JONAS MOULENDA WRITES TO MARIE MADELEINE MBORANTSUO. JONAS MOULENDA ÉCRIT À MARIE MADELEINE MBORANTSUO

Photo: Moulenda




English Version


We reproduce here a letter written by the Gabonese journalist Jonas Moulenda, to the attention of the President of the Bongos’ Constitutional Court. Following this letter, we publish a subsequent communication of the same reporter, indicating that the regime's henchmen are in his pursuit. The content of both document is in French as we have not yet had the time to translate them.


Courage Mr. Moulenda!



Version française


Nous reproduisons ici une lettre écrite par le journaliste Gabonais Jonas Moulenda, à l’attention de la Présidente de la Cour Constitutionnelle des Bongo. A la suite de cette lettre, nous publions une subséquente communication du même journaliste, signifiant que les sbires du régime soient à ses trousses.


Courage Monsieur Moulenda!



Lettre au Président de la Cour Constitutionnelle
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Madame le Président,


VOUS envisagerez, peut-être, de me retirer la nationalité gabonaise, lorsque vous lirez cette lettre, qui vient vous dire sans fioritures ce que j’ai sur le coeur. De toute façon, je suis habitué aux coups durs. « Celui qui est déjà mouillé ne craint pas la pluie », disait mon grand-père.


Je voudrais m’appesantir aujourd’hui sur les violations flagrantes de la loi par le président de la République que vous avez imposé au peuple gabonais en 2009. Il ne cesse de fouler aux pieds la Constitution de la République mais vous restez motus et bouche cousue. Fort de votre laxisme, il se vautre dans l’illégalité, ce qui est logique dans une certaune mesure. Mon aïeul disait : « Lorsque le singe tombe d’un arbre, s’il ne se blesse pas, il reprend à jouer.»
Madame le président, l’article 83 de la Constitution dont vous êtes la gardienne en tant que juge dispose que « la Cour constitutionnelle…..garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics. » Si vous demeurez laxiste, vous risquez fort bien d’être tenue pour coresponsable des agissements désinvoltes de votre protégé et d’en pâtir. « Le mortier qui reçoit et accepte tous les coups finit par se trouer un jour », m’expliquait mon papy.


Le président de la République vient de laisser l’Etat six mois durant sans disposer de budget. Il a violé ainsi l’article 48 de la constitution qui impose au gouvernement de mettre en place le budget de la nation dès le 1er janvier de chaque année. Il a donné du grain à moudre aux pourfendeurs intéressés de sa fameuse politique de l’émergence. Mon grand-père me faisait comprendre que « la joie de la mouche tsé-tsé est de voir le pêcheur au bord du marigot. »


La loi des finances votée en fin d’année 2013 par le gouvernement de Raymond Ndong Sima n’ayant pas été mise en place dès le 1er janvier 2014 semble indiquer que votre protégé n’a jamais promulgué cette loi.


Par ce fait, il a violé sans état d’âme les dispositions de l’article 17 de la constitution qui disposent que « le président de la République promulgue les lois définitivement adoptées dans les 25 jours qui suivent leurs transmission au gouvernement…..A défaut de promulgation de la loi par le président de la République dans les conditions et délais ci-dessus, il doit déférer le texte à la Cour constitutionnelle… » Je m’y attarde aujourd’hui parce que vous avez prêté le flanc. Mon aïeul disait : « La mouche n’entre pas dans une bouche ouverte. »


Avez-vous été saisi des difficultés qu’éprouvait le chef de l’Etat pour promulguer cette loi des finances, comme le lui impose le même article 17 de la constitution ? Avez-vous statué sur cette requête ? Quelle décision avez-vous prise lorsque vous avez constaté ces violations flagrantes de la loi ? Le peuple ne vous a pas entendu sur ce vide juridique qui a vu le Gabon passer 6 mois sans budget. Au lieu de monter au créneau pour ramener de l’ordre à la maison, vous passez votre temps à faire des dithyrambes en faveur d’un président qui ne respecte pas la légalité. Cela ne règle pas les problèmes. « Dorloter un enfant malade ne le guérit pas », aimait à dire mon papy.


Le chef de l’Etat vient de faire adopter en Conseil des ministres un projet de loi de finances rectificatif pour l’année 2014. Il a convoqué le parlement pour cela en cession extraordinaire pour le voter. Mais, vous qui êtes en charge de la régulation du fonctionnement des institutions au sens de l’article 83 de la constitution, avez-vous reçu des explications du gouvernement sur la façon dont il a agi pour permettre aux institutions de la République de fonctionner normalement pendant six mois sans argent ? Il faut demander des comptes au gouvernement pour éviter d’autres errements. Mon grand-père me faisait comprendre que « celui qui s’est brûlé la langue n’oublie pas de souffler même sur un plat froid. »


Comment le président a-t-il fait pour payer les salaires, les charges courantes, ses couteux déplacements ? Dans quelle caisse a-t-il pris les centaines de millions avec lesquels il vient de corrompre certains partis politiques et personnalités qui ont rejoint son fameux pacte social ? Si vous ne montez pas au créneau, il ne pourra pas rectifier ses erreurs de casting et s’amender. « Le chien sait aboyer mais il ne sait pas rire », disait encore mon aïeul.


En tant que régulateur, pouvez-vous nous dire sur quelle base juridique le gouvernement a utilisé l’argent public pendant les six premiers mois de l’année ? Il semble que ce laissez-faire budgétaire est sa marque de fabrique depuis 2010. Le rapport récent du Fond Monétaire International (FMI) que nous avons rendu public la semaine dernière accable durement votre protégé sur ce fait. Il doit donc supporter d’un seul front les quolibets qui pleuvent sur lui à ce sujet. « Celui qui présente le dos ne doit pas se plaindre des coups qu’il reçoit », relevait mon papy.


