THE STOPPAGE OF THE DEMOCRATIC EXPERIENCE IN EGYPT IS A GOD-SEND FOR DICTATORS. L’ARRÊT DE L’EXPÉRIENCE DÉMOCRATIQUE EN EGYPTE EST UNE AUBAINE POUR LES DICTATEURS

Photo: Voice of America



English Version

One of the most troubling aspects of the recent coup in Egypt that toppled its first democratically elected president in 60 years, was the elation with which the tyrants, non-democratically elected “leaders” of the region greeted that event. Only hours after Morsi was deposed, the Saudi Arabian royal family, not exactly an example of integrity and democracy, rushed to cheer the newly appointed Egyptian interim president, Adly Mansour. They were congratulating him for what? What has he done to deserve such congratulations? We guess that being handpicked by the military to be their puppet is a feat! The Saudis regime must feel comfortable with the quick demise of a democratically elected leader in the most influential Arab country. Democracy must not become contagious!

The fall of Morsi is an opportunity to dictators everywhere who conveniently think that democracy is a Western import that promises to bring troublemakers to power. Had the Muslim Brotherhood succeeded in running Egypt, then, it would have been demonstrated that Islam and democracy were not so incompatible, which would have undermined the claims to legitimacy and credibility of most of the middle eastern and Arab regime. If Egypt succeeded at becoming democratic, most of these regimes worried about their population becoming contaminated by ideas and practices of democratic rule. This is why the failure of the Morsi to hold on to power for even a year is celebrated in the official of most repressive countries, by congratulating the Egyptian people for getting rid of a so-called religious zealot, while these countries regimes conveniently forget the plight of their own populations under regimes that are equally if not more oppressive than Morsi had attempted to be.

If Morsi's fall is welcome by these repressive regimes, one should not forget that the situation in Egypt remains volatile and the news of the army firing and killing supporters of the ousted president. The reality is that the Egyptian people have in just 2 years time, staged two revolutions that have toppled two presidents they did not like. Nothing says that they are going to like the person the army will impose upon them. The instability could last for a while, until an equilibrium is reached. In the meantime, a lot a people could die. This is indeed a very dangerous moment, not just for Egypt but for the wider Middle East and African where experiments with democracy are still fragile, where they happen to exist. There is no doubt that many will interpret the deposing of a democratically elected president and the subsequent suspension of the constitution, as a strong message that bullets will always win over ballots in Africa and the Middle East.

What is going in on now in Egypt is not so different from what happened in the 90s in Algeria. As you remember, in 1991 the Islamist party FIS won the first round of the elections. But the then Algerian president, under heavy pressure from his generals, dissolved the parliament and annulled that elections. The Algerian Islamist movement decided that it would not let the regime steal its victory, launched a violent insurgency that lasted for 10 years and cost more than 150000 people lives. Even today, many of the problem existing in the Sahara today, such as arm smuggling, kidnapping for ransom, the destabilizing of Mali by the Touareg etc…, trace their origin during the Algerian civil war.

The Arab Spring protest movement overthrew corrupt and discredited regimes, mostly nonviolently. The toppling of Morsi and the following violence is what tyrants everywhere want, a reason to crush dissent and show that democracy only leads to chaos because Arabs and Africans populations are not ready for democracy. Anybody who asked for democracy is a trouble maker who must be crushed.

We must not underestimate what happened in Egypt because it is what has happened in Gabon time and again. People are being told one way of the other that democracy, true democracy, will never be available to them. What do such people have to do to obtain their democracy? They have to pick up arms. Morsi may have been himself a democratically elected tyrant; but he should have been removed through an election, not by military force. The manner of his departure could pave the way for something far worse – for Egypt and beyond.



Version Française

Un des aspects les plus troublants du récent coup d'Etat en Egypte qui a renversé le premier président démocratiquement élu en 60 ans, est l'exaltation avec laquelle les tyrans, non démocratiquement élus, qui sont "leaders" de la région ont accueilli cet événement. Quelques heures seulement après que Morsi ait été déposé, la famille royale saoudienne, pas exactement un exemple d'intégrité et de la démocratie, s’est précipitée pour féliciter le président intérimaire égyptien nouvellement nommé, Adly Mansour. Ils le félicitaient pour quoi? Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter de telles félicitations? On devine mal que d'être cueilli par les militaires et désigné d'être leur marionnette, soit un exploit! Le régime Saoudien doit se sentir plus à l'aise suite à la chute rapide d'un dirigeant démocratiquement élu dans le pays arabe le plus influent. La démocratie ne doit pas devenir contagieuse!

La chute de Morsi est opportune pour les dictateurs partout dans le monde qui pensent déjà que la démocratie est une importation occidentale qui promet d'amener des fauteurs de troubles au pouvoir. Si les Frères musulmans réussissaient à gouverner l’Egypte, alors, il aurait été démontré que l'islam et la démocratie ne sont pas si incompatibles que ça, ce qui aurait miné les prétentions à la légitimité et à la crédibilité de la plupart des régimes moyen-orientaux et arabes. Si l'Egypte réussissait à devenir démocratique, la plupart de ces régimes s’inquiétaient que leur population ne soient contaminés par les idées et les pratiques de cette démocratie. C'est pourquoi l'échec de Morsi qui n’a pas pu se maintenir au pouvoir, même pour une année, est célébrée dans la presse officielle de la plupart de ces pays répressifs, en félicitant le peuple égyptien pour s’être débarrassé d'un fanatique religieux, alors que ces régimes oublient commodément le sort de leurs propres populations qui vivent dans des conditions qui sont tout aussi, sinon plus oppressives que celles instaurées par Morsi.

Si la chute de Morsi est la bienvenue pour ces régimes répressifs, il ne faut pas oublier que la situation en Égypte demeure volatile et les nouvelles disant que l'armée a tiré et en tué des partisans du président déchu, sont alarmantes. La réalité est que le peuple égyptien a en seulement 2 ans, organisé deux révolutions qui ont renversé deux présidents dont il ne voulait plus. Rien ne dit qu'il va aimer la personne que l'armée va lui imposer. L'instabilité pourrait durer un certain temps, jusqu'à ce qu'un équilibre soit atteint. Entretemps, beaucoup de personnes pourraient mourir. C'est en effet une période qui s’annonce très dangereuse, non seulement pour l'Egypte mais pour le Moyen-Orient et de l'Afrique où les expériences en matière de démocratie sont encore fragiles, là où elles existent. Il ne fait aucun doute qu'ils seront nombreux à interpréter la destitution d'un président démocratiquement élu et la suspension ultérieure de la Constitution, comme un message fort que les balles vont toujours l’emporter sur les bulletins de vote, en Afrique et au Moyen-Orient.

Ce qui se passe en ce moment en Egypte n'est pas si différent de ce qui s'est passé dans les années 90 en Algérie. Comme vous le savez, en 1991, le FIS, le parti islamiste, avait remporté le premier tour des élections. Mais le président algérien d’alors, sous la forte pression de ses généraux, a dissous le Parlement et annulé la tenue d'élections. Le mouvement islamiste algérien décida qu'il ne tolérait pas que le régime lui vole sa victoire, et lança une violente insurrection qui dura 10 ans et coûta plus de 150000 vies. Même aujourd'hui, la plupart des problèmes existant dans le Sahara, comme la contrebande et le trafic d’armes, les enlèvements contre rançon, la déstabilisation du Mali par les Touareg etc ..., trouvent leurs origines dans la guerre civile algérienne.

Le mouvement de protestation dit du Printemps Arabe a renversé des régimes corrompus et discrédités, de manière plutôt non-violente. Le renversement de Morsi et la violence qui s’en suit est ce veulent les tyrans de ce monde, avides d’excuses pour écraser la dissidence et montrer que la démocratie ne mène qu’au chaos parce que les populations arabes et les africaines n’y sont pas prêtes. Toute personne qui réclamera la démocratie sera un fauteur de troubles qui devra être écrasé.

Nous ne devons pas sous-estimer ce qui s'est passé en Egypte car c'est sous une autre forme, ce qui se passe régulièrement au Gabon. On dit aux gens d’une manière ou l'autre que la démocratie, la vraie démocratie, ne sera jamais mise à leur disposition. Qu'est-ce que ces gens doivent donc faire pour obtenir leur démocratie? Ils doivent prendre les armes. Morsi était peut être un tyran démocratiquement élu, mais il aurait dû être demis par voie électorale, et non pas par la force militaire. Les modalités de son départ pourraient ouvrir la voie à quelque chose de bien pire - pour l'Egypte et au-delà.

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