de mise. Dans un dossier aussi sensible que celui du traitement social des enseignants gabonais, il y aura certainement des arbitrages délicats à faire et les deux camps devront à un moment ou un autre trouver un compromis. C’est le propre de la négociation. Ce n’est pas avec un ministre dont la méthode est : « ou vous accepter mes diktats, ou on passe en force contre l'avis de tout le monde », que les choses avanceront. Espérons pour les écoliers gabonais que Moundounga a appris ce Lundi qu’aussi puissant qu’il croit l’être, l’enseignant dans la salle de classe est maitre de la situation. Si les enseignants refusent de reprendre les cours, Moundounga ne peut faire grand-chose. Il lui faut renouer le dialogue avec les syndicats dans un tout autre esprit que ce qui a été jusque là. La balle est dans le camp de Moundounga. Reste à savoir s'il acceptera de faire des concessions, ou alors il poursuivra bille en tête, les mêmes méthodes, au risque de déclencher à nouveau un mouvement de contestation qui risque de paralyser encore plus la rentrée scolaire.



Mamboundou entre le marteau et l’enclume



Un regard du discours populaire des gabonais suite à la rencontre entre Mamboundou et Ali Bongo, laisse apparaitre des zones de turbulences pour le leader de l’UPG. Pendant que de plus en plus de gabonais observateurs voient dans cette rencontre l’esquisse d’un potentiel désaveu des postures UPGistes d’entant, et la possible adoption d’une position commune avec Ali Bongo, le bureau directeur de l’UPG dans un communiqué tentait de prendre ses distances avec cette façon de voir les choses. Dans un communiqué officiel publié à Libreville ce weekend, l’UPG tentait de neutraliser la polémique née de cette rencontre parisienne. Mais ce communiqué au lieu d’éclairer les gabonais, vient plutôt semer la confusion et fini par ressembler à une tentative de sauvetage d’une noyade politique. Ce communiqué veut banaliser la rencontre, en la présentant comme un tête à tête anodin entre un chef de l’opposition et le chef « institutionnel » qu’est le président d’un pays. En fait, le communiqué officiel de l’UPG voudrait nous convaincre que cette rencontre n’a pas eu lieu entre Mamboundou et Ali Bongo mais, entre le chef de l’UPG et chef de l’état gabonais. Et comme en politique, cela arrive souvent ; cette rencontre deviendrait donc subitement banale. Chacun est dans son rôle, ont voulu dire les membres de l’UPG dans leur communiqué, quand on lit entre leurs lignes. Mais ce que nos amis UPGistes oublient, c’est que les nombreux observateurs gabonais ont désormais la toile de fond de l’histoire politique récente du Gabon, comme référence. Si Mba-Abessole, ou Agondjo pouvaient proposer ce genre de jonglerie explicatives à leur public dans les années 90, pour justifier des rencontres avec Omar Bongo, le gabonais d’aujourd’hui trouve ces justificatifs simplement inacceptables. Ces gabonais qui ont ces derniers temps des mots très durs à l’encontre de Mamboundou, dressant un parallèle entre ce dernier et les pirouettes de Mba-Abessole ou celles de Kombila, ne sont pas des « sirènes » comme veut le croire le communiqué de l’UPG, mais à notre avis, des compatriotes profondément irrités qu’un autre « opposant » gabonais leur fasse le coup de la volte-face politique. Ces gabonais expriment simplement des regrets face à ce qui se profile comme un ralliement. Si les gabonais ont été heureux de voir Mamboundou en santé, grande a été leur peine de constater que sa première sortie médiatique ait été faite dans le cadre d’une quasi allégeance au nouvel homme fort du Gabon. C’est cette image dans l’esprit des gabonais, qui occasionne en eux la conclusion que Mamboundou ait peut être préféré une carrière crépusculaire dans l’axe du pouvoir. Voici pourquoi, à notre avis, il sera difficile à Mamboundou d’essayer de jouer sur les deux tableaux, celui du pouvoir et de l’opposition ; sur le model de Mba-Abessole encore appelé la convivialité. Les gabonais rejettent cette idée. Même le communiqué de l’UPG est symbolique de la difficulté à expliquer clairement le mobile de la rencontre entre Ali Bongo et Pierre Mamboundou. Ce document vacille entre les explications techniques « républicaines », et les injonctions envers les critiques. Mais les reproches croissants dont fait l’objet Pierre Mamboundou, ne sont que proportionnels à la confusion que sa déclaration suite à son entrevue avec Ali Bongo, a semée.

