REACTION BY EMMANUEL NTOUTOUME NDONG ABOUT THE COLLAPSE OF THE GABONESE SOVEREIGN NOTATION. RÉACTION D’EMMANUEL NTOUTOUME NDONG À PROPOS DE L’EFFONDREMENT DE LA NOTE SOUVERAINE DU GABON

Emmanuel Ntoutoume Ndong. Ancien élève de l'ENA de Paris, Inspecteur général des finances


Le 5 décembre dernier, l’agence de notation FITCH RATINGS a dégradé la note souveraine du Gabon,la faisant passer de « stable » à «négative » ce qui, quoi qu'en dise le ministre de l'Economie, présage de perspectives sombres à très court terme pour notre pays.

Quelques jours après, le 12 décembre courant, une autre agence de notation, MOODY’S attribuait la note honorable Ba3 au Gabon, en contradiction avec l’agence FTICH.

Réagissant à la notification de FITCH, le ministre de l’Economie s'est contenté de banaliser la nouvelle, jugeant la décision de l’agence de notation « précipitée » et « discutable », et imputant cette appréciation négative et les difficultés qui s’annoncent pour notre pays à la seule baisse du prix du pétrole, comme si tous les pays producteurs de pétrole avaient vu leur note souveraine dégradée.

L’agence FITCH tient certes compte dans sa notation de la chute brutale du prix du pétrole qui, comme chacun le sait, représente 56% des recettes budgétaires du Gabon et 80% de ses exportations. Mais elle prend aussi en considération la diminution progressive de la production du pétrole, de l'épuisement inéluctable de la manne. L’évolution de la production du pétrole au cours de ces dernières années illustre clairement cette tendance asymptotique:11,6 millions de tonnes en 2012, 11 millions de tonnes
en 2013, 10, 9 millions de tonnes en 2014).

Si l’on combine l’effondrement du prix estimé aujourd’hui à 40% et l’épuisement progressif de la ressource, on voit difficilement comment le Gabon pourrait être en mesure de maintenir l'équilibre financier du pays. Le ministre de l'Economie choisit comme variable d'ajustement la réduction de son programme d'investissement. Cette réduction massive de l'investissement public affectera pour plus d'un tiers des dépenses publiques et se ressentira brutalement sur l'activité dans notre pays.

Réagissant ensuite à la notification de l’agence MOODY’S qui attribue au Gabon la note Ba3 avec des perspectives favorables, le ministre de l’Economie n’a pas caché sa jubilation, en déclarant que cette note conforte « les autorités gabonaises dans la priorité qu’elles accordent à la gestion prudente des finances publiques dans le contexte actuel de baisse du prix du pétrole ». Mais dans le même temps, il passe sous silence les nombreux manquements du gouvernement relevés par le même rapport, notamment en matière de déficit en infrastructures, de gestion budgétaire, de répartition des revenus et des politiques sociales. Ce qui intéresse le ministre de l’Economie, ce n'est pas de savoir comment est gérée la richesse du pays, ce patrimoine commun de tous les gabonais, ni comment cette richesse est répartie entre les gabonais, mais « la confirmation du classement du Gabon au rang des émetteurs souverains les mieux notés de l’Afrique subsaharienne » Si ce n'est pas du virtuel, il faudrait trouver un autre sens à ce mot. Le ministre de l'Economie vit dans les statistiques, les gabonais vivent la réalité de la pauvreté.

Sans vouloir remettre en cause l’intégrité professionnelle de l’agence MOODY’S, l’on peut tout de même s’interroger sur la sincérité de ses données, au regard de la situation réelle du Gabon. Qui peut croire MOODY'S quand elle affirme que "les autorités gabonaises accordent une priorité à la gestion prudente des finances publiques?" Il est surprenant à cet égard que MOODY'S soit plus indulgente que la Cour des Comptes gabonaise qui, bien qu'institution "domestique", n'a eu de cesse de stigmatiser la gestion suicidaire des finances publiques par les autorités gabonaises. On ne voit donc pas où MOODY'S est allé chercher ses "perspectives de croissance, un bilan financier robuste et une faible vulnérabilité aux socs extérieurs du fait notre appartenance à la zone franc" quand il reconnait en temps l'existence "de contraintes sur le crédit dues à la dépendance de l'économie gabonaise au secteur pétrolier et à la faiblesse de ses institutions de gouvernance économique et de disparités socio-économiques".

Au plan de stabilité politique et macroéconomique MOODY'S affirme en même temps que " la scène politique gabonaise pose un risque modéré d'événements exceptionnels" et que "le pays a des difficultés à concilier les impératifs politiques, économiques, financiers et sociaux, ainsi qu'un score considéré par la Banque Mondiale comme faible au niveau de la représentativité et de la responsabilisation du pouvoir politique" autrement dit, MOODY'S voit bien un risque pour le Gabon et ce risque émane du déséquilibre "entre les attentes des populations, notamment au plan social" et "la préservation de la stabilité politique et macroéconomique dans un contexte propice aux tensions sociales, du fait d'une forte inégalité des revenus et du fait de l'érosion des recettes publiques, suite à la diminution du prix du pétrole"!

Le 19 février 2013, le Fonds Monétaire International avait prévenu les autorités gabonaises d’un séreux risque d’assèchement des revenus du pays, du fait du ralentissent de l’activité mondiale perceptible, et dont la conséquence prévisible immédiate était la diminution de la demande mondiale de pétrole.

L'institution de Bretton Wood relevait la persistance du déficit budgétaire hors pétrole, ainsi que la faible croissance du secteur privé non pétrolier. Les perspectives favorables qu’elle entrevoyait pour notre pays étaient tempérées par les aléas sur le cours du pétrole. Le Fonds recommandait alors fermement au gouvernement gabonais de mettre en œuvre « une politique budgétaire plus prudente», « la modération dans l’investissement public" et "d’engager des réformes dans l’Education et dans le marché du travail, pour mieux faire correspondre l’offre et la demande d’emplois". Le FMI pointait aussi comme point négatif les difficultés d’accès des PME aux financements.


La même année, l’agence de notation STANDARD &POOR’S a attribué la note BB- avec perspectives négatives au Gabon. STANDARD &POOR’S justifiait cette décision par la mauvaise gestion des finances publiques, estimant que le Gabon « n’avait pas encore fait ses preuves en matière budgétaire et en matière de culture de paiement, et qu’il demeure trop dépendant des revenus pétroliers » STANDARD &POOR’S, relève enfin que la relative stabilité politique dont a bénéficié le Gabon et son revenu élevé par tête d’habitant sont des atouts qui peuvent permettre à notre pays d’atteindre une croissance forte autour de 4,5% dans un futur proche (en 2013-2016), mais que cette possibilité est contrariée par le manque criard d’infrastructures, le mauvais climat des affaires (170e sur 185 pays) la corruption, la faiblesse institutionnelle, la forte dépendance du pétrole, des obstacles formels et informels à l’exportation vers les autres pays de la CEMAC et le manque de main d’œuvre qualifiée.


Malgré ces mises en garde émanant de deux des plus grandes institutions financières de la planète, malgré les rappels à l’ordre récurrents de la Cour des Comptes et les critiques l’opposition, notamment de l’Union Nationale, le gouvernement auