QU'EST-CE QU'UN POUVOIR LÉGITIME?

Image "Anges Gardiens Gabon".



Dans notre monde, surtout en Afrique malheureusement, nous connaissons bien des pouvoirs non légitimes (et heureusement aussi des cas inverses); mais qu'est-ce qu'un pouvoir légitime ? D'après les savants et spécialistes politologues, on peut reconnaître le pouvoir légitime aux faits suivants:

• Le pouvoir est conféré par la population, le peuple, les gouvernés.
• Les décisions du pouvoir sont soumises à l'approbation du peuple par le truchement de ses élus, c'est-à-dire le parlement.
• Il propose aux populations des projets rationnels et raisonnables, dans la transparence.
• Mais surtout, il permet sa remise en cause, et laisse une place au débat et à la contestation.

Chers lecteurs, si nous mettons Ali Bongo et ses acolytes à l'examen des caractéristiques susmentionnées, ils échouent sur toute la ligne.

1. Il faut arrêter la comédie et jouer franc jeu avec les gens
Nulle part, il n’existe de peuple prédestiné à subir l’autoritarisme, la dictature, l’oppression et la tyrannie. Les africains en général et les gabonais en particulier, ne méritent pas, comme aiment bien le dire certains, les leaders que nous avons. Nous avons démontré à plusieurs occasions notre aspiration pour plus de liberté et de démocratie. Les gabonais ont depuis toujours, c'est-à-dire en remontant jusqu'en 1981, et même avant lors des grèves estudiantines de l'université gabonaise, demandés à être dirigés dans un modèle démocratique, c'est-à-dire par le principe de la limitation organisée du pouvoir par d’autres pouvoirs (judiciaire, législatif etc.) La démocratie et la liberté au sens noble, restent des aspirations humaines, des valeurs universelles, des normes sans frontières géographique. Elles ne sont pas valables seulement pour Chirac et son peuple, tandis que les africains sont jugés ne pas en être dignes car pas suffisamment "murs". Tout peuple désir la démocratie, même les Chinois qui s'enrichissent aujourd'hui sans elle, l'exigent. La preuve est le brouhaha autour du prix Nobel de la Paix cette année. Tous les peuples de la planète sont au même titre que les gabonais, susceptible de vivre dans un climat sociale et politique basé sur le refus de l’arbitraire.

2. Comment peut-on imposer l'arbitraire à un peuple et s'estimer légitime face á ce peuple?
Le régime Bongo est illégitime car il s'impose à la population gabonaise et érige l’arbitraire en méthode de gouvernance. L'arbitraire, c'est la loi de la jungle, la loi du plus fort, les inégalités ethniques, le favoritisme familiale, etc. Le pouvoir Bongo est illégitime car non voulu par le peuple, pourtant, il humilie, écrase, torture, et c’est ainsi! Le peuple ne peut rien, car c’est ainsi! Vu qu’il appartienne au plus puissant, c'est-à-dire aux Bongo, du droit de décision sur tout ce qui bouge au Gabon. Leur conception du pouvoir est celle des dictateurs, c'est-à-dire: "à qui détient le pouvoir, détient tous les droits". Les autres n'ayant droit qu'à la soumission, l'obéissance et la docilité. S'ils rouspètent, fini le boulot, les avantages et bonjour la galère. C'est ça le système Bongo. Ce système ne pourra jamais s'accommoder de démocratie, car la démocratie désarçonne leur raisonnement en ce qu'elle suppose qu'aucun pouvoir ne soit sacré; et que tout pouvoir soit une construction humaine, donc muable, et changeable et surtout, ayant une fin dans le temps. La démocratie refuse, s'oppose au pouvoir d’un seul homme/femme, ou d'une seule famille, sur le reste de la population. La démocratie proclame le pouvoir des citoyens sur eux-mêmes. Elle requiert les libertés politiques et civiles et affirme le respect de la pluralité. Elle exige la pratique du débat contradictoire et l’égalité de tous devant la loi. Comment les Bongo peuvent ils se prétendre légitimes quand leur pouvoir ne répond à aucun de ces critères.


La démocratie est un processus, certes parfois compliqué et litigieux, certes difficile, d’élaboration de règles qui font qu'un pays, qu'un peuple se prenne en main. Qu'un peuple décide de vivre dans l'égalité et la liberté. C'est-à-dire liberté de penser, liberté d’expression, liberté de parole, etc. La démocratie libère la raison critique ; elle libère la parole muette, la parole mutilée, la parole interdite, la parole étouffée, étranglée, écrasée. Parler, exprimer son opinion, ouvrir sa gueule, n’est ni un délit, ni un crime, tel que nous le constatons au Gabon des Bongo, ou on voit des journalistes intimidés, leur maisons visitées par des commandos qui détruisent leurs outils de travail, etc. Au contraire de la démocratie, comme tout régime illégitime, les Bongo nous proposent le déterminisme de naissance. C'est-à-dire que si vous êtes un Bongo, vous avez le pied à l'étriller avant tout autre gabonais, quelles que soient vos aptitudes. Les Bongo refusent la démocratie, car qui dit démocratie, dit liberté de choix, liberté de vote. Qui dit voter, dit élection. Et qui dit election, dit temps de débat, temps de compétition politique par la magie, la simple magie du bulletin de vote déposé dans l’urne. Mais pour les Bongo, la phobie de démocratie est telle qu'ils résument le vote en une série de manipulations des listes électorales, d'intimidations des électeurs, d'achats des voix, de bourrages d'urnes, de falsifications des procès verbaux, de détournements du suffrage universel. Le pouvoir Bongo reste et restera illégitime car il se refuse d'entrevoir l’imprévisible liberté des électeurs, et il leur refuse le changement et l’alternance dont tous les gabonais ont tant soif.

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