PRESS CONFERENCE WOMEN TRADERS BRUTALIZED BY POLICE. CONFÉRENCE DE PRESSE DES COMMERÇANTES BRUTALISÉES PAR LA POLICE

Ladies Valentine Meye and Pascaline Mengue victims of police
Mesdames Valentine Meye et Pascaline Mengue victimes des services de police
(Photo: J. P. Rougou)

Ecrit par : Valentin Murim’Ngane du Journal Misamu


Dame MEYE Valentine : le problème qui nous réunit là, ce n’est pas un nouveau problème, c’est un vieux problème.

Le problème a commencé en 2014, le 25 avril 2014, c’est là où le Commandant MOUKAGHA et le maître NGOUA Christian sont venus nous faire déguerpir de notre site. Le jour-là, nous n’avons rien récupéré. Ils étaient venus avec un camion de policiers. Ils nous ont dispersés avec des bombes lacrymogènes et nous avons pris fuite. Ils ont tout ramassé et ils ont tout brûlé.

Je me suis rapprochée du maire. Je lui ai dit que la place que nous occupons aujourd’hui, c’est le maire qui nous a mis ici. C’est l’ancien maire MBA ABESSOLE lorsque le marché avait brûlé en 2000. C’est lui qui nous amenées ici. Il a encore rajouté des hangars et donc d’autres commerçants. La Gare routière était donc devenue un grand marché.

A l’arrivée du maire NTOUTOUME EMANE, il a fait casser la Gare routière, mais il ne nous a pas laissées comme çà. Il a cherché à tout prix à nous caser quelque part. Il nous a d’abord amenées au Pk5, mais il a réalisé que la place n’était pas sécurisante, il nous a ramenées encore à la Gare routière et à Mont-Bouet.

Il nous a donné des parties, parce que le marché est divisé par secteurs. Le nom secteur est resté sous l’échangeur. Là où on se trouve aujourd’hui, c’est le secteur du problème, c’est le secteur des mamans gabonaises parce que je suis la seule gabonaise à être chef de secteur. Maintenant les petits Gabonais sont venus s’ajouter, quand ils ont fait çà, ils ont commencé à nous racketter de l’argent.

C’est là où, le 7 mai 2014, c’est le Commandant MOUKAGHA lui-même qui est venu au marché me chercher pour qu’on parte négocier, comme il avait négocié avec les autres. Parce qu’il avait laissé les autres secteurs maintenant en train de vendre sauf notre secteur. C’est lui-même qui est venu me chercher. Le premier jour, il ne m’avait pas trouvé, il avait dit aux enfants qu’il était là et il est revenu jeudi m’appeler. Je lui ai dit que j’arrive. Je suis allée à son bureau à 10 heures, il m’a demandé : tu as combien ? Je lui ai dit : est-ce que tu m’avais demandé une somme, tu m’avais seulement dit de venir te trouver, on va négocier, voilà pourquoi je suis venue. C’est là où il me dit : retourne demander aux autres que tout le monde, ce que vous allez trouver vous venez me donner. Il a pris mon numéro, moi je n’ai pas pris le sien. Je suis retournée à la Gare routière informer les autres. Il ne nous a pas demandé un taux, il a seulement dit que, ce que nous allons trouver c’est ce que j’irai lui remettre et nous avons fait des collectes d’argent qui sont arrivées à 200 000 F CFA. C’était un jeudi, il m’a appelée et je lui ai dit que je serai à son bureau à 16 heures. A 16 heures, il me rappelle, je me suis rendue à son bureau. Quand je le trouve, il me demande combien j’ai amené. Je lui ai dit 200 000 F CFA. Il m’a dit 200 000 F CFA, c’est petit, tu sais que quand j’attrape même trois personnes, j’ai déjà plus de 200 000 F CFA. 200 000 F CFA c’est insignifiant, donc je suis retournée, j’ai dit aux enfants qu’il m’a dit que 200 000 F CFA c’est insignifiant. En plus quand il arrête trois personnes, il a déjà plus de 200 000 F CFA. On a vu que c’était vrai quand il a arrêté des personnes physiques, la personne quand tu l’arrêtes c’est 100 000 F CFA, si tu n’es pas en règle c’est 150 000 F CFA. Est-ce qu’il nous doit est-ce qu’il va maintenant nous laisser vendre tranquillement et que les 200 000 F CFA étaient petit. Le jour-là, lui et moi on s’est donné rendez-vous à 19 heures. Il m’a appelée pour que je parte lui remettre cet agent mais quand il m’a appelé à 19 heures, je me trouve déjà à l’hôpital militaire pour me rendre chez moi. Je lui ai dit qu’on ne pouvait plus se voir aujourd’hui et il m’a dit demain et je lui ai dit oui. Ce même jour, il a encore appelé à 21 heures, je lui ai dit que je ne peux plus sortir donc tu as dit que c’est demain, c’est demain on attend demain.

