ALI BONGO IS TRACKING FREE JOURNALISTS. ALI BONGO TRAQUE LES JOURNALISTES LIBRES

 Jonas Moulenda (phto: J. Moulenda)


Désiré Ename (image: France 24)




English Version

Dear readers, this blog will not teach you anything by telling you that free journalism does not mix well with the monochrome discourse based on single thought. The very nature of journalism places it at the intersection of scientific rigor and a presentation and interpretation of events that could indicate to the populations to which way the truth and the future are pointing. It is for trying to do their job rigorously and interpret the reality of daily Gabon in an uncompromising way, that two of the best journalists of contemporary Gabon, Jonas Moulenda and Désiré Ename, find themselves once again in Ali Bongo’s crosshair.

Both journalists are used to these dictatorial intimidations. How many times have they already been jailed by the regime? We have lost count. They were yet again both arrested on Friday, 19 December 2014 by Ali Bongo’s security forces. As soon as they were released from such custody, Désiré Ename left Gabon for France where he decided to temporarily go into exile; after a first exile a few years ago in Cameroon, while already chased by Ali Bongo and his henchmen. On 27 December 2014, his collaborator Jonas Moulenda, published the following document to alert the public of the threats that the regime poses to him; We propose it to you in its entirety.



ALI BONGO ASKS FOR MY ARREST (by Jonas Moulenda)

DECIDEDLY, I will not have a time of peace in my country, Gabon. Indeed, Ali Bongo Ondimba has asked for my arrest once again.

The information was given to me on Friday night by two of his advisors, worried about my safety and worried of the country’s stability. According to my two informants, it is the services of Counter-Intelligence (B2) and DGR who are responsible to arrest me.

After my custody, it is expected that I would be brought before the public prosecutor's office, who then would indict me for inciting insurrection before sending me to the central prison of Libreville.

There, officers linked to the regime will take care to give me poison in my meal for me to die in prison.

The straw that broke the camel's back was my editorial on the death squads in Faits Divers of this Friday. Also, the regime blames me for letting be published, an article by my collaborator on the record of the repression of the banned opposition rally of last Saturday.

Ali Bongo is annoyed by the inventory of three dead and the term "death squads." He wanted that we spoke of one death to keep up with the government. The authorities want to make me pay a high price for my refusal to conform.

Some collaborators of the President of the Republic have also joined the vengeful action. These are the ones I have denounced as involved in ritual crimes, recently. They are jumping at the chance to try to silence me forever.

To succeed in their evil plan, they rely on the judicial machinery. Several complaints against me have been reactivated, with the sole aim to send me toward two directions: the prison and the coffin.


Dear readers, we wish to remind all that investigative journalism, political, economic or social, which flourishes in the free countries of Africa as well as elsewhere, is only making its first steps in Gabon, thanks to the brave Gabonese who publish free newspapers. How many State affairs have been revealed by Le Canard Enchaîné in France, without the journalists of this publication being threatened with death? It is precisely this type of free press that is essential to rectify the mistakes of the Republic and of those who think that Gabon is their property.

This blog hereby denounces with the utmost energy, the intimidation, death threats and abusive detentions suffered by our innocent citizen journalists. That all citizens who identify with republicanism and democracy, and aspire to the rule of law, be mobilized in any way to say clearly to the Bongo regime that we all are forming a unified block with the journalists, against his dictatorial outdated regime. Can Ali Bongo keep on continually put a price tag on the heads of Jonas Moulenda and Désiré Ename?

Dear readers, thanks to Désiré Ename, Jonas Moulenda and other free Gabonese journalists, we still manage to read a just information about Gabon; because watching State television and reading the official daily L'Union, is like making a trip to North Korea. Dear readers, soon, Ali Bongo will decree that thinking is a crime!


Version Française

Chers lecteurs, ce blog ne vous apprendra rien en vous disant que le journalisme libre fasse mauvais ménage avec le discours monochrome basé sur la pensée unique. La nature même du métier de journaliste le place au carrefour d’une certaine rigueur scientifique et d’une présentation et interprétation des évènements pouvant indiquer aux populations vers où pointe la vérité et l’avenir. C’est pour avoir voulu faire leur travail avec rigueur et interpréter le quotidien Gabonais sans complaisance, que deux des tous meilleurs journalistes du Gabon contemporain, Jonas Moulenda et Désiré Ename, se retrouvent encore une fois dans le viseur d’Ali Bongo.

