THE PORTRAIT OF ALI BONGO BY LE MONDE. LE PORTRAIT D’ALI BONGO DRESSÉ PAR LE MONDE







English version

Ali Bongo, an apprentice dictator at the head of Gabon

An acidic portrait of a caricatural and anachronistic president who is so unrepresentative of Africa today

FRANCE 2
THURSDAY 6 - 22:45
MAGAZINE

One could think of a documentary about history, of the kind that plunges you in the great saga of the Françafrique of old. But we are indeed in 2017, in Gabon. There is a small president dictator in Central Africa, a handful of lawyers and French politicians turned into intriguers attracted by cash, as well as a few captains of industry. The kind of individuals who have remained in the shadows and revealed themselves to the light only once weakened and demonetized, to settle scores.

With the Bongo clan, a French story, a well-documented report, France 2 offers the acid portrait of a caricatured, and anachronistic president who is so unrepresentative of Africa.

For Ali Bongo, the Gabonese head of state, is not "one of the most powerful African heads of state", he is rather "one of the most French". Seen from Johannesburg, Lagos, Nairobi, in short outside of the small sphere of French influence, he is insignificant. Unlike his father, Omar Bongo, a pillar of the Françafrique, to whom he succeeded in 2009, this heir has no regional influence, and is mocked and denigrated by his African peers.

In Libreville, le téléspectateur does not get into one of his sumptuous luxury cars that crowd the parking lot of the presidential palace but in a 4x4 that the president drives himself toward the suburbs of the capital. Ali Bongo, 58, presents himself as a cool president and close to his people.

An image that have sought to forge a myriad of communication agencies in France, attracted by the petrodollars of the regime. Everything being reinforced by outdated political networks, such as the Africa France foundation, which had the good taste to invite him in 2015 to a forum "for shared growth". Yet strong suspicions of corruption and embezzlement of public funds weigh heavily on this president who was filmed in London in the Beatles studio where he is seen leading 75 musicians from the London Symphony Orchestra.

In August 2016, Ali Bongo had the supporters of his opponent shot after winning the presidential election by cheating, like his baccalaureate degree, obtained in France thanks to pressure exerted by his father. "The elections are behind us," replies, embarrassed, Ali Bongo, who invites the journalist to turn to the Constitutional Court to consult the results. But no one ignores that his election was rigged. In the family province of Haut-Ogooué, the official participation was 99.93%, of which more than 95% of the votes were in favor of Ali Bongo

"He is diabolical"

"It's Dr. Jekyll and Mr. Hyde," said specialist Antoine Glaser. "He is diabolical, heartless," says Robert Bourgi, a close adviser to Omar Bongo, who was dismissed by Ali, wanting to break away from certain habits of his father.

If this documentary does not fall in the trap of the authorized portrait, one can however regret the choice of some speakers and detractors of this fanciful president. What credit to give to the views and analyzes on Gabon and Africa by Loik Le Floch-Prigent, the former patron of Elf, who has passed through the prison cell?

Only French television would seriously give the microphone to this man who has mostly known Africa through financial malpractice, pillaging and heads of state as corrupt as their corrupters like Elf.

The Bongo clan is undoubtedly still a Franco-African story, but it does not tell much about Africa.

Joan Tilouine




Version française

Ali Bongo, un apprenti dictateur à la tête du Gabon

Un portrait acide d’un président caricatural, anachronique et si peu représentatif de l’Afrique d’aujourd’hui

FRANCE 2
JEUDI 6 – 22 H 45
MAGAZINE

On pourrait croire à un documentaire d’histoire, du genre de ceux qui vous plongent dans la grande saga de la Françafrique d’autrefois. Mais on est bien en 2017, au Gabon. On y retrouve un petit président dictateur d’Afrique centrale, une poignée d’avocats et de politiques français mués en intrigants alléchés par le cash, ainsi que quelques capitaines d’industrie. Le genre d’individus qui ont évolué dans l’ombre et ne se révèlent à la lumière qu’une fois fragilisés et démonétisés, pour régler des comptes.

Avec Le Clan Bongo, une histoire française, reportage bien documenté, France 2 offre le portrait acide d’un président caricatural, anachronique et si peu représentatif de l’Afrique.

Car Ali Bongo, le chef d’Etat gabonais, n’est pas « l’un des plus puissants chefs d’Etat africains », il est plutôt « l’un des plus français ». Vu de Johannesburg, de Lagos, de Nairobi, bref en dehors de la petite sphère d’influence française, il est insignifiant. Contrairement à son père, Omar Bongo, pilier de la Françafrique, à qui il a succédé en 2009, cet héritier est dépourvu d’influence régionale, moqué et dénigré par ses pairs africains.

A Libreville, le téléspectateur n’embarque pas dans l’une de ses somptueuses voitures de luxe qui s’entassent dans le parking de la présidence mais dans un 4 x 4 que le président conduit lui-même dans les faubourgs de la capitale. Ali Bongo, 58 ans, se présente comme un président cool et proche de son peuple.

Une image que se sont efforcées de forger une myriade d’agences de communication en France, attirées par les pétrodollars du régime. Le tout renforcé par des réseaux politiques désuets, tels que la fondation Africa France, qui avait eu le bon goût de le convier en 2015 à un forum « pour une croissance partagée ». Pourtant, de forts soupçons de corruption et de détournements de fonds publics pèsent sur ce président qui se laisse filmer à Londres, dans le studio des Beatles, où on le voit diriger 75 musiciens du London Symphony Orchestra.

En août 2016, Ali Bongo faisait tirer sur les partisans de son opposant après avoir remporté l’élection présidentielle par la triche, tout comme son baccalauréat, obtenu en France grâce aux pressions de son père. « Les élections sont derrière nous », rétorque, gêné, Ali Bongo, qui invite le journaliste à se tourner vers la Cour constitutionnelle pour consulter les résultats. Mais nul n’ignore que son élection a été truquée. Dans la province familiale du Haut-Ogooué, la participation officielle a été de 99,93 %, dont plus de 95 % des votes en faveur d’Ali Bongo.

« Il est diabolique »

« C’est docteur Jekyll et mister Hyde », souligne le spécialiste Antoine Glaser. « Il est diabolique, sans cœur », fustige Robert Bourgi, proche conseiller d’Omar Bongo et qui fut écarté par Ali, désireux de rompre avec certaines habitudes de son père.

Si ce documentaire ne tombe pas dans les travers du portrait autorisé, on peut toutefois regretter le choix de certains intervenants et détracteurs de ce président fantasque. Quel crédit accorder aux vues et analyses sur le Gabon, et sur l’Afrique, de Loïk Le Floch-Prigent, l’ancien patron d’Elf, passé par la case prison ?

Il n’y a que la télévision française pour tendre sérieusement le micro à cet homme qui a surtout connu de l’Afrique les malversations financières, les pillages et des chefs d’Etat aussi corrompus que leurs corrupteurs comme Elf.

Le clan Bongo est sans doute toujours une histoire franco-africaine, mais elle ne raconte plus grand-chose sur l’Afrique.

Joan Tilouine

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