Demain, c’était vendredi le 8 mai. Lorsque je me rends au marché, il m’a appelée. On a encore cotisé 200 000 F CFA. Ce qui faisait 400 000 F CFA, parce que nous n’avons pas de marché comme les autres, on a trouvé 400 000 F CFA. Quand il m’appelle à 11 heures vendredi le 8 mai, il me demande tu as déjà combien ? Tu as trouvé combien ? Je lui ai dit 400 000 F CFA. Il m’a dit : amène çà. C’est toi que j’attends maintenant. J’ai pris le taxi et j’ai dit aux autres que je partais car il m’appelait déjà. Je me suis rendu là-bas. Quand j’arrive à son bureau, il me demande tu as amené combien ? Je vous ai dit 400 000 F CFA. Ok, donne-les-moi, les 400 000 F CFA. Je lui ai remis les 400 000 F. Il a récupéré les 400 000 F qu’il a mis dans la poche. Il m’a dit : oh, madame, comme vous avez l’habitude de parler que l’argent que je prends ici je ne mange pas çà seule, je mange avec mon chef, allons, tu vas voir comment je vais remettre cet argent à mon chef. C’est là où nous sommes montés à bord de son véhicule, nous sommes allés là où il y a la PJ, les immeubles qui sont là-bas, c’était dans le bureau de MISTOUL. Je ne connais pas le bureau de MISTOUL. Et lorsqu’on arrive, MISTOUL lui demande : est-ce que c’est là ? Il dit oui. Elle a combien ? 400 000 F CFA. MISTOUL s’est fâché. Il a dit 400 000 F CFA madame ? Pour corrompre un commandant avec 400 000 F. D’où vient la corruption ? C’est lui-même qui m’a appelé. La corruption vient d’où ? Je t’envoie en prison, tu pars en prison, j’ai dit oui. Il a appelé deux (2) agents de la PJ. Les agents sont venus me chercher, ils m’ont amenée. Ils m’ont posé des questions pour faire un procès-verbal, pour dire ce qui s’est passé. J’ai fait une semaine là-bas à la PJ. C’était le 16 mai qu’ils m’ont amenée au Tribunal. Lorsqu’on arrive au Tribunal, j’ai expliqué et je peux vous dire que j’étais déférée au Gros Bouquet et lorsqu’on revient à la barre pour le jugement, on m’a seulement posé quelques questions, parce qu’on ne voulait pas que je parle, mais je disais que je ne savais pas que quand quelqu’un t’appelle et te dit viens me donner de l’argent, que c’est maintenant une corruption, mais on m’a dit tu as donné de l’argent, non ? C’était Sidonie à ce moment-là. J’ai dit oui, j’ai donné de l’argent. Il t’a donné le reçu ? Tout l’argent qu’on lui donne, il ne nous donne jamais de reçu, on lui donne de l’argent comme çà, il ne nous donne pas de reçu. Elle m’a dit : il ne faut plus faire ça, c’est de la corruption tu comprends ? J’ai dit oui. Il ne faut plus faire ça. J’ai dit je ne connais pas que quand quelqu’un te dit : viens me donner de l’argent, que c’est de la corruption. J’ai fait un mois de prison ferme et 5 mois de sursis.

Quand je viens, il y a eu un moment que MOUKAGHA est parti. Et quand l’autre commandant vient, on ne connaît même pas son nom, on ne l’avait jamais vu. Lui, il ne venait pas, et on vendait tranquillement. Mais dès que MOUKAGHA est revenu au marché, l’affaire a recommencé. Il est venu nous dire, c’était le 14, qu’il est venu casser encore pour nous dire : tant que moi je suis là au Commissariat central, vous ne pouvez plus vendre tant que j’y suis. Vous m’avez refusé 4 000 000 F CFA, le tribunal ne m’avait pas accordé les 4 000 000 F CFA que j’ai demandé. Maintenant là je veux gagner sur cette place plus de 4 000 000 F CFA, mais vous n’allez plus vendre ici à partir de ce jour-là. Il a gaspillé toute notre marchandise et il a mis les policiers pour veiller et surveiller la place. Là, il y avait deux groupes, un le matin et l’autre l’après-midi. Il a installé les casiers chez tous les autres commerçants à raison de 200 000 F l’occupation des places et chaque jour c’est 3 000 F. On appelle ça les frais d’arrangement. Ces 3000 F, tout le monde donne çà de la Tour jusqu’à Petit Paris. La Peyrie, tous les gens qui sont là, c’est 3000 F par jour qu’il prend sans reçu. On ne pourrait plus travailler. Là, la pauvreté est venue. Et voici la rentrée scolaire, les enfants n’arrivent pas à manger. Les enfants ne peuvent pas partir à l’école. Les autres commerçants se retrouvent sans abri. On les a déjà chassés des maisons qu’elles louaient. Voici la rentrée qu’est-ce que nous allons faire ? Voici la rentrée ! Voilà pourquoi le 13 octobre 2015, nous sommes allées se serrer à côté des gens que le commandant MOUKAGHA lui-même a placés. Nous sommes allées se serrer avec eux sur des petits plateaux, pour vendre des petits trucs.

Ce mardi, les policiers sont venus parce que ce sont les commerçants qui ont appelé pour dire que les mamans là sont déjà là. Il envoie les policiers pour venir nous chasser. Le jour-là, nous nous sommes déshabillées, mais nous sommes restées en sous-vêtements. C’était pour décourager les policiers. Ils ont compris. Ils nous ont laissées et ils sont partis. Le mercredi matin, le 14 octobre 2015, lorsqu’on revient comme je suis avec ma fille, on s’appelle lorsqu’on part prendre la marchandise en bon. On était les premières à arriver sur les lieux, et lorsqu’on arrive, on trouve deux camions de policiers qui étaient garés partout sur notre site. On s’est retourné du côté de la pharmacie. Pour ceux qui connaissent la Gare routière, c’est là où ils sont venus nous attraper. Je ne sais comment expliquer. Ils nous ont attrapées. C’est quand ils nous ont tirées pour nous mettre dans les fourgons militaires qui étaient fermés, c’est là où on a dit non, là nous voyons que c’est un danger, on ne peut pas monter dans la voiture comme ça sans savoir là où on nous amène. On a encore enlevé les kabas qu’on avait, nous sommes restées en sous-vêtements. Les militaires là, eux, ils ont démarré leur voiture, ils sont partis. Le camion de policiers est resté. Si c’est la gendarmerie, puisqu’ils étaient en civil, jusqu’à ce que le commandant MOUKAGHA soit arrivé, ils étaient dans leur JEEP, et un autre camion. Il a donné encore l’ordre qu’on nous tape encore, nous sommes rentrées sous le camion avec les coups de matraque. Parce qu’on n’avait pas d’endroit où on pouvait se cacher, nous sommes rentrées sous le camion. Et sous le camion, il y avait même les policiers qui sont rentrés là-bas, pour nous taper. Et ils sont sortis, ils ont pris les bombes lacrymogènes pour nous les mettre et les matraques électriques. Ils nous ont tirées par les sous-vêtements. Ces sous-vêtements se sont déchirés. Nous sommes sorties sous le camion nues. Et quand on sort, c’est le Commandant MOUKAGHA qui est en face de nous. J’ai dit MOUKAGHA, tu es sorti aussi de ventre d’une femme. Dieu te voit. C’est là où il a dit aux policiers de nous menotter, et ils nous ont jetées dans leur camion. C’est là où il a démarré le premier et le camion l’a aussi suivi. Nous sommes arrivés au Commissariat central. Lorsqu’on arrive au commissariat central, on nous fait descendre. C’est le commandant MOUKAGHA lui-même qui avait la camera. C’est lui-même qui filmait depuis la Gare routière. Il filmait seulement là où on était nue, il n’a pas filmé là où on nous déchirait les sous-vêtements, ou comment on nous tapait, il a seulement filmé là où on était nue de la Gare routière au Commissariat central. C’est lui qui a filmé et il a dit : je vais maintenant envoyer vos images partout, le monde entier va vous voir nues. Il était le seul qui avait filmé. Et lorsqu’on arrive au Commissariat central, il y avait la PJ, là-bas, il a voulu nous enfermer, mais le chef qui était là-bas a dit non. Nous ici, c’est les bandits et non les mamans. Le matin, comme ça, tu pars ramasser les mamans au marché, tu les amènes ici pour qu’on les enferme, nous on ne les enferme pas. Le chef a menacé le commandant MOUKAGHA. Je suis le commandant, c’est moi le commandant ici. Le chef a dit : non, moi je fais mon travail, je ne suis pas là pour enfermer les commerçantes, je suis là pour les bandits. C’est là où, de 7 heures jusqu’à 11heures, on traînait au commissariat central. Il nous a mis dans une bâchée Pick up et à 11heures, c’est là où on vient démarrer le Pick up pour nous amener je ne sais où ? Nous sommes partis, nous sommes rentrés par la mosquée, lorsqu’on rentre par la mosquée, au ministère de l’Intérieur, on a trouvé des commerçantes là, avec notre présidente qui était là, parce que, le jour-là, elles étaient là, au ministère de l’Intérieur, et la caméra était rapide au moment où il a filmé et au moment où il est passé avec nous, parce que la voiture roulait vite, ils nous ont trimbalées partout dans les quartiers de Libreville depuis que je suis à Libreville, je ne connais même pas et ils nous ont balancées au commissariat de Nkembo. Quand on arrive là-bas, une capitaine dit : les mamans nues comme cela, on ne peut pas les enfermer, c’est elle qui nous a payé les pagnes et les babouches, tout ça parce qu’on refuse de donner de l’argent, tout ce qu’il veut c’est de l’argent. Le problème de MOUKAGHA aujourd’hui c’est de devenir riche.

