THE BERANGER OBAME NDOUTOUME CASE, ANOTHER REFLECTION OF THE DEEP GABONESE MALAISE! L’AFFAIRE BERANGER OBAME NDOUTOUME, UN AUTRE REFLET DU PROFOND MALAISE GABONAIS!

Beranger Obame Ndoutoume on his hospital bed
Beranger Obame Ndoutoume sur son lit d’hôpital
Photo : the family/la famille










English version

Testimony of the victim’sister:

"My brother, Beranger Ndoutoume Obame, is a young Gabonese trader. He sells clothing in Mont-Bouet; he buys his merchandise in Cameroon and Dubai ... It is by refusing to give his goods to the police that they set his merchandise and him on fire."


This simple testimony of 47 words, more than any grandiose speech that the most eloquent people could make, finally convinces us of the descent into hell of the Gabonese nation. The image of this fellow with severe burns, lying on a hospital bed between life and death for simply having wanted to exercise freely and peacefully, the economic activity he has chosen, demonstrates sufficiently that Gabon has bottomed. One can hardly imagine a more catastrophic situation or a deeper decline for the country.

Given this pronounced degradation of the country, the Gabonese people are now marked by feelings of depression, anxiety, and especially of disgust and revolt. Gabon is now the country of horrors of all kinds. Women traders and the young Beranger Ndoutoume Obame, hardworking folks who want to live in economic independence, see their livelihood routinely confiscated by the police, thus by the regime; and this in total indifference of their their compatriots living the trauma in silence, and of those who run the country who do not care at all about the fate of the Gabonese people.

In tribute to Beranger Ntoutoume Obame, to his family and to all those who are sick and tired of this shitty Gabon being imposed upon us, we dedicate this poem by Albert Camus which is an excerpt from a speech made in 1958, the content of which is oh so relevant for Gabon today!


I live as I can ... in a sad country

Excerpt from a speech by Albert Camus on 22 January 1958

"I try, anyway, lonely or not, to do my job.
And if I sometimes find it hard, it is that it is primarily exercised in the awful enough intellectual society in which we live,
where one makes disloyalty into a point of honor
where reflex replaces reflection
where people think by using slogans
and where evil tries to often to pass for intelligence.
What else then, if not trust one ‘star
and continue stubbornly the blind walk, hesitant, which is that of all artists
and that justifies it anyway, with the only condition that they have a just sense, both of the greatness of their job, and their personal infirmity.

This often comes down to angering everyone.
I'm not one of those lovers of freedom
who want to adorn it with shackles
neither one of those servants of justice who think that they pnly serve justice well by condemning several generations to injustice.
I live as I can, in a sad world
rich in its people and its youth,
temporarily poor in its elites,
fuelled by the search for an order and a revival in which I believe.
Without true freedom, and without some honor, I cannot live.
That's the idea that I have of my profession. "



Version française

Témoignage de la sœur de la victime:

« Mon frère, Béranger Obame Ndoutoume, est un jeune commerçant Gabonais. Il vend des vêtements à Mont-Bouet; il achète sa marchandise au Cameroun et à Dubaï... C'est en refusant de céder sa marchandise aux policiers que ces derniers ont mis le feu sur sa marchandise et lui avec. »

Ce témoignage simple de 47 mots, plus que tous les discours fleuves que pourraient faire les gens les plus éloquents, fini de nous convaincre de la descente aux enfers de la nation gabonaise. L’image de ce compatriote souffrant de graves brûlures, gisant sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort, pour avoir simplement voulu exercer en toute liberté et quiétude, l’activité économique qu’il s’est choisie, nous démontre à suffisance que le Gabon a touché le fond. On ne peut guère imaginer une situation plus catastrophique, ni une déchéance plus profonde pour le pays.

Devant cette dégradation prononcée du pays, les Gabonais sont aujourd’hui empreints de sentiments de dépression, d’inquiétude, et principalement de dégoût et de révolte. Le Gabon est aujourd’hui le pays des horreurs en tous genres. Les femmes commerçantes et le jeune Béranger Obame Ndoutoume, des battants qui veulent vivres dans l’indépendance économique, se voient régulièrement confisquer par la police, donc par le régime, leur moyen de subsistance ; et cela dans l’indifférence totale et de leurs compatriotes qui vivent le traumatisme en silence, et de ceux qui dirigent le pays qui se foutent royalement du sort des Gabonais.

En hommage à Béranger Obame Ndoutoume, à sa famille et à tous ceux qui ont ras le bol de ce Gabon de merde qu’on nous impose, nous dédions ce poème d’Albert Camus extrait d’un discours fait en 1958, dont le contenu est, oh combien, d’actualité aujourd’hui au Gabon !


Je vis comme je peux ... dans un pays malheureux

Extrait de d’un discours d'Albert Camus prononcé le 22 janvier 1958


«J’essaie, en tout cas, solitaire ou non, de faire mon Métier .
Et si je le trouve parfois dur, c’est qu’il s’exerce principalement dans l’assez affreuse société intellectuelle où nous vivons,
où l’on se fait un point d’honneur de la déloyauté
où le réflexe a remplacé la réflexion
où l’on pense à coup de slogan
et où la méchanceté essaie de se faire passer trop souvent pour l’intelligence.
Que faire d’autre alors, sinon se fier à son étoile
et continuer avec entêtement la marche aveugle, hésitante, qui est celle de tout artiste
et qui la justifie quand même, à la seule condition qu’il se fasse une idée juste, à la fois de la grandeur de son métier, et de son infirmité personnelle.

Cela revient souvent à mécontenter tout le monde.
Je ne suis pas de ces amants de la liberté
qui veulent la parer de chaînes redoublées
ni de ces serviteurs de la justice qui pensent qu’on ne sert bien la justice qu’en vouant plusieurs générations à l’injustice.
Je vis comme je peux, dans un monde malheureux
riche de son peuple et de sa jeunesse,
provisoirement pauvre dans ses élites,
lancé à la recherche d’un ordre et d’une renaissance à laquelle je crois.
Sans liberté vrai, et sans un certain honneur, je ne puis vivre.
Voilà l’idée que je me fais de mon métier.»

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