THE ECONOMIST MAGAZINE CONFIRMS THAT GABON IS BANKRUPT. LE MAGAZINE THE ECONOMIST NOUS CONFIRME QUE LE GABON EST EN BANQUEROUTE





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Gabon: essayer de vivre sans le pétrole

Un pays africain éprouve des difficultés à se diversifier

6 août 2016 | LIBREVILLE

Le Gabon, en Afrique du centre-ouest, est parmi les pays les moins densément peuplés d'Afrique. Survolez le sud de la capitale, Libreville, en hélicoptère et vous verrez surtout la forêt tropicale, s’étirant interminablement à l'infini, interrompue seulement par les rivières se jetant dans l'océan Atlantique. Pourtant, tout à coup, près d'une ville appelée Mouila, la forêt dense cède la place à des rangées ordonnées de palmiers, séparés par des routes de terre rouge. Une usine de traitement se trouve au milieu, son toit en métal se distingue de l'étendue de verdure.

C’est la plus récente des plantations de palmiers à huile d'Afrique. Construite par Olam, une vaste multinationale agricole basée à Singapour, elle devrait couvrir à terme 50000 hectares (120000 acres) et employer quelques 15000 travailleurs. C’est la preuve principale du plan du président Ali Bongo Ondimba visant à réduire la dépendance du Gabon sur le petrole, qui en 2014 a compté pour les quatre cinquièmes des recettes d'exportation du pays. M. Bongo, qui fait face à une élection à la fin de ce mois-ci, semble déterminé à diversifier son pays. Pourtant, c’est plus difficile qu'il ne veut l’admettre. Le Gabon fait la démonstration de comment le pétrole peut orienter le sort d'une nation et combien il est difficile de s’éloigner de la substance noire.

Avec seulement 1,8 million d’habitants, le Gabon est un nain. Mais il est spacieux, deux fois la taille de l'Angleterre et riche en ressources. Le revenu national brut par habitant était d'environ 9000 dollars en 2015, parmi les plus élevés d’Afrique. Le Gabon a longtemps eut une influence au-dessus de son poids, en Afrique francophone de l'Ouest, en grande partie grâce au père de M. Bongo: Omar, qui a servi comme président de 1967 jusqu'à sa mort en 2009. Le père Bongo avait un flair pour la politique qui était aussi considérable que sa personnalité (entre autres faiblesses, il aimait à montrer son tigre de compagnie à ses invités). Il devint un ami proche de François Mitterrand, président de la France dans les années 1980, ainsi que mentor d’une génération de politiciens au Congo-Brazzaville et en Guinée équatoriale voisins.

Cela a assuré la stabilité, et a fait du Gabon une obsession constante de la presse française. Ce que tout ceci n’a pas produit, par contre, fut la prospérité. Lorsque Bongo est mort, il a laissé son pays avec un système politique bâti essentiellement sur le partage des revenus pétroliers entre une classe de bureaucrates repus. Environ un quart de la population vit toujours avec moins de 3 dollars par jour. Les Bongo eux-mêmes vivent de façon spectaculaire: la famille est supposée posséder 39 propriétés rien qu’en France. Leurs avoirs sont encore sous enquête par les autorités françaises. En quatre décennies sous Bongo père, très peu a été construit au Gabon, en dehors de quelques immeubles à bureaux grandioses et un chemin de fer extraordinairement coûteux, allant de Libreville jusqu’à la ville des Bongo, Franceville.

C’est de ce gâchis que son fils-un des 52 enfants officiellement reconnus, a hérité en 2009 et promet maintenant de réparer. Parlant à The Economist, depuis le palais présidentiel de Mouila (un des nombreux palais), il prend soin de défendre son père. «J’ai trouvé le pays en paix», dit-il de ce qu'il a hérité. Mais il admet que le travail va être dur. "Fondamentalement, nous sommes un pays qui se base sur les ventes de matières premières," dit-il. Maintenant, il dit croire que le Gabon a besoin de faire de la manufacture et de l'agriculture.

L'investissement d’Olam est le plus grand symbole de ce vœu. La société est non seulement en train de planter des arbres, elle est également embarquée dans la construction d'un nouveau port pour expédier l'huile de palme. Elle est impliquée dans l'implantation d'une zone économique spéciale à la périphérie de Libreville, que le président espère transformer en un cluster de manufacture. Olam a été persuadé de venir au Gabon par la combinaison d’un sol fertile, de la stabilité politique et d’un gouvernement flexible, dit Gagan Gupta, le patron local d’Olam.

Pourtant, le Gabon reste un endroit où il est difficile de faire des affaires pour tous ceux qui ne sont pas dans le domaine de l’extraction pétrolière. Dans une usine malaisienne située dans la zone économique spéciale, d'énormes tas de bois de sciage sont transformés en portes et tables. L'idée, qui a pris forme avec le président, est de transformer plus de bois gabonais dans le pays. L'exportation de grumes a été interdite, mais celle des planches sciées continue. Cependant, cette entreprise est en difficulté. "Nous ne pouvons pas faire de bénéfices», se lamente Cheah You Wok, le directeur de l'usine. Son patron dit qu'il espère que le gouvernement va introduire des taxes douanières sur les meubles importés.

Le risque maintenant est que la croissance fasse marche arrière vu que les prix du pétrole s’écroulent ; et que la nécessité de payer les salaires avant une élection vienne mettre un frein à la construction d'infrastructures. Seulement 20% du plan d'infrastructure du gouvernement a été mis en œuvre, dit Sylvie Dossou, le représentant de la Banque Mondiale dans le pays. Les financements ont été coupés pour presque tout. Pratiquement, les seuls projets qui continuent sont liés à la Coupe d'Afrique des Nations de football, que le Gabon accueille l'année prochaine. Le gouvernement doit quelques 162 milliards de Franc CFA (270 millions de dollars) de factures impayées aux entreprises. Pourtant, M. Bongo parle toujours fièrement d’avoir offert aux fonctionnaires une augmentation de salaire de 30%.

Après la frénésie électorale, attendez-vous à une gueule de bois. À la fin de l'année, le Gabon est susceptible d'avoir besoin d'un renflouement, d’un plan de sauvetage financier, probablement du FMI. Ce sera certainement accompagné de conditions inconfortables. Un autre état riche en pétrole, l'Angola, a demandé un renflouement en Avril, mais a changé d'avis le mois dernier, sans doute parce qu'il aurait été exigé à sa compagnie pétrolière nationale Sonangol, de s’ouvrir à l'examen. Si M. Bongo reste au pouvoir, ce qui semble probable, il fera face à une turbulente année 2017.

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