Plusieurs diplomates n’ont pas pris des gants pour écrire que la gestion financière de votre protégé contribue au brouillage de l’image fidèle des finances publiques. Car « ….ni le gouvernement ni le parlement n’ont en temps utile une image fidèle de la situation financière de l’Etat… » Ce brouillage favorise la corruption et la baisse de confiance des opérateurs en notre économie. Puisque le président n’aime pas les critiques, qu’il cesse de poser des actes qui l’y exposent. Mon grand-père disait : « Si le chien n’aime pas regarder en haut, il doit pas chasser les perdrix »


D’autres faits de violation de la constitution du Gabon par le chef de l’Etat peuvent s’ajouter à celles évoquées plus haut. Ainsi, votre protégé à maintes reprises viole son serment tel qu’il se décline à l’article 12 « je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais en vue d’assurer son bien être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la constitution et l’Etat de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d’être juste envers tous ». Pour qui travaille-t-il finalement ? Il s’est installé au pouvoir par simple plaisir. Il ne s’en sert pas pour le bien-être des Gabonais. Finalement, je donne raison à mon aïeul, qui disait : « La grenouille ne mange pas du riz mais il se sent bien dans la rizière. »


Le peuple gabonais vit aujourd’hui sans pouvoir assurer les soins de base, sans jouir de toutes les libertés fondamentales, sans pouvoir s’alimenter au regard du coût des produits alimentaires, sans pouvoir scolariser leurs enfants, sans pouvoir se loger, sans disposer de l’eau potable et de l’électricité dans leurs maisons. Nouveauté sans disposer d’essence dans les stations service. Le président n’a pas les solutions aux problèmes de ses concitoyens. « Si le lézard connaissait le médicament de la rougeole, il ne serait pas tacheté », me faisait observer mon grand-père.


Votre très protégé viole également l’article 14 de la constitution qui dispose que : « les fonctions de président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute autre fonction publique et activité privé à caractère lucratif ». Il préside le conseil d’orientation de l’agence nationale des grands travaux. Il demeure un président commerçant, ayant des intérêts lucratifs dans l’immobilier, l’aviation de luxe, l’hôtellerie, le bois et d’autres services financiers. Il ne peut pas faire tout à la fois. C’est encore mon aïeul qui m’expliquait que « l’éléphant ne peut pas courir et se gratter les fesses en même temps. »


Madame le président, qui jouit de l’hôtel particulier acquis à Paris pour 65 milliards de Fcfa dont la gestion est confiée à une société civile immobilière dont le gérant n’est autre que son directeur de cabinet Maixent Accrombessi? Qui a acheté la société Sonapresse éditrice du quotidien l’Union ? Qui vient d’acheter les locaux qui abritent la société Sogapress qui distribue les journaux au Gabon ? Qui est derrière le fameux groupe Hotel resort, qui rachète tout au Gabon à tour de bras ? Ouvrez les yeux et menez vos enquêtes. Vous verrez que le nom du chef de l’Etat apparaîtra à un moment ou à un autre. « L’enfant qui a volé l’huile de palme cache ses mains au dos», me rappelait mon papy.


Votre mutisme laisse penser qu’il vous tient quelque part. Car, comme disait mon aïeul « deux animaux à écailles savent où se mordre.» Au-delà des opérations financières que vous-même aviez reconnu réalisé avec l’Etat, qui frisent le conflit d’intérêts, notamment la vente de vos immeubles à l’Etat, ou la réalisation d’une partie des travaux du nouveau siège de la Cour constitutionnelle confiés à une société dont l’un de vos proches aurait des intérêts, la vente des voitures par un membre de votre famille à l’Etat, on découvre ahuri que vous et tous les autres juges sont passibles d’être traduits devant la haute cour de justice pour haute trahison.


Jonas MOULENDA


(Retrouvez l'article intégral dans Echos du Nord de ce lundi)




LES SERVICES SPECIAUX ME CHERCHENT


J’ai appris que les services spéciaux me cherchent et qu’ils projetteraient perquisitionner mon domicile dans les heures ou jours à venir. Selon une source sûre, une réunion présidée par le Directeur général des services spéciaux, aux allures d’un conseil de guerre contre ma personne, a eu lieu hier mardi au cours de laquelle des instructions fermes ont été données aux agents pour me filer.


La réunion, a confié la source, faisait suite à la publication de ma lettre adressée à la présidente de la Cour constitutionnelle. Les serviteurs du régime en place ne comprennent pas que je détienne autant d’informations alors que je ne suis pas dans les arcanes du pouvoir.


En fait, les autorités du pays sont dérangées par ma liberté de ton. Je deviens ipso facto l’homme à abattre. Je demande à tous les Gabonais de se mobiliser pour faire échec à tous les plans machiavéliques mijotés actuellement contre ma personne par le pouvoir en place. Je suis conscient des dangers que j’encours chaque jour dans l’exercice de mon métier mais je refuse de me taire.


Si un leader d’opinion est assassiné - comme Joseph Redjambé et Martine Oulabou - que les Gabonais le vengent avec tous les moyens possibles. Ce pays appartient à tous les Gabonais et il ne saurait être question de laisser un groupuscule d’individus mus par des intérêts égoïstes dicter sa loi au plus grand nombre.


Je vais saisir dans les prochaines heures les missions diplomatiques accréditées dans notre pays, l’Union Européenne, les Nations Unies, Reporters Sans Frontières et tous les organismes de défense de droit de l’Homme sur les nouvelles menaces qui pèsent sur ma personne. Merci de faire large diffusion de ce message.


Jonas Moulenda

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