Il est indéniable que Pierre Mamboundou reste toujours très populaire dans son fief électoral. Mais comme on l’a vu avec Mba-Abessole, ce soutient populaire ira en s'essoufflant, si sa démarche devenait incompatible avec les attentes de ses électeurs. L’époque où les gabonais restaient fidèles aux hommes politiques en dépit de leur changement de direction, est révolue. La rencontre avec Ali Bongo à Paris a déjà couté à Mamboundou, bien de sa splendeur. D’autres rencontres et déclarations de ce genre, le feraient apparaitre avec encore moins d'éclat qu'auparavant. Ali Bongo peut faire de Pierre Mamboundou un grand salarié de la république, en retour d’un ralliement officiel. Mais le prix à payer pour Mamboundou sera énorme, en ce sens que son épitaphe politique serait totalement détruite et l’histoire ne lui serait pas clémente. N’oublions pas que Mba-Abessole a l’avantage d’avoir été le premier grand « opposant » du tournant des années 90. Il a l’avantage d’avoir formé l’un des grands partis de masse ayant véritablement fait chanceler le pouvoir Bongo. Agondjo vient ensuite avec un autre parti ayant fait bouger les choses au Gabon. Mamboundou à son apogée n’a pas connu les mêmes hauteurs que Mba-Abessole des années 90. Il lui faut donc négocier avec dextérité son entrée dans l’histoire. Si Mamboundou suit la voie de Mba-Abessole, il sera vite oublié par les Gabonais car il ne sera qu’une imitation de Mba-Abessole. Mais s’il choisi résolument de rester dans la logique de l’opposition, il perdra l’opportunité de participer à la grande foire de l’émergence, avec les avantages qui naturellement vont avec. Il est à prévoir que Mamboundou soit très utile à Ali Bongo, qui peut s’en servit comme alibi pour une nomination « d'ouverture ». Il est donc entre le marteau et l’enclume, Pierre Mamboundou. On va voir si le salaire et les honneurs seront plus forts que les convictions.



Julien Nkoghe-Bekale premier ministre ?



D’après « La Lettre Du Continent », numéro 596, du 30 septembre 2010, Julien Nkoghe-Bekale a été propose comme premier ministre en lieu et place de Paul Biyoghe-Mba. Ce choix serait motive par le désir d’Ali Bongo de se trouver un premier ministre malléable a souhait, et totalement acquis a sa cause. Deux critères bien remplis par le Nkoghe-Bekale. Tous les préalables a cette nomination sont en train d’être mis en place, dont l’initiation de Nkoghe-Bekale a la grande loge maçonnique dite Savorgnan de Brazza, une loge du Haut-Ogooué. Ils ont vraiment décidé d’en finir avec Paul Biyoghe-Mba, ces émergents.

Comments

  1. La comparaison entre mba abessolo et mamboundou est peut objectif. J'aurais bien aimé voir en quoi concrètement l'opposition de mba abess qui n'a pas traversé plus d'une présidentielle, n'a pas subit les mêmes privations a atteint une plus grande hauteur. On a du mal a comprendre qu'est qu'on veut vraiment prouver avec cette comparaison.

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  2. La comparaison entre mba abessolo et mamboundou est peu objective. J'aurais bien aimé voir en quoi concrètement l'opposition de mba abess qui n'a pas traversé plus d'une présidentielle et n'a pas subit les mêmes privations a atteint une plus grande hauteur. On a du mal a comprendre qu'est qu'on veut vraiment prouver avec cette comparaison.

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  3. Ici le terme "hauteur" fait référence á:

    1. La popularité de Mba Abessole entre 1988 et 1995 reste inégalée en ce qui concerne les opposants gabonais.

    2. Il forma ce qui restera le plus grand et plus efficace parti d'opposition au Gabon sous le règne Bongo père (le Morena qui deviendra Morena-Bucherons, puis bucherons).


    3. Ses medias furent d'une efficacité dévastatrice pour le régime Bongo. Il y avait La Clé et le Bucheron dont toute édition était très attendue par les lecteurs. Il y a eu aussi Radio Liberté que le régime fut obligé de dynamiter tant sa force de frappe était grande.

    4. Les cadres autour de Mba Abessole à cette époque étaient des gens de grande qualité.

    5. Mba-Abessole reste à ce jour le seul opposant à avoir réussi à implanter son parti dans 7 des 9 provinces du Gabon. Ceci n'est pas facile quand on connait la capacité de nuisance du PDG.

    6. Mba Abessole a battu Omar Bongo à plate couture en 1993, au point que ce dernier et la France paniquèrent et firent déclarer des résultats absurdes. Ceci n'est plus anecdotique puisque l'ex ambassadeur des USA au Gabon dans les années 90 le confirme dans ses mémoires.

    Cher compatriote, voici pourquoi il a été écrit que Mba-Abessole a dans le passe atteint des "hauteurs". Il est triste de voir ce qu'est devenu cet homme aujourd'hui. Mamboundou peut encore éviter la déchéance, mais lui seul sait quel chemin sera le sien.

    Merci

    Charlie

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