Il veut devenir milliardaire avec l’argent des commerçantes. Tout ça c’est de l’argent, puisque les gens lui donnent de l’argent même sur la route, où ils sont installés sur notre secteur. Je suis le chef du secteur, c’est là où il a mis les policiers. Pourquoi ? Parce que tant qu’il est au commissariat central et que nous ne lui donnons pas de l’argent, on ne peut pas vendre. Voilà pourquoi j’ai dit que nous avons perdu notre dignité, parce qu’ils nous ont poussées à bout avec la souffrance. Ils nous tapent, nos enfants sont à la maison seuls. Jusqu’aujourd’hui, nos enfants n’ont pas fréquenté cette année, ils sont encore à la maison. On ne parle plus de la famine, on ne parle plus de si quelqu’un est malade, d’autres mamans qui sont maintenant dehors avec leurs enfants à cause d’une seule personne. Il nous a souillées, humiliées et cette humiliation-là, je ne sais pas comment l’expliquer. Mais je dis seulement que c’est l’image du Gabon. Cette image-là est reconnue de tous. C’est le militant, parce qu’on dit que c’est une seule dent qui fait pourrir la bouche, c’est l’image du Gabon, c’est l’image du gouvernement. Dans cette responsabilité, c’est le gouvernement et nous tous qui sommes souillés.


