IS THERE REALLY A GABONESE CINEMA? Y A-T-IL VRAIMENT UN CINÉMA GABONAIS?


Philippe Mory (photo Roland Duboze)



English version

There are questions which at first glance seem absurd on the surface, the type of questions asking if there is a Gabonese literature? If Gabon has an intellectual life? If there is Gabonese research? And in the cases that pertains strictly speaking to this post, if there is a Gabonese cinema? The answer to these questions is often rough because depending on definitions that are as numerous as the number of people who are interested in these issues. But in a country where imposture is imposed and even celebrated, it is mandatory that thinking Gabonese people begin to use a precise and scientific language regarding the answers to such questions. To great fanfare, the Gabonese authorities have announced that the Gabonese Cinema would be honored at the 23th edition of the Panafrican Festival of Cinema and Television of Ouagadougou (FESPACO). This announcement provokes in us the question of what will truly be honored. Pushing the reflection further, we came to the conclusion that if it is undeniable that there are extremely talented Gabonese who made and still make films, it is however very difficult to talk about a Gabonese cinema without losing all credibility.

1. What is Gabonese cinema?

Cinema itself, is the art of moving images; a visual medium that tells stories and exposes reality. Like other art forms such as music, dance, sculpture or painting, cinema is very complex and obeys some specific rules. It is a field of academic studies and there are schools specializing on teaching the techniques of cinema. As such, just because someone has a camera does not make them a movie director and just because someone is photogenic or telegenic does not make them a movie actor. Cinema is more complex than that as it includes various forms: documentary or narrative; screenwriting; cinematography; directing; producing; editing etc. These technical aspect have to be supported by a distribution network because there is no cinema if no one ever watches the movies. This is the first aspect of cinema and if we are honest, we would recognize that Gabon does not have a cinematic infrastructure that would allow people to learn appropriately about this art form, become technical experts and efficiently distribute their movies through movie theaters, television or DVDs. How can Gabonese cinema exist if there is no educational, technical, financial and distribution infrastructure to support it?

2. Is there a Gabonese cinematographic style and what is its production level?

Every art form has its signature and it is what makes it distinct, significant and important. On the African and the world stage, in music everybody knows that Rumba is a Congolese signature; and in sculpture everybody knows that some of the most important reliquary masks in the world are Fang and Kota of Gabon. In Cinema, there is clearly an American style that is different from an English style of cinema. Similarly, there is Italian style that is different from a French or Spanish style of cinema. These styles have evolved over the years and are now part of different schools. Without having to hear the language, just by the first few images and sounds, one can distinguish a French movie from an American one. This is a stylistic difference that characterizes these different cinemas. Could anybody say that there is such a thing as a Gabonese cinematographic style? This blog does not think so. There are movies being made in Gabon, but the production is so infrequent and sparse, that it is very difficult for a style to be developed. Just to give you an idea, the late Sembene Ousmane gave to Senegal its cinematographic style and he directed 14 movies and wrote 9 books. Since independence, Senegal has produced 269 films. Today, young Senegalese film directors have a rich frame of reference from which to draw and build upon. In a retrospective of Gabonese cinema, the director Imunga Ivanga wrote in 2012 that since 1962, Gabon had produced about 20 movies and half of them were actually directed by French teams. Therefore the number of movies really produced by Gabonese teams is less that the output of someone like Sembene Ousmane alone. With numbers like that, there is not yet a body of work from which it could be expected that a style could emerge and a signature of Gabonese cinema could be established. At the moment, Gabonese cinema needs more resources so its production could increase and become of better quality.

If Gabon has very talented actors and directors, the truth is that a Gabonese cinema is yet to truly take form. Pierre Marie Dong, Philippe Mory, Charles Mensah and others deserve to be recognized, especially for having persevered in a country where the arts are very neglected; but only a more significant body of work would allow for a truly Gabonese cinema to be established in the vein as a Senegalese or a Burkinabe one.




Version française


Il y a des questions qui de prime abord, semblent en surface saugrenues; le type de questions demandant si le Gabon a une littérature? Si le Gabon a une vie intellectuelle? S'il y a une recherche gabonaise? Et dans le cas de figure qui intéresse ce billet a proprement parlé, si le Gabon a un cinéma? La réponse à ces questions est souvent houleuse car dépendant des définitions qui sont aussi nombreuses que le nombre d'interlocuteurs qui s'intéressent à ces questions. Mais dans un pays où l'imposture est imposée et même célébrée, il est de rigueur que le gabonais pensant commence à tenir un langage précis et scientifique en ce qui concerne les réponses à ce type de questions. A grand renfort de publicité, les autorités gabonaises viennent de nous apprendre que le Cinéma Gabonais serait honoré lors de la 23ième édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco). Cette annonce provoque en nous l'interrogation de savoir ce qui sera honoré véritablement. En poussant la réflexion, nous sommes arrivés à la conclusion que s'il est indéniable qu'il y ait des gabonais extrêmement talentueux qui ont fait et font encore du cinéma, il est par contre très difficile de parler d'un cinéma gabonais sans perdre toute crédibilité.

1. Qu'est ce que le cinéma Gabonais?

Le cinéma lui-même est l'art des images en mouvement; un support visuel qui raconte des récits et peut exposer la réalité. Comme d'autres formes artistiques telles que la musique, la danse, la sculpture ou la peinture, le cinéma est très complexe et obéit à des règles spécifiques. Le cinéma est un champ d'études universitaires et il existe des écoles spécialisées dans l'enseignement des techniques du cinéma. Pris comme cela, juste parce que quelqu'un a une camera ne le rend pas réalisateur de cinéma; et juste parce que quelqu'un est photogénique ou télégénique, n'en fait pas un acteur de cinéma. Le cinéma est plus complexe que ça, car il comprend diverses formes et spécialisations: documentaire ou narrative; scénarisation; cinématographie; réalisation; production; montage etc. A ces côtés techniques doit s'ajouter un réseau de distribution car il n'y a pas de cinéma si personne ne regarde jamais ces films. Voila le premier aspect du cinéma et si nous sommes honnêtes, nous reconnaitrons que le Gabon ne dispose pas d'une infrastructure cinématographique qui permettrait aux gens d'apprendre de manière appropriée cette forme d'art, d'en devenir des experts techniques et de distribuer efficacement leurs films à travers les salles de cinéma, la télévision ou les supports DVD. Comment le cinéma gabonais peut-il exister s'il n'y a pas d'infrastructure éducative, technique, financière et de distribution pour le soutenir?

2. Y a-t-il un style cinématographique gabonais et quelle est sa production?

Chaque forme d'art a sa signature et c'est ce qui la distingue, la rend significative et importante. Sur le continent africain et la scène mondiale, tout le monde sait que la musique Rumba est d'une signature congolaise; et dans la sculpture tout le monde sait que dans la forme reliquaire certains des masques les plus importants dans le monde sont Fang et Kota du Gabon. Dans le cinéma, il y a clairement un style américain qui est différent du style anglais. De même, il est un style italien qui est différent du style français ou espagnol. Ces styles ont évolué au fil des années et font maintenant partie de différentes écoles. Sans avoir à entendre la langue, juste par les images et les sons des premières scènes, on peut distinguer un film français d'un film américain. Il s'agit d'une différence de style qui caractérise ces différents cinémas. Quelqu'un pourrait-il dire qu'il existe un style cinématographique gabonais? Ce blog ne le pense pas. Il ya des films qui sont réalisés au Gabon, mais la production est si rare et clairsemée qu'il est très difficile qu'un style s'en développe. Juste pour vous donner une idée, le regretté Sembène Ousmane a donné au Sénégal son style cinématographique et il a réalisé 14 films et écrit 9 livres. Depuis l'indépendance le Sénégal a produit 269 films. Aujourd'hui, les jeunes réalisateurs de cinéma sénégalais ont un riche cadre de référence sur lequel se baser et construire d'avantage. Dans une étude rétrospective du cinéma Gabonais, le réalisateur Imunga Ivanga a écrit en 2012 que depuis 1962, le Gabon avait produit environ 20 films et la moitié d'entre eux ont été effectivement réalisés par des équipes françaises. Par conséquent, le nombre de films produits par des équipes vraiment gabonaises est inferieur à la production singulière de quelqu'un comme Sembene Ousmane. Avec de tels chiffres, il n'y a pas encore un corps de travail à partir duquel on pourrait s'attendre à ce qu'un style, qu'une signature gabonaise puisse voir le jour et soit établie. À l'heure actuelle, le cinéma gabonais à davantage besoin de ressources pour que sa production puisse être augmentée et devienne de meilleure qualité.

Si le Gabon a des acteurs et des réalisateurs talentueux, la vérité est que le cinéma gabonais n'a pas encore pu véritablement prendre forme. Pierre Marie Dong, Philippe Mory, Charles Mensah et d'autres méritent d'être reconnus, en particulier pour avoir persévéré dans un pays où les arts sont très négligés; mais c'est seulement un ensemble plus considérable de travail qui permettrait à un véritable cinéma gabonais d'être mis en place dans la même veine que celui du Sénégal ou du Burkina-Faso.

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