A SLAVE DOES NOT BECOME FREE JUST BECAUSE THEY ARE LIBERATED. L’ESCLAVE NE DEVIENT PAS LIBRE DU FAIT D’AVOIR ÉTÉ AFFRANCHI


(Photo Pahé)




English Version


The beginning of African independence was marked by the simultaneous publication of two books that have now become essential in literature: the "Wretched of The Earth" by Frantz Fanon and "The Colonizer and the colonized" by Albert Memmi. These works allowed the intelligentsia, of both the colonizer and the colonized, to realize that colonization was a dead end. Today, the dictatorial and totalitarian system which replaced the colonial system in many African countries is breathless and as did Fanon and Memmi, it is the duty of all of us to give it the fatal blow that will finally liberate the minds.

But ultimately, what's a freed mind?

To overcome a totalitarian system, to break away from it, it is first necessary to release oneself from the ideas by which one is bound to it and thus dominated. This means in simple terms that we must clearly define the boundary of the dictatorship. That is to say, to become aware of the real nature of our situation, its contours, the opposing forces and the real issues on the question of democracy in our country. At the end of this journey, it will be understood that a system of oppression only makes concessions to consolidate its position. And even when it makes concessions, they are just miserable offerings that can flatter our ego, but never live up to the ambitions of the liberation of the people. But these small concessions help the dictatorship to polish its image and mislead the public about the reality on the ground. So after going through this process, the liberated minds will no longer accept to collaborate with the system to the point of being reduced to helpless accessories of the dictatorship, as we have seen recently with the NGO ALCR which up to that point, was courageously fighting against ritual crimes.

Liberated minds cease to be naïve and realize that it is unrealistic to expect justice from a system built on the arbitrary and that transparency, independence of the institutions and the separation of powers could never be expected from a system that is based on the falsification of the elections and the rejection of any genuine popular sovereignty. Liberated minds would know that it is only by clearly aligning oneself to the country real democratic needs that good policies which could lead to emancipation would be achieved.

Long ago, Jean Paul Sartre described the mechanisms for the collapse of any system of oppression (here the case of colonization) that lead them inexorably towards self-destruction, by asking the following question in the preface of the book by Albert Memmi "The Colonizer and the colonized", which could be adapted to the case of Gabon’s dictatorship: "conservatism breeds the selection of mediocrity. How can it base its privileges, these elites of usurpers aware of their mediocrity? The only way: lowering the colonized to elevate themselves, to refuse to indigenous people the qualities of man, to define them as mere deprivation ... Oppression justifies itself: the oppressors produce and maintain the conditions that make the oppressed, in their eyes, more and more similar to what they must be to deserve their fate." It is from this relationship of psychological dependence that the Gabonese people must free themselves. When the Gabonese people would have freed their minds, they would know that they should not be amazed when a portion of road is paved for 10 billion CFA francs, while $ 65 billion have been spent to buy a mansion in the name a company managed by Maixent Accrombessi. A free mind is not satisfied with a few miles of paved road when hundreds of billions of CFA francs are diverted from the public treasury.

The slave does not become free from the mere fact of having been liberated, say philosophers. Freedom is a status that can only be accessed by those who have managed to achieve a higher consciousness. As long as an individual has not begun to free themself, they only continue to imitate their master, and as long they remain fixated on the master, they cannot turn toward the world as free beings. Gabon needs its citizens to be less slavish under the circumstances imposed on them and more masters of their collective destiny that is yet to be determined.

It is once the mind is freed from all constraints, that the slave becomes free. Such a free spirit does not accept the notion of intellectual and moral mutilation which command them to abandon the choice of freedom to voluntarily offer to be drafted in the service of the dictatorship and arbitrary practices, and become one of its protégés, going to join the ranks of the large dump of human waste that team PDG has become.




Version Française


Le début des indépendances Africaines a été marqué par la parution simultanée de deux ouvrages devenus aujourd’hui incontournables de la littérature: les « Damnés de la Terre » de Frantz Fanon et « Portrait de Colonisé » d’Albert Memmi. Ces ouvrages avaient permis à l’intelligentsia, aussi bien colonisatrice que colonisée, de réaliser que la colonisation était une voie sans issue. Aujourd’hui, le système dictatorial et totalitaire qui a remplacé le système colonial dans beaucoup de pays africains, est à bout de souffle et comme l’on fait Fanon et Memmi, il nous appartient à tous de lui donner ce coup fatal qui libèrera enfin les esprits.

