UN ARTICLE DE L’UNION QUI MERITE ATTENTION : « Les ministres recroquevillés dans leurs localités »




L’article qui nous intéresse aujourd’hui a été publie dans le journal L’Union du 1er Octobre 2010. Mais en raison de l’abondance de thèmes qui nécessitaient que nous écrivions des billets à leur sujet, nous n’avons pas pu vous donner lecture immédiate de cet article. En fait, cet article est une double interview de messieurs Charles Mve-Ellah, le secrétaire général adjoint du PDG, et de l’ancien premier ministre et vice-président de l’UN, Jean Eyéghé-Ndong. Cet article nous a interpelé en raison du fait que des leaders politiques de certaines aires géographique et linguistique de notre pays continuent d’utiliser un langage et un comportement tribaliste pour assoir leur autorité et détourner leur communauté de la possibilité de bâtir un véritable destin commun avec toutes les composantes gabonaises. Nous avons par exemple assisté à l’exhibition honteuse de Guy Nzouba-Ndama, qui au plus fort de la dernière présidentielle, invitait les populations de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué à se souvenir que le régime Bongo n’avait que deux pieds qui étaient représentés par ces deux provinces. Comment voulez vous qu’on puisse prendre un personnage pareil au sérieux en tant que président d’une assemblée nationale ? Nous avons entendu Rose Rogombé aller à Port-Gentil en tant que président de la république et y tenir un langage sectaire rétrograde envers les communautés qui ne seraient pas « originaires » de cette ville. Quel crédit peut-on accorder à cette femme en tant que personnage d’état ? Le malheur est de constater qu’aujourd’hui encore, pour beaucoup de responsables politiques gabonais, le Gabon ne va pas au delà de leurs frontières ethniques, à tel point que le fonctionnement des administrations républicaines demeure tributaire du paradigme ethnique. Le Gabon est ainsi ethnicisé à outrance. Cette ethnicisation commence bien évidement à la présidence. Vu le mode de fonctionnement du Gabon, il y a vraiment lieu de s'interroger sur le lien qui peut exister, dans la tête des bongoïstes, entre l'ethnicité et les méthodes managériales ou politiques. Le Petit Robert définit le tribalisme comme une « organisation sociale prenant la tribu comme critère de vie, de promotion sociale ou de développement, elle vise la coordination des activités et des tâches en vue de la tribu tant sur le plan politique, social que culturel ». Au Gabon, bien des ministres créent des cercles d’alliance pour fidéliser leurs soutiens. Ces cercles se sont bourrés de courtisans et aboutissent à une espèce de réseau tentaculaire mafieux qui parraine tout, fait des dons à tout vent, et développe à termes une certaine capacité d’influence. L’impression au Gabon est que si vous ne faites pas partie de ces réseaux, vous êtes perdu en ce qui concerne votre avenir professionnel ; car ce qui compte, c’est la relation personnelle, filiale ou tribale qui conduit au pouvoir central. On débouche finalement sur un omniprésent népotisme, car il faut aider les parents, les parents des amis, les amis des amis des amis, les alliés et les alliés des alliés. Bref tout un labyrinthe de relations qui fini par étouffer le fonctionnement du pays. Ce sont là les dures réalités auxquelles nous devons faire face dans le Gabon des Bongo. Il faut pourtant faire accepter aux gens que le Gabon est constitué d’une diversité ethnique et bâtir la nation sur cette diversité.

Chers lecteurs, le problème soulevé par cet article de l’Union est un drame national; c’est un boulet attaché à notre pays qui se perpétue depuis 43 ans. Vous pouvez lire l’intégralité de ce journal ci-dessous.






















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