IF JEAN PING WANTS TO CONVINCE, HE MUST BE MORE EXPLICIT. SI JEAN PING VEUX CONVAINCRE, IL DOIT ÊTRE PLUS EXPLICITE

Jean Ping (photo: AFP)


English version

Conceptually, the opposition to a regime or to a way of doing things, to the governance of a country, is not necessarily synonymous with a political party. A political party is an association of persons advocating the same ideas, wishing to be elected to govern and to implement these ideas. The drama in Gabon regarding all political parties is to have a leadership whose personality overrides structures, ideology and the vision of these parties. This chronic situation is mainly due to the fact that, throughout the existence of the single party system that lasted 23 years, only the cult of power was important and there was no incentive to inspire or to communicate any political vision to the Gabonese society. Only Omar Bongo’s cult of personality mattered.

Thus in 1990, when the multiparty system was authorized in Gabon, the existence, popularity and survival of political parties became based on the aura and charisma of their founder, who will remain throughout the chairmen of these parties. The result was often that at the disappearance of these leaders, the party ceased to exist or become totally insignificant. The death of the leader led to infighting that steered to the creation of rival wings that all claim loyalty to the founding father. For this blog, whether in power or in opposition, all Gabonese political parties share these characteristics. The PDG of all parties, may have been the one that was most affected by the death of its founder. In 2009, the Gabonese political observers would have thought that the longevity of Omar Bongo in power could have consolidated his party the PDG, and create cohesion among his followers. But the reality will prove otherwise, as the death of Omar Bongo after 42 years in power, will cause the PDG to explode; the son of Omar Bongo would assert his right to filial inheritance and other political "sons" of Omar Bongo would decide to fly on their own in opposition to the son they believe to be an impostor. With the logical result being that many defectors from the PDG now find themselves in the opposition. Yesterday, Casimir Oye Mba, André Mba Obame, Jean Eyeghe Ndong etc., left the PDG to openly oppose Ali Bongo. Today it is Jean Ping who has just done the same and the phenomenon is not about to stop.

One should really be of rare naivety, or deeply childish to think to give credit to any person who, after a lifetime spent cozying up to a dictatorship, would all of the sudden express their stance against that dictatorship and for democracy in Gabon. There are so many hyper-corrupt demagogues who claim to be politically opposed to the Bongo regime, we should be very careful. The transition from the regime to the opposition is strewn with pitfalls and is not always easily navigable to all. We saw Casimir Oye Mba who despite his great experience, had difficulties to emerge as a leader of men in the opposition. The defectors of the regime who have best succeeded in opposition, did so because of their political courage and their ability to clearly articulate the contours of their break with the Bongo regime. It is through Jean Eyeghe Ndong political courage when he declared his disagreement with the hereditary succession in front of foreign heads of state at the funeral of Omar Bongo, that the Gabonese people accepted Jean Eyeghe Ndong as an opponent to the regime. As so aptly analyzed previously by the Gabonese intellectual Dr. Guy Nang Bekale, the successful transition of André Mba Obame in the opposition was the result of a popular, if not populist, communication strategy, through which he went to find the Gabonese people wherever they were, to explain to them the merits of his action and his break with the PDG. If Jean Ping wants to succeed his transfer, he must develop a communication strategy similar to those of Jean Eyeghe Ndong and André Mba Obame and speak freely and clearly about his vision, his strategy and his action (if any) for Gabon.

What is clear today in Gabon, is that the opposition can no longer be the domain of charismatic individuals who use their reputation to give themselves political wings. This blog believes that there is only one opposition in Gabon; and that only real opposition is embodied by the people! But that is why Ping should respect the people by speaking to them clearly in order to avoid manipulation and irresponsible and cynical charges of demagoguery.


Version française

Conceptuellement, l’opposition à un régime, ou à une façon de faire, de gouverner un pays, n’est pas forcément synonyme d’un parti politique. Un parti politique est une association de personnes défendant les mêmes idées, qui souhaitent se faire élire et gouverner pour concrétiser ces idées. Le drame au Gabon au sujet de tous les partis politiques est celui d'avoir un leadership dont la personnalité supplante les structures, l'idéologie et la vision des dits partis. Cette situation chronique est dû principalement au fait que, durant toute l’existence du parti unique qui a duré 23 ans, seul le culte du pouvoir importait et on n’a ni su insuffler, ni su communiquer une quelconque vision politique à la société gabonaise. Seul le culte de personnalité d’Omar Bongo importait.

