LE CINÉMA « ÉMERGENT » : LA PAROLE D’ALI BONGO PORTÉE Á L’ÉCRAN




Après la mise en place dans les media d’état, d’un matraquage pro Ali Bongo par le truchement d’émissions comme « Pluriel », et éditoriaux « voix de son maitre » de gens comme Lin-Joël Ndembet, c’est au tour d’un cinéma d’un genre un peu particulier d’être développé au Gabon, par le pouvoir. De petites productions financées par le ministère de la communication de Laure Ngondjout avec des thèmes tres « émergents » et des dialogues qui n’hésitent pas à directement paraphraser Ali Bongo, ont été portées à l’écran et sont diffusées en primeur sur la RTG1 en « prime time ».

1. Les dictatures adorent la création de mythes, et rien de tel que le cinéma pour le faire
C’est l’Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale qui la première, fit du cinéma un outil idéal de propagande. Hitler utilisa efficacement le cinéma dans son programme de la « Gleichschaltung », ou la « mise au pas » de la société allemande, et cet art devint un élément central du caractère totalitaire du régime. En effet, le cinéma est un puissant vecteur idéologique, en tant qu’il agit sur l’imaginaire collectif d’une population. La très talentueuse Leni Riefenstahl se mettra au service d’Hitler en réalisant des films qui encensaient le régime nazi. Au Gabon, l’échelle n’est pas la même, mais on observe déjà que le pouvoir par son bras séculier qu’est Laure Ngondjout, encourage la production de films dont les thèmes sont souvent identiques aux énoncés d’Ali Bongo. On assiste donc à une production pouvant s’apparenter plus ou moins fortement à de la propagande. Nous avons regardé le dernier film de Melchy Obiang, un gabonais très talentueux qui mérite vraiment mieux. Mais son film « La Pancarte » est une pâle excuse artistique qui en fait sert de véhicule à une espèce d’éducation bongoïste du peuple gabonais. C’est ainsi que ce film encourage dans sa mise en scène, des comportements allant dans le sens de la propagande d’Ali Bongo. Même les dialogues sont truffés de rengaines du style : « le pays en en train de changer », « nous sommes dans l’émergence », « il faut adopter les nouvelles méthodes » etc. Le film met en scène un politicien moralisateur qui va dans un village de Ntoum apporter la « bonne nouvelle » émergente aux populations. Pour quelqu’un d’aussi talentueux que Melchy Obiang, réaliser de tels navets propagandistes financés par Laure Ngondjout, est un vrai gâchis. Mais comme dirait l’autre, nous comprenons son mercantilisme car il lui faut bien vivre et la propagande d’Ali Bongo paie bien.

2. Heureusement qu’au Gabon, le peuple n’est pas aussi perméable à la propagande que le croit le pouvoir.
Même si le cinéma gabonais a connu une fluctuation historique en dents de scie, l’histoire nous apprend que le peuple gabonais a souvent été en mesure de séparer l’art cinématographique réel, des productions à caractère politique. C’est ainsi que les mêmes gabonais qui ont adoré « la Cage », « les Tam-tams se sont tus », « Où-Vas-Tu Koumba ?» et les autres productions artistiques, ont été très froids et assez réfractaires aux productions bongoïstes comme «Demain un Jour Nouveau», « Ayouma », « Obali » etc. Pourtant, ces productions bongoïstes bénéficiaient de budgets colossaux. Mais rien à faire, les gabonais on vu à travers la mascarade et son restés froids face à ces films. En dehors des tartuffes qui veulent se faire bien voir et affirment qu’ils adorèrent ces films, que ce sont des chefs d’œuvre etc. Ainsi, malgré les moyens à la disposition des bongoïstes, il ne leur est pas facile d’influencer les mentalités collectives des populations. Le problème pour les bongoïstes est que leur "guerre des images" exige plus de professionnalisme, car quand on regarde l’émission Pluriel par exemple, on est mort de rire tellement la propagande de cette émission est stéréotypée et caricaturale. Les gabonais sont heureusement plus futés qu’on ne le croit. Les messages bongoïstes recevrons certainement une approbation superficielle car les gens ont peur des représailles de perte d’emplois etc., mais notre public qui est de plus en plus critique, décèle facilement les visions manichéennes du bongoïsme, et les trouve peu crédibles, malgré les faux semblant de surface.

Nous ne nous faisons aucune illusion que certains de ces films connaitront un écho populaire ostentatoire car, ces films de propagande produits pour le cinquantenaire de l’indépendance, sous la tutelle du Ministère de l’Information, vont être diffusés au maximum. Comme d’habitude, les gabonais vont se lasser des bêtises bongoïstes, et les situations surréalistes avec des films où des images de posters d’Ali Bongo sont montrés de manière incongrue, vont avoir pour conséquence la decrédibilisation de ces films. Même la vague actuelle du « notre culture est vraiment formidable!” aussi passera, car au finish les gabonais resteront en manque de tout ; et comme dirait le philosophe : « ventre affamé n’a point d’oreille ». Donc, la mission bongoïste qui prône un cinéma qui doit encourager « l'adhésion » de la population au nouveau régime et « l’éduquer » à son goût. Pour les bongoïstes, la mission de ce cinéma de propagande serait de peindre la réalité du pays telle qu'elle « devrait être » et non telle qu'elle est. C’est ça le phantasme bongoïste qu’on veut vendre aux gabonais ; celui de la perpétuelle attente du lendemain meilleur.

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