LE CINÉMA DE LA DÉMISSION D’OYIBA




WikiLeaks : les partis français arrosés par Bongo
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L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Jean-Pierre Oyiba, suite à la publication par voie de presse, de chèques de la BEAC, émis à son bénéfice sans aucune raison apparente justificative, par un des comptables de cette institution, s’empressa de passer à la RTG1 pour faire une déclaration théâtrale. "J'ai décidé aujourd'hui de démissionner pour me consacrer entièrement à ma défense et coopérer avec le système judiciaire de mon pays, en lequel j'ai pleine confiance", avait-il déclaré sur le plateau de la RTG1. Mais grâce aux indiscrétions que nous révèlent les documents de Wikileaks, nous pouvons désormais penser qu’Oyiba savait bien que la justice gabonaise lui serait très favorable car les détournements de fonds dont il était le destinataire, étaient commandités et ordonnés par Bongo père et fils. Il n’avait donc rien à craindre. Quand il disait démissionner pour «raisons d’éthique et de préservation de la bonne gouvernance prônée par le président Ali Bongo Ondimba », nous sommes en pleine absurdité, car l’un des commanditaires des détournements de la BEAC est celui qui est supposé prôner la bonne gouvernance ».


1. Les actes sont plus éloquents que les vœux pieux
Si on part du principe que les détournements de la BEAC ont fait perdre au Gabon l’un des postes les plus convoites dans les institutions régionales, certainement le poste le plus prestigieux dans la CEMAC, on devrait s’attendre a ce que, si les autorités gabonaises sont sérieuses, toute la justice soit faite sur cette affaire, et les coupables punis de manière aussi draconienne que le prévoit la loi. Mais au Gabon des Bongo, Armand Nzamba qui est le présumé métronome de l’exécution des détournements se promène en toute liberté au Gabon, sans inquiétude aucune ; Jean-Pierre Oyiba qui reçu les chèques détournés a même été nommé en conseil des ministres, par Ali Bongo, au poste d’administrateur général du compte de refinancement de l’habitat (CRH). Une affaire de sous. On nomme quelqu’un qui a été pris la main dans le sac, à un autre poste de gestion des fonds publics. Pour ne pas être en reste, Philibert Andzembe, celui qui est responsable de l’évanouissement dans les comptes de la Société Générale, et de manière non autorisée par les états membres, de plus de 300 milliards de francs CFA appartenant à la BEAC, a été rappelé au Gabon par Ali Bongo, non pas pour une mise en examen, mais pour un autre poste de responsabilité (et certainement juteux). Alors, de qui se moque t-on ? Faut-il encore rappeler qu’Oyiba et Andzembe ont été tour à tour DG de l’OPRAG, société dont le PCA était… Ali Bongo. Le manque de représailles des autorités gabonaises envers les présumés coupables des détournements de la BEAC s’explique clairement, vu que les détourneurs agissaient sur les ordres venus du palais de la rénovation.


2. Des voyous nous promettent l’émergence. C’est à en mourir de rire !
Comment peut-on envisager, avec sérieux et sans pouffer de rire, dans un pays qui a connu une gouvernance aussi désastreuse que celle des Bongo, que c’est encore grâce à eux, que nous deviendrons Hong-Kong? Heureusement, la liberté de penser des gabonais est de plus en plus aidée par les moyens de communication démocratiques qui les libèrent de la censure et leur permettent de prendre connaissances des « affaires » de la gestion du Gabon, sans entraves. Les gabonais n’ont désormais aucune difficulté pour mettre à mal les élucubrations et incohérences du régime Bongo. Le passé et présent kleptocrate de cette bande est bien trop évident pour que des gens normaux se laissent séduire par leur petit cinéma. On peut se plaindre de la passivité de nos compatriotes, mais personne ne douterait qu’il y ait à la base, et de manière fort perceptible, une vive envie de changement. En effet, les choses sont tellement pathétiques pour Ali Bongo, qu’il se satirise à tout bout de champ. Hier c’était les ONG qui en avaient après sa famille, au compte des anglo-saxons ; ensuite c’est Patrick Benquet qui a été commandité par les « aigris et jaloux » pour réaliser un documentaire ; aujourd’hui c’est Wikileaks que Laure Gondjout accuse de nous ne savons quoi ; et demain à qui le tour ? Les gabonais comprennent bien que la féodalité prolongée que veulent nous imposer les Bongo, est un système anachronique inacceptable des gens normalement constitués. Face à cette certitude, les gesticulations d’Ali Bongo ne resteront que des singeries.

Bien que l’action soit encore hésitante, il est évident que les gabonais ne veuillent plus être dominés et gouvernés par des voyous. Face au théâtre des émergents qui veulent se donner un aspect propre en apparence, de plus en plus de gabonais savent lire entre les lignes, et répertorier les non-dits et les sous-entendus, qui sont toujours là et dont les conséquences sont visibles et perceptibles à tous. De plus en plus, le langage de la communication se fait arme et les gabonais ne mâchent plus leurs mots et n'hésitent plus à dénoncer, c’est déjà ça d’accompli. Les choses sont à présent dites avec effervescence et de manière explicite. Les gens sont de plus en plus révoltés. Les gens savent ce que les Bongo ont fait du Gabon, et ils savent que le futur sera une autre forme de dictature si rien n’est fait.

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