FRANÇOIS ONDO-EDOU’S EULOGY TO ANDRÉ MBA OBAME. L’ORAISON DE FRANÇOIS ONDO-EDOU À ANDRÉ MBA-OBAME


M François Ondo Edou (photo: Jean-Pierre Rougou)





Excellence, Mgr Jean Vincent Ondo, Excellence, Mgr Jean Bernard,

Révérends Pères,

Révérends Pasteurs Jean Marie et Rostand,

Frères et Sœurs en Christ ,

Mesdames et Messieurs.

Monsieur le Président Élu,

C'est avec douleur, une douleur intense, avec émotion, une émotion que j'ai du mal à contenir, que je viens, au nom de tous vos collaborateurs, c'est à dire, ceux qui vous ont accompagné tout au long de votre parcours administratif, politique et vos fonctions diverses, pour vous dire au revoir.

Je ne vous dis pas adieu, parce que rien ne meurt, tout est vivant. Vous n'êtes donc pas mort, vous avez seulement changé d'état. L'esprit a désormais pris le dessus sur la matière.

Monsieur le Président,

Nous sommes nombreux, et même trop nombreux à avoir bénéficié de vos largesses, de vos faveurs, de par votre biais, de promotions, à titre souvent très exceptionnel, de nominations à de hautes fonctions. La grande majorité d'entre nous, n'est pas ici et maintenant pour vous accompagner à votre dernière demeure. C’est dommage ! Nous avons tout oublié. Nous vous avons même enterré avant votre mort physique.

Oui, nous sommes trop nombreux à avoir oublié que si nous sommes aujourd'hui, gouverneur du Woleu-Ntem, préfet de ceci ou directeur de cela, c'est grâce à vous. La peur de perdre nos fonctions nous tenaille au point que nous sommes incapables de venir en ces lieux pour l'hommage citoyen auquel vous avez droit.

Oui, nous sommes trop nombreux à avoir oublié que nous étions, pour certains, d'illustres inconnus qui, à eux seuls, sans votre parapluie, ne pouvaient se hisser au niveau où vous nous avez placés.

Oui, habités par une ingratitude inqualifiable, nous sommes trop nombreux à vous avoir lâchement abandonné, lorsque la dictature émergente lâchait ses chiens et ses loups pour vous faire la chasse.

Oui, Monsieur le Président, nous sommes trop nombreux à ne pas avoir été loyaux et fidèles, au moment où vous étiez en droit d'attendre de nous, un tout petit soutien, un tout petit réconfort, surtout quand les chiens du pouvoir usurpé vous mordaient de leurs dents rageuses.

Oui, nous sommes trop nombreux, vraiment trop nombreux à vous avoir enterré avant l'heure dès lors qu'il était établi que votre retour sur la scène politique devenait hypothétique.
En un mot, nous sommes trop nombreux à vous avoir trahi.

Hélas, Monsieur le Président, c'est cela les hommes. C'est cela les Gabonais. C'est cela le monde de la politique, fait de renégats, d'opportunistes, d'hypocrites, de méchants. Un monde dans lequel la haine et la trahison sont la règle qui fonde les relations dans les milieux où les hommes se disent pourtant du même bord.

Oui, la trahison, celle-là même qui vous conduit prématurément dans l'au-delà. En ce qui vous concerne, Monsieur le Président, la trahison venait souvent des cercles insoupçonnables, de ceux à qui vous avez tout donné. Elle venait de ceux que vous avez fabriqués de toutes pièces et qui bénéficiaient de votre totale confiance. Elle venait d'expatriés à qui vous avez offert l'hospitalité légendaire des Gabonais et qui, aujourd'hui se réjouissent de votre disparition. Ils se disent aujourd'hui plus Gabonais que nous tous.

Tous ces actes posés par des personnes à qui vous n'avez fait que du Bien, je le sais pour en avoir longuement discuté avec vous, vous ont causé beaucoup de peine, beaucoup de remords.

