LETTER TO JONAS MOULENDA. LETTRE À JONAS MOULENDA


Photo: Gabonreview


English Version


Dear Jonas Moulenda, sorry, Mr. Jonas Moulenda (yes, you are a gentleman with capital letters)

First, congratulations to you for getting rid of what had become for you an uncomfortable load, the government daily "L’Union". This blog is by this letter, in solidarity of your work that has always taken the paths of justice, truth, human and civil rights. God knows that since 2009, you have seen all kinds of troubles. Who does not remember the invasion of your home by the armed forces after you had published the truth about the massacre of Port-Gentil? Today, as you do your part in bringing to the attention of the world the reality of another massacre in Gabon, the ritual crimes; those for whom you are a danger, have decided that you had to keep quiet and that your pen should run out of ink. They have attacked you personally and professionally. In the mind of these people, you are more dangerous than the ritual crimes are for the Gabonese population. You understand that between those who want to shut you up and the sponsors of ritual murders, the convergence of interests is perfect. One could even stipulate whether they are one and the same group of people.

As an information professional, you have with constant courage continued to refuse to become complicit in a crime against humanity, the butchering of human beings for their organs. While other members of your profession have agreed to work with sponsors when they had to miraculously transform human organs into pachyderm meat, you stayed focused to your values by directly heckling those serving as the highest authorities in Gabon, on the unacceptable nature of these killings with impunity. By this act of questioning, you as a good citizen applied the axiom present in democracies, which says that the action of governments, i.e. policy, follows public opinion. You have challenged these leaders because you are certainly aware that whatever the step on which you are on the social ladder, one must be properly informed on the true events of their society to better serve it. But we are in Gabon and the ones you wanted to inform about the ambient risk in the country, felt it was better for them that you keep quiet. Crime, as money, does not like noise or too prying eyes.

In the world of information at the orders of the regime, it is obvious that you became a pariah. Your articles were excellent, you were always factual and provided perspective. At the opposite of those of your many colleagues that nobody reads anymore, preferring obituaries and sports pages to the many "emergence" praises that abound in the daily you just left.

There is no doubt that your bosses at "L’Union" have asked you to be "reasonable" and write blissfully optimistic articles. You could have done that with even a promotion as a carrot, or a position somewhere as a stooge like dozens of others. Your only fault, your only sin, in our opinion, is to have followed the Universal Declaration of Human Rights, which instructs us to fight for freedom of information and thought. How could you do your job of free journalist, if the rulers of Gabon despise press freedom and violate human rights with regularity? Gabon is experiencing a crisis of morality as honest and brave people are now considered strange. Those who do not divert public funds are considered "absentminded".

Mr. Moulenda, by specializing in crime stories in Gabon, you allowed all of us to measure the degree of decay of our society. Unfortunately, a decay that bosses at the newspaper "L’Union" chose not to see. But the future belongs to you because you have honesty and truth on your side. Who will remember the many minions that swarm in Gabonese journalism in 20 years? But you, your brand will be permanent because it will be remembered. We wish you more success in whatever you decide to do in your future and do not forget that whatever your new medium, the Internet is probably the most effective means of information for the popularization and dissemination of knowledge to more people. Use it and we will be awaiting to read you with the same appetite as in the past.

Thank you for your past contributions and exciting future one we expect equally essential.

Take care and especially good luck!



Version Française


Cher Jonas Moulenda; Pardon, Monsieur Jonas Moulenda (oui, vous êtes un Monsieur avec un grand « M »),

D’abord, toutes nos félicitations de vous être débarrassé de ce boulet qu’était devenu pour vous le quotidien gouvernemental « L’Union ». Ce blog vient par ce courrier, se solidariser de votre démarche à toujours arpenter les sentiers de la justice, de la vérité et des droits civiques et humains. Dieu sait que depuis 2009, vous en avez vu des vertes et des pas mures. Qui ne se souvient pas de l’invasion de votre domicile par les forces armées après que vous ayez publié la vérité sur les massacres de Port-Gentil? Aujourd’hui, alors que vous faites votre part pour porter à l’attention du monde la réalité d’un autre massacre en cours au Gabon, celui des crimes rituels; ceux pour qui vous êtes un danger ont décidé qu’il fallait que vous vous taisiez et que votre plume n’ait plus d’encre. Ils s’en sont pris à vous personnellement et professionnellement. Dans l’esprit de ces gens, vous êtes plus dangereux que les crimes rituels ne le sont pour la population gabonaise. Vous comprendrez qu’entre ceux qui veulent vous faire taire et les commanditaires des crimes rituels, la convergence d’intérêt est parfaite. On pourrait même stipuler qu’il s’agisse d’un seul et même groupe de personnes.

En tant que professionnel de l’information, vous avez avec courage constant, continué de refuser de devenir complices d’un crime contre l’humanité, le dépeçage d’êtres humains pour le prélèvement de leurs organes. Alors que d’autres membres de votre profession ont accepté de travailler avec les commanditaires quand il a fallu transformer miraculeusement des organes humains en viande de pachyderme, vous êtes resté égal à vous-même en interpelant directement ce qui tient lieu de plus hautes autorités au Gabon sur le caractère inacceptable de ces massacres en toute impunité. Par ce geste d’interpellation, vous avez citoyennement appliqué l’axiome en vigueur dans les démocraties, qui veuille que l’action des gouvernants, donc politique, suive l’opinion publique. Vous avez interpellé ces gouvernants car vous êtes certainement conscient du fait que quelle que soit la marche sur laquelle on se trouve sur l’échelle sociale, on doit être correctement informé sur les véritables phénomènes de sa société pour mieux la servir. Mais nous sommes au Gabon et ceux que vous vouliez informer des risques ambiants dans le pays, ont jugé qu’il valait mieux pour eux que vous vous taisiez. Le crime, comme l’argent, n’aimant pas le bruit; ni les regards trop inquisiteurs.

Dans le monde de l’information aux ordres, il est évident que vous étiez devenu un pariât. Vos articles étaient excellents; vous y rappeliez les faits et les placiez en perspective. A l’opposé de ceux de vos nombreux confrères et consœurs que plus personne ne lit, préférant les pages nécrologiques et sportives aux nombreuses dithyrambes « émergentes » qui foisonnent dans le quotidien que vous venez de quitter.

Il n’y a pas de doute que vos patrons à « L’Union » vous ont demandé d’être plus « raisonnable », et d’écrire des articles béatement optimistes. Vous aurez pu le faire, avec à la clé une promotion, une place de larbin quelque part comme des dizaines d’autres. Votre seule faute, votre seul péché, à notre avis, est d’avoir suivi la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui instruit qu’on se batte pour la liberté d'information et de la pensée. Comment auriez-vous pu faire votre travail de journaliste libre, si les gouvernants du Gabon méprisent la liberté de la presse et bafouent les droits de l'homme avec régularité? Le Gabon connaît une crise de moralité telle que les gens intègres et courageux sont désormais considérés comme des malades. Ceux qui ne détournent pas deniers publics sont considérés comme des « maboules ».

Monsieur Moulenda, en vous spécialisant dans les faits divers au Gabon, vous nous avez permis à tous de mesurer le degré de décrépitude de notre société. Une décrépitude malheureusement que les patrons du journal « L’Union » choisissent de ne pas voir. Mais l’avenir vous appartient car vous avez la probité et la vérité de votre cote. Qui se souviendra de ces nombreux larbins qui pullulent dans le journalisme gabonais dans 20 ans? Mais vous, votre marque sera indélébile car elle aura marqué les esprits. Nous vous souhaitons encore plus de succès dans vos toutes prochaines entreprises et n’oubliez surtout pas que quel que soit votre nouveau medium, le net est sans doute le moyen d’information le plus efficace aujourd’hui, pour la vulgarisation et dissémination de l’information au plus grand nombre de manière efficace. Servez-vous en et nous serons aux premières loges pour vous lire avec le même appétit que par le passé.

Merci pour vos contributions passionnantes passées et pour les futures que nous anticipons tout aussi essentielles.

Bien à vous et surtout bon vent !

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