Ainsi en 1990, quand le multipartisme est autorisé au Gabon, l'existence, la popularité et la survie des partis politiques va reposer sur l'aura et le charisme de leur fondateur, qui dans l’ensemble resteront les seuls présidents de ces partis. La conséquence a été souvent qu’à la disparition de ces leaders, les parti cessent d'exister ou deviennent totalement insignifiants. La mort du leader conduit à des luttes intestines qui aboutissent à la création d'ailes rivales qui se réclament toutes de la fidélité du père fondateur. Pour ce blog, qu'ils soient du pouvoir ou de l'opposition, tous les partis politiques gabonais partagent ces mêmes caractéristiques. Le PDG, de tous les partis, a peut-être été celui qui a le plus été affecté par la disparition de son fondateur. En 2009, les observateurs de la politique gabonaise auraient pu penser que la longévité au pouvoir d’Omar Bongo aurait pu consolider son parti le PDG, et créer une cohésion parmi ses disciples. Mais la réalité se révèlera autre, car à la mort d’Omar Bongo après 42 ans de pouvoir, le PDG va exploser; le fils d’Omar Bongo va faire valoir son droit à l’héritage filial et les autres «fils» politiques d’Omar Bongo vont se démarquer pour voler de leurs propres ailes en opposition au fils qu’ils estiment être un imposteur. C’est de cette logique que découlent les nombreux transfuges du PDG qui se retrouvent aujourd’hui dans l’opposition. Hier Casimir Oye Mba, André Mba Obame, Jean Eyeghe Ndong etc.; quittaient le PDG pour s’opposer ouvertement à Ali Bongo. Aujourd’hui c’est Jean Ping qui vient de faire de même et le phénomène n’est pas près de s’arrêter.

Il faut vraiment être d'une rare naïveté, être profondément puérile, pour penser accorder un quelconque crédit à toute personne qui après toute une existence au sein d’une dictature, se déclare contre cette dictature et pour la démocratie au Gabon. Il y a tellement de démagogues hyper-corrompus qui se targuent d'être des politiciens opposants au régime Bongo, qu’il faille faire très attention. Le passage du régime à l’opposition est parsemé d’embuches et il n’est pas toujours aisément navigable à tous. On a vu un Casimir Oye Mba qui malgré sa grande expérience, éprouva des difficultés à s’affirmer comme un meneur d’hommes dans l’opposition. Les transfuges du pouvoir qui ont le mieux réussis dans l’opposition, l’ont fait à cause de leur courage politique et de leur capacité à clairement articuler les contours de leur rupture avec le régime Bongo. C’est grâce au courage politique de Jean Eyeghe Ndong quand il proclama son désaccord à la succession héréditaire devant les chefs d’Etats étrangers lors des obsèques d’Omar Bongo, que les Gabonais acceptèrent Jean Eyeghe Ndong comme un opposant au régime. Comme l’a si bien analysé en son temps l’intellectuel Gabonais, Guy Nang Bekale, la réussite du passage d’André Mba Obame dans l’opposition est la résultante d’une stratégie de communication populaire, sinon populiste, qui allait à la rencontre des Gabonais là où ils se trouvaient, pour leur expliquer le bien-fondé de son action et de sa rupture avec le PDG. Si Jean Ping veut réussir son transfert, il lui faut élaborer une stratégie de communication comme celles de Jean Eyeghe Ndong ou André Mba Obame et parler librement et clairement de sa vision, de sa stratégie et de son combat (s’il en a un) pour le Gabon.

Force est de constater qu’aujourd’hui au Gabon, l’opposition ne peut plus être l’affaire d’individus charismatiques qui se servent de leur réputation pour se donner des ailes politiques. Ce blog est d’avis qu’il n y a qu’une seule opposition au Gabon; la seule et vraie opposition est incarnée par le peuple! Or c’est ce peuple que Ping doit respecter en s’exprimant devant lui de manière claire pour éviter les manipulations et les charges de démagogies irresponsables et cyniques.

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