MENGUE Pascaline : Je suis commerçante à la gare routière, notre chef secteur a presque tout dit. Mais je vais aussi quand même parler, parce que nous sommes dépassées. Ce 21 avril 2014, MOUKAGHA est venu nous déguerpir. Quand MOUKAGHA est venu nous déguerpir, il a amené notre chef secteur en prison, en ce moment-là, j’avais une grossesse de six mois, notre chef secteur a fait un mois en prison, quand elle sort, j’avais sept mois de grossesse. Après on a affecté MOUKAGHA à Makokou. Il avait refusé l’affectation. On a amené un autre commandant, celui qui avait remplacé MOUKAGHA, on ne l’avait jamais vu. Mais depuis que nous sommes au marché, on ne savait pas qu’un commandant pouvait venir racketter les commerçants. Le premier que nous voyons sur le marché c’est MOUKAGHA qui nous tue, qui nous frappe. Quand notre responsable sort de prison, j’avais sept mois, on vendait parce que MOUKAGHA avait refusé l’affectation. Un autre était venu, il nous avait laissé vendre librement. On ne l’avait jamais connu. 9 mois après, MOUKAGHA revient, j’étais enceinte maintenant, il vient nous faire déguerpir, il nous prend la marchandise, il nous amène la marchandise au commissariat, la même chose qu’il a fait à notre collègue qui est morte, c’est la même chose qu’il nous a encore fait au commissariat central. Il a rendu toute la marchandise des expatriés sauf les miennes. MOUKAGHA a dit : je ne te donne pas ta marchandise. Tu as l’argent ? Tu as l’argent ? Je n’ai pas d’argent. Alors tu n’as pas d’argent, tu viens devant moi ? Et comme ça MOUKAGHA me pousse étant enceinte de sept mois, je suis partie m’asseoir, je n’arrivais plus à me lever, c’est comme cela que j’ai appelé notre présidente, elle est arrivée et m’a conduit à l’hôpital. J’ai fait un accouchement difficile, j’ai fait un enfant prématuré et jusqu’à maintenant cet enfant est malade, il a déjà un an et il n’arrive pas à s’asseoir, à cause de MOUKAGHA. Les docteurs m’ont dit que l’enfant a eu un choc au niveau du cerveau, ce enfant est là, souffrant. Quand MOUKAGA revient pour nous déguerpir, il le fait le 14 octobre 2015, hier là. Quand il nous déguerpit, il installe les commerçants jusqu’aux trottoirs des routes, sauf sur notre secteur car on a obéi à ce que le procureur dit, qu’on ne vous donne plus rien. Nous sommes rentrées à la maison, on fait comment, on a fait deux tours à la maison, la rentrée scolaire est proche, nos enfants doivent aller à l‘école. Quand on vient au marché le 13 octobre 2015, on va se serrer avec les autres commerçants qu’il avait installés. De ce fait, ils ont appelé MOUKAGHA, en disant qu’elles sont déjà là. Quand il arrive, on se déshabille et on reste en sous-vêtements, pour décourager les policiers. Les policiers sont partis. En revenant le lendemain, on trouve un attroupement de policiers. Il y avait un camion de policiers. Quand ils descendent, ils viennent vers nous, ils nous attrapent. On ne savait pas où ils nous amenaient. Ils nous mettaient dans des fourgons. On pensait qu’ils nous kick nappaient, on ne voulait pas monter. C’est là où nous nous sommes déshabillées. Les policiers ont dit : si c’est comme ça, nous on part, on a dit oui, partez. Ils sont partis. En même temps, MOUKAGHA arrive avec un autre camion de policiers et il demande à ces policiers de nous taper. Et ils nous ont tapés. On n’avait pas d’endroit où se cacher, c’est comme ça que nous sommes allées sous la voiture. Ils nous ont mis des bombes lacrymogènes, nous devions mourir, et comme Dieu fait ses choses, tel n’a pas été le cas. Ils nous ont fait sortir de sous la voiture. Ils ont tiré par des sous-vêtements, ce sont eux qui les ont déchirés. Quand on sort nous sommes en face de MOUKAGHA, de suite, on lui dit que tu es aussi sorti d’un ventre comme le nôtre, il a laissé qu’on nous filme, quand il a fini de tout filmer, c’est à instant qu’il recommande aux policiers de nous faire monter dans le camion, après nous avoir menottées. Nous sommes allées au commissariat central jusqu’à 16 heures. Après ils nous ont mis dans le pick up, ils nous amenées dans toute la ville. Après il nous a amenées au commissariat de Nkembo. Et c’est de là-bas qu’une Capitaine a demandé à une policière de nous acheter des pagnes et des babouches. Après on est rentré en cellule. Et dans la nuit, un policier demande aux détenus qui étaient avec nous de nous violer. Ils ont répondu en disant non ce sont des mamans, si vous voulez le faire, venez le faire vous-même. Je veux être brève, mais aujourd’hui MOUKAGHA a amené un papier en disant que c’est un papier qui sort de chez Madame le maire qu’il doit installer les gens au marché aujourd’hui. Ils sont sur le terrain au moment où on est en train de parler. Ils sont en train de prendre 35 000 F FCA par tête. Il a amené ce papier parce qu’il a des enfants avec lui sur le terrain. Il y a Fabrice, Obiang, Priva est le fils de MOUKAGHA. Ce sont eux qui rackettent de l’argent avec MOUKAGHA tous les jours, 3000 FCFA par tête. Les commerçants placés sur la route et les trottoirs, c’est MOUKAGHA qui les installe. Donc il a ces 3 enfants qui lui fournissent de l’argent. Si vous venez au marché à 17 heures, vous allez trouver MOUKAGHA qui est venu pour prendre son argent. Là ces enfants sont en train de prendre de l’argent avec un papier sorti de la mairie. Alors que nous, nous avons demandé des audiences, on ne nous les a jamais accordées. Nous voyons comment ces étrangers entrent devant nous. Jusqu’aujourd’hui, nos enfants sont à la maison, ils ne vont pas à l’école. Oh ! On est dans quel pays, il faut le vivre pour le sentir, il faut vraiment le vivre, nous sommes torturées et quand ils nous le font, ils nous amènent, les étrangers se moquent de nous. Quand on passe, ils se moquent de nous dans notre propre pays. Ici, On tape une gabonaise dans son pays. Pourquoi ils nous traitent ainsi, on a fait quoi, j’ai déjà un enfant qui ne marche pas à cause de MOUKAGHA, ce dernier ne va jamais marcher, je n’ai pas d’argent pour l’amener à l’hôpital, je n’ai pas de moyens.