Au nom de tous ceux-là, je voudrais, par Devoir, demander à votre respectueuse mémoire, le Pardon de ces collaborateurs qui ont manqué de foi, de loyauté et de fidélité.

Sur la croix, Jésus disait à son Père:" pardonnez-les, car ils ne savent pas ce qu'ils font. "

Monsieur le Président, pour que le Plan de Dieu s'exécute, pour que le Fils de l'Homme soit livré à ses bourreaux, il fallait nécessairement qu'il y ait Judas. C'est par le baiser, symbole d'amour, que Jésus fut trahi.

Des Judas, vous ont accompagné toute votre vie durant. Ils étaient votre croix.
Mais à côté de Judas, il y avait Jean, Mathieu, Marc et les autres.

Monsieur le Président, à côté de ceux qui vous ont trahi, il y a fort heureusement, des collaborateurs qui vous ont accompagné et soutenu jusqu'au bout. Jusqu'à votre dernier soupir.

Jusqu'à votre dernier soupir, ils ont fait montre de fidélité, de loyauté et d'amour.
Jusqu'à votre dernier soupir, ils vous ont assisté.
Jusqu'à votre dernier soupir, ils vous ont accompagné à Johannesburg, Paris, Tunis, Niamey et Yaoundé.

Monsieur le Président, Amiral est de ceux-là. Qu'il soit rendu à ce garçon et aux autres qui ont tant donné pour vous, l'hommage qu'ils méritent: Obame, Akoue, Jean Christian et j'en passe.

Ils ont montré aux yeux du monde qu'il y a encore des hommes fidèles, prêts à tout donner pour les autres, prêts à accompagner quelqu'un jusqu'au sacrifice suprême.

Maintenant que l'arbre qui protégeait Amiral et les autres est tombé, ils ont besoin que notre cercle leur procure l'ombre dont ils ont besoin pour leur sécurité et leur épanouissement.

Monsieur le Président, vous m'avez fait l'insigne honneur de m'inviter à votre chevet à Yaoundé, avec quelques-uns de vos collaborateurs et certains de vos parents triés sur le volet. Je voudrais vous témoigner notre reconnaissance infinie. Sentant votre mort prochaine, vous m'avez demandé de vous faire le point de nombreux dossiers. Vos instructions et vos orientations m'obligeront désormais.

Pour ce qui est de notre Parti, ensemble nous avons élaboré un programme de travail pour l'implantation définitive de l'Union Nationale sur l'ensemble du territoire national.

Vous m'avez clairement demandé, en votre absence et en ma qualité de Secrétaire Exécutif Adjoint, de tout mettre en œuvre pour que notre Parti, l'Union Nationale, soit toujours le parti de référence, le parti le plus fort de l'échiquier politique.

Je vous l'ai promis et je le réaffirme de manière solennelle, je ne ménagerai aucun effort pour atteindre les objectifs que vous avez assignés à l'Union Nationale. Vous m'avez rappelé, à l'occasion, que j'ai toujours été, à vos côtés, l'homme des missions difficiles et que vous tenez absolument à ce que cette mission soit couronnée de succès. Vous pouvez compter sur ma détermination et ma loyauté.

C'est le lieu de dire au peuple ici rassemblé, peuple du Woleu-Ntem, peuple de toutes les autres provinces, que c'est cela votre dernière volonté. C'est cela votre testament. A tous ceux qui ont cru en vous il vous appartient désormais d'agir en conséquence, pour que votre volonté s'accomplisse.

A l'heure de nous séparer, Monsieur le Président, soyez assuré que vous êtes désormais un modèle, une marque de fabrique au Gabon et partout en Afrique. Vous êtes parmi les immortels. Votre exemple portera ses fruits. Sachez que nous ferons triompher les idées qui vous étaient chères et pour lesquelles vous avez offert votre propre vie en sacrifice.

Les générations présentes et futures continueront à glorifier vos œuvres qui marqueront à jamais l'Histoire du Gabon.

Au revoir, Monsieur le Président et que la terre vous soit légère.

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