QUAND ALBERT ONDO OSSA POINTA LE DESASTRE, LES GABONAIS REGARDERENT SON DOIGT




Il est professeur d'université, économiste, et fut candidat indépendant à la présidentielle du 30 août 2009. Le 16 août dernier il passait à l'émission «Débats» de la RTG1, et fit une prédiction qui fit couler beaucoup de salive et d'encre: "au Gabon, il n'y a pas d'argent pour payer les fonctionnaires à la fin du mois". Le régime Bongo automatiquement monta au créneau. Fidèle Ntsissi, le trésorier payeur général de l'époque, fit savoir que les difficultés que rencontraient les fonctionnaires pour entrer en possession de leur salaire au guichet du Trésor public étaient dues à un manque de liquidités, qui lui même fut attribué à une panne d'électricité. De son côté, le ministre des finances, Blaise Louembé, assurait que les fonctionnaires seraient payés qu'il vente ou qu'il neige. Le drame est que plusieurs mois plus tard, force est de constater que Ondo Ossa avait raison. Le Gabon est exsangue et n'arrive plus à honorer ses engagements. Quelle chute pour le Gabon!

1. Comment le Gabon s'est ruiné
A son accession à l'indépendance le 17 août 1960, le Gabon hérite d’une dette coloniale de 200 millions de francs CFA. Cette somme représente environ 3% de ses recettes budgétaires, pas grand-chose pour le pays. Cette dette provenait des projets de l'AEF, et le Gabon devait donc rembourser les dettes du gouvernement général de l’AEF, dettes qui essentiellement avait servi à construire Brazzaville. En prévision de l'indépendance, des 1957, Léon Mba et l'autorité coloniale décident d'effectuer des travaux dans le cadre l’édification des structures administratives, et l’aménagement des voiries. C'est en ce moment que la cité Batterie IV comptant initialement 28 logements, fut construite. Apres 1960, Léon Mba obtient un prêt pour 35 millions de F CFA pour la Société Immobilière du Gabon; 3 milliards de F.CFA pour la construction des axes routiers Ndjolé-Alembe (40 kms), Alembe-Lalara (80 Kms) et Alembé-Ayem (65 Kms); 940 millions de F.CFA pour la construction des routes Ayem-Mikongo et Ayem-Basse-Obiga; 900 millions de F.CFA pour la réalisation du barrage de Kinguélé; 366 millions de F.CFA pour l’électrification et l’adduction d’eau de la zone du port d’Owendo; 55 millions de F.CFA pour la construction du nouvel aérogare de Libreville. Comme on le constate, le Gabon s'endettait pour la réalisation de projets structurants nécessaires et porteurs.
La combinaison mortelle pour le Gabon viendra d'une part de l'accession d'Albert-Bernard Bongo au pouvoir, et d'autre part du boom pétrolier qui commence pour le Gabon en 1970. Les années 1970 constituent un tournant décisif pour la dette du Gabon. La politique budgétaire du pays devient expansionniste et le pays emprunte sans retenu pour des projets pharaoniques comme la construction du chemin de fer Libreville-Franceville, alors que le tracé de Léon Mba prévoyait Owendo-Belinga. C'est à cette période aussi que Bongo décide d'organiser le sommet de l'OUA qui lui aussi sera un gouffre à sous. Malgré l'importance des recettes pétrolières, les dépenses budgétaires sont telles que d'années en années, le Gabon de Bongo accumule des déficits. Si quand Léon Mba décède en 1967, il laisse à Omar Bongo une balance de paiement excédentaire, avec une dette ne représentant que 25% des recettes; sous Omar Bongo et ce malgré des revenus pétroliers astronomiques provenant d'une production de 260000 barils par jour, en 1979 le rapport de la dette contre les recettes budgétaires est inexplicablement de 146%. La dette annuelle est maintenant supérieure aux recettes annuelles. Le pays est déficitaire, et commence alors le calvaire des Gabonais. Où sont passés tous les milliards du pétrole? En 12 ans de pouvoir, Bongo a ruiné le Gabon, en 42 ans il l'a mis par terre. Il reçu un pays excédentaire en recettes, essentiellement du bois; et quand il est mort après 42 ans, il laissera un pays en lambeaux, totalement par terre, avec une économie allant de déficit en déficit.

2. La situation actuelle
Le Gabon n'a pas d'argent. Tout ce qui se fait au Gabon est le fruit soit de dons, soit d'emprunts. Et qui dits emprunts, dit plus de dettes encore. Le Gabon a déjà connu une situation similaire, quand la gabegie avait conduit le pays à un taux d'endettement de 2460 milliards de F CFA en 1998. Le pays fit banqueroute et fut mis en cessation de paiement. Cette situation a entraîné l’instauration d’un régime de sanctions de la part des bailleurs de fonds, qui ne fut levé qu'en 2001 lorsque les arriérés de paiement ont commencé à être remboursés. Si le Gabon n'a pas su capitaliser sur son boom pétrolier, ce n'est pas maintenant que les réserves diminuent rapidement chaque année qu'il va réussir avec les mêmes personnes en chargent de ses destinées. C'est ce qu'avait voulu expliquer aux Gabonais Ondo Ossa, mais au lieu de l'écouter et analyser ses prédictions, les Gabonais ont préféré jouer aux fanfarons. Aujourd'hui, les résultats sont là, le Gabon va de part le monde emprunter à tour de bras et brader notre foret, qui à la chine pour obtenir la construction de quelques bâtiments, qui à des Bresiliens etc. Le plus gros symptôme est la CAN 2012 que le Gabon n'arrivera pas à honorer dans les délais à cause du manque de financement. Quand on dit les vérités aux Gabonais, ceux-ci préfèrent les mensonges.

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