Mais finalement, qu’est-ce qu’un esprit libéré?

Pour pouvoir dépasser un système totalitaire, pour s’en affranchir, il convient au préalable de se libérer des fixations par lesquelles on est tenu pour dominé. C’est à dire en termes simples que nous devons clairement définir la ligne de démarcation de la dictature. C'est-à-dire prendre conscience de la nature réelle de notre situation, de ses contours, des forces en opposition et des véritables enjeux sur la question démocratique dans notre pays. Au sortir de ce cheminement, on comprendra qu’un système d’oppression ne fait jamais de concessions que pour conforter sa position. Et même quand il fait des concessions, celles-ci ne sont que de misérables offrandes qui peuvent flatter notre ego, mais ne sont jamais à la mesure des ambitions de la libération des peuples. Mais ces petites concessions aident la dictature à soigner son image et à tromper l’opinion sur la réalité du terrain. Au sortir donc de ce cheminement, les esprits libérés n’accepteront plus de collaborer avec le système au point d’être réduits à des impuissants accessoires de la dictature, comme nous l’avons vu dernièrement avec l’ONG ALCR qui jusqu’ici luttait courageusement contre les crimes rituels.

Les esprits libérés cesseraient d’être naïfs et sauraient qu’il soit illusoire d’espérer une justice d’un système bâti sur l’arbitraire; que la transparence et l’indépendance des institutions et la séparation des pouvoirs ne pourraient jamais être attendues d’un système basé sur la falsification des élections et le refus de toute véritable souveraineté populaire. Les esprits libérés sauront que ce n’est qu’en se déterminant clairement par apport aux véritables besoins démocratiques du pays qu’une bonne politique pouvant conduire à son émancipation serait obtenue.

Il y a bien longtemps, Jean Paul Sartre décrivit les mécanismes de déchéance de tout système d’oppression (ici le cas de la colonisation) qui les conduisent inexorablement vers l’autodestruction en posant la question suivante dans la préface qu'il fit du livre d’Albert Memmi « Portrait de Colonisé », qu’on pourrait adapter au cas de la dictature gabonaise: « Le conservatisme engendre la sélection des médiocres. Comment peut-elle fonder ses privilèges, cette élite d’usurpateurs conscients de leur médiocrité ? Un seul moyen : abaisser le colonisé pour se grandir, refuser la qualité d’homme aux indigènes, les définir comme de simples privations… L’oppression se justifie par elle-même : les oppresseurs produisent et maintiennent de force les maux qui rendent à leurs yeux l’opprimé de plus en plus semblable à ce qu’il faudrait qu’il fût pour mériter son sort. » C’est de cette relation de dépendance d’abord psychologique que doivent se libérer les gabonais. Quand les gabonais auront libéré leurs esprits, ils sauront qu’ils ne devraient pas s’émerveiller quand une portion de route est goudronnée pour 10 milliards de francs CFA alors que 65 milliards ont été dépensé à l’achat d’un hôtel particulier au nom d’une société gérée par Maixent Accrombessi. Un esprit libéré ne se satisfait pas de quelques km de route goudronnées quand des centaines de milliards de francs CFA sont détournées de la trésorerie publique.

L’esclave ne devient pas libre du simple fait d’avoir été affranchi, disent les philosophes. La liberté est un statut auquel ne peuvent accéder que ceux qui ont réussi à atteindre un statut de conscience supérieure. Tant que l’homme n’a pas entrepris de se libérer lui-même il ne fait que continuer d’imiter son maître et tant que subsiste la fixation au maître, il ne peut se tourner vers le monde en être libre. Le Gabon a besoin que ses citoyens soient moins esclaves des circonstances qui leurs sont imposées et plus maitres de leur destin collectif qui reste à déterminer.

C’est une fois l’esprit libéré de toute contrainte corvéable, que l’esclave devient libre. Un tel esprit libre n’accepte plus la notion de mutilation intellectuelle et morale qui lui commande l’abandon du choix de la liberté, pour volontairement s’offrir à être repêché au service de la dictature et de l’arbitraire, et devenir l'un de ses protégés; allant ainsi grossir les rangs du vaste dépotoir de déchets humains qu’est devenue l’écurie PDG.

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