ET SI NOUS REPARLIONS DE MONSIEUR MASSARD !




Chers lecteurs, nous vous avions promis de suivre à la loupe la question des attributions des bourses. Par conséquent, suite au réexamen des dossiers des étudiants par la commission de la DGBS, nous avons voulu revisiter cette affaire de manière statistique et faire le point. Sur les 18000 dossiers envoyés initialement a la commission, environ 4000 furent traités au premier tour. Suite aux recours, le nombre de dossiers traités est passé à 6324, soit le tiers de tous les dossiers envoyés à la commission. Ce qui suppose que deux tiers des dossiers envoyés à la commission ont été éliminés dans les préliminaires. Ce qui est un taux très élevé. Trop élevé pour nous laisser indifférents. Nous allons examiner pays par pays, ce que nous disent les statistiques après les recours.

1. Gabon

Dossiers traités : 2200

Suppressions totales : 316, soit 14%

Suppressions selon les filières : a) Faculté de Médecine : 166 suppressions sur 524 dossiers traités, soit 32% ; b) Poly : 23 suppressions sur 260 soit 9%.


2. France :

Dossiers traités : 3180

Suppressions totales : 1460, soit 46%. Nous sommes passés d’un taux de suppression de 75% au premier tour, à un taux de presque 50% au second tour. En d’autres termes, on passe des ¾ des étudiants gabonais en France qui perdent la bourse, à la moitié qui ne l’auront plus. Ce taux est toujours trop élevé et ne reflète pas les résultats scolaires des gabonais de France. On ne peut pas soutenir avec une documentation en béton que la moitié des étudiants gabonais en France, ont échoué cette année. Nous nous sommes renseignés à partir d’échantillonnages sommaires mais représentatifs, et avons trouvés que le taux le plus élevé d’échec d’étudiants gabonais serait du tiers, c'est-à-dire au maximum 33% dans certaines universités ou filières, mais que la plupart des taux d’échecs que nous avons documentés vont de 5 à 20%. Le chiffre de 46% de suppression totale ne peut donc pas être attribué à l’échec scolaire. Nous prenons ici l’échec scolaire comme paramètre, car Massard lui-même avait déclaré à la télévision qu’en cas de réussite, le renouvellement de la bourse est un droit. Donc si en France, plus de 60% des étudiants gabonais boursiers passent en classe supérieure, pourquoi alors avoir un taux de suppression de 46% ? Mystère ! Nous pensons qu’une application stricte des règles refléterait un taux de suppression en France ne dépassant pas les 30%. Nous sommes disposés à débattre de notre méthodologie avec qui de droit, documents en évidences. Statistiquement, il y a des filières et écoles où 100% des gabonais ont des difficultés. Mais nous avons aussi trouvés des écoles et filières où 100% des gabonais réussissent. Donc ces extrêmes s’annulent. En nous concentrant sur les universités, filières et villes où sont concentrés beaucoup de gabonais, nous avons trouvé un taux de réussite de plus de 60%.

Suppressions selon les filières : a) Math : 30 suppressions sur 60 dossiers traités, soit 50% ; b) Biologie: 40 suppressions sur 97 soit 41% ; c) Chimie : 58 suppressions sur 137 soit 42%.

Chers lecteurs, vous remarquerez qu’en France, dans toutes les filières, les suppressions ont été revues pour toutes avoisiner les 50%. Ceci est pratiquement une impossibilité statistique car les chances que des gabonais échouent en math, en biologie et en chimie suivant exactement la même proportion ne peut tenir du hasard. Pour vous prouver que ces chiffres ne tiennent pas debout statistiquement, tenez en France, la commission a traités les dossiers de 270 étudiants en droit. Sur ces 270, la suppression a été prononcée pour 153 étudiants, soit un taux de suppression de… 57%. Vous voyez chers lecteurs, en France, la commission a tout simplement décidé de couper la moitié des bourses, et ils ont trouvé l’habillage pour le faire. Aucun statisticien regardant ces chiffres n’accepterait qu’ils représentent des données aléatoires. On est en présence de taux de suppressions prédéterminés, car chaque filière est soulagée exactement d’environ 50%. Quelqu’un devrait prendre Massard par l’oreille et le trainer devant le parlement et lui demander de nous expliquer comment son petit jeu de hasard peut donner des résultats aussi précis et prédictibles à travers divers filières aux degrés de complexité très différents, dans le même pays.


3. USA

Dossiers traités : 246

Suppressions totales : 85, soit 35%

Aux USA il est difficile de calculer les taux de suppression suivant les filières car les 246 étudiants suivent près d’une trentaine de filières différentes. La représentativité par filière est bien trop diluée pour que l’on puisse en tirer des statistiques significatives.


4. Canada

Dossiers traités : 170

Suppressions totales : 70, soit 41%

Suppressions selon les filières : a) Administration : 9 suppressions sur 18 dossiers traités, soit 50% ; b) Gestion: 6 suppressions sur 9 soit 67%.


Chers lecteurs, en lisant entre les lignes, nous restons très insatisfaits de la tournure des événements entourant les attributions de bourses, car il est de notre avis que les chiffres en disent long sur la non intégrité du processus. Quand on a la vie scolaire et l’avenir des jeunes gabonais entre ses mains, couper des bourses suivant des proportions préétablies est inacceptable. Les étudiants doivent perdre la bourse suivant des critères scolaires et non arbitraires.

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