Intervention de Zacharie MYBOTO : Chers compatriotes, ce que nous venons d’entendre est à la fois pathétique, horrible et barbare. Sommes-nous oui ou non dans un pays de droit, le pays de droit qui consacre le droit au Gabon. C’est insoutenable ce que nous avons entendu. Il s’agit des Gabonaises qui sont traitées comme si on traitait des bêtes, des animaux, et c’est pour cela que nous demandons aux autorités compétentes de prendre conscience de la gravité des faits et de faire en sorte que les auteurs de ces faits soient sanctionnés, soient punis et qu’on le sache.

Et pour ce qui concerne le mouvement qui vient d’être constitué, je crois que si des actions qui sont envisagées, la prochaine action se situe le 26 novembre 2015, nous pensons que, Mesdames, que la salle allait être bondée de monde. Je pense que pour le 26 ça ne sera pas le cas.

Alors, je vais, au nom des responsables politiques qui sont là, vous inviter à faire en sorte que la manifestation du 26 soit une réussite, c’est aussi là la preuve de la volonté de savoir nous organiser. Il ne s’agit pas seulement de parler mais il faut être acteur. Il faudrait donc que le 26, la manifestation qui est projetée puisse être un succès. Nous comptons sur les femmes. Nous savons qu’elles sont généralement déterminées et qu’avec leur détermination, il y a beaucoup de chose qui peuvent se faire, et qui peuvent donc réussir. Alors, c’est une invitation que nous vous faisons et le rendez-vous est fixé pour le 26 novembre 2015.

Comments

Popular posts from this blog

URGENT: FOLLOWING OUR NOISY COMPLAINTS, THE US EMBASSY IN GABON HAS STEPPED BACK. URGENT : SUITE À NOS BRUYANTES PLAINTES, L’AMBASSADE DES USA AU GABON A RECULÉ

FRANCE WITHDRAWS ITS SECURITY ADVISORS FROM THE GABONESE SECURITY FORCES. LA FRANCE RETIRE SES COOPÉRANTS DES FORCES DE SÉCURITÉ GABONAISES

PARIS MATCH EXPLAINS WHY ALI BONGO IS UPSET WITH THE OBSERVERS OF THE EUROPEAN UNION. PARIS MATCH NOUS EXPLIQUE POURQUOI ALI BONGO EN VEUT AUX OBSERVATEURS DE L’UNION EUROPÉENNE