Ces deux journalistes sont des habitués de ces intimidations dictatoriales. Combien de séjours ont-ils déjà effectués dans les geôles du régime? On en perd le compte. Ils venaient encore d’être tous les deux, arrêtés le vendredi 19 décembre 2014 par les forces de sécurité d’Ali Bongo. Sitôt libérés de cette garde à vue, Désiré Ename a quitté le Gabon pour la France où il a décidé de temporairement s’exiler ; après un premier exile il y a quelques années au Cameroun, alors qu’il était déjà pourchassé par Ali Bongo et ses sbires. Le 27 décembre 2014, son collaborateur Jonas Moulenda, a publié le document qui suit, pour alerter l’opinion des menaces que le régime fait peser sur sa personne; Nous vous le livrons dans son intégralité.



ALI BONGO DEMANDE QUE JE SOIS ARRÊTÉ (par Jonas Moulenda)

DÉCIDÉMENT, je n’aurai pas un temps de paix dans mon pays, le Gabon. En effet, Ali Bongo Ondimba vient de demander que je sois arrêté de nouveau.

L’information m’a été donnée ce vendredi soir par deux de ses conseillers, inquiets de ma sécurité et soucieux de la stabilité du pays. D’après mes deux informateurs, ce sont les services de la Contre-ingérence (B2) et de la DGR qui sont chargés de m’arrêter.

Au terme de ma garde à vue, il est prévu que je sois présenté devant le parquet de la République, lequel m’inculpera ensuite d’incitation à l’insurrection avant de m’envoyer à la prison centrale de Libreville.

Là-bas, des agents à la solde du pouvoir se chargeront de me donner du poison dans le repas pour que je passe de vie à trépas en milieu carcéral.

La goutte d’eau qui aura encore fait déborder le vase est mon éditorial sur les escadrons de la mort paru dans Faits Divers de ce vendredi. Aussi, le pouvoir me reproche-t-il d’avoir laissé paraître un article de mon collaborateur sur le bilan de la répression de la manifestation interdite de l’opposition samedi dernier.

Ali Bongo est gêné par le bilan de trois morts et le terme “escadrons de la mort.” Il aurait voulu qu’on parle d’un seul mort pour rester en phase avec le gouvernement. Le pouvoir veut donc me faire payer un prix élevé de mon refus du conformisme.

Des collaborateurs du président de la République sont entrés également dans l’action revancharde. Il s’agit de ceux que j’ai dénoncés dans les crimes rituels ces derniers temps. Ils sautent sur l’occasion pour tenter de me faire taire à jamais.

Pour réussir leur plan machiavélique, ils comptent sur la machine judiciaire. Plusieurs plaintes contre ma personne ont été remises au goût du jour, avec pour seul objectif m’envoyer vers deux directions: la prison et le cercueil.



Chers lecteurs, nous voulons ici rappeler que le journalisme d'investigation, politique, économique ou social, qui fleuri dans les pays libres, aussi bien d’Afrique que d’ailleurs, fait seulement ses premiers pas au Gabon, grâce à des braves Gabonais qui tiennent des journaux libres. Combien d’affaires d’Etat ont été révélées par Le Canard Enchaîné en France, sans que les journalistes de cette publication ne soient menacés de mort ? C’est justement ce type de presse libre qui est essentiel pour rectifier les errements de la République et de ceux qui pensent que le Gabon leur appartienne.

Ce blog vient ici dénoncer avec la plus vive énergie, les intimidations, les menaces de mort et les détentions abusives dont sont victimes nos innocents journalistes citoyens. Que tous les citoyens qui se reconnaissent dans le républicanisme et la démocratie, et qui aspirent à l’Etat de droit, se mobilisent de quelque manière que ce soit pour dire clairement au régime Ali Bongo que nous faisons tous blocs avec ces journalistes contre son régime dictatorial dépassé. Ali Bongo peut-il continuer à mettre continuellement à prix les têtes de Jonas Moulenda et de Désiré Ename?

Chers lecteurs, c’est grâce à Désiré Ename, à Jonas Moulenda et aux autres journalistes Gabonais libres, que nous arrivons encore à lire une information juste à propos du Gabon; car en regardant la télévision d’Etat et en lisant le quotidien officiel L’Union, on fait un voyage en Corée du Nord. Chers lecteurs, sous peu, Ali Bongo va décréter que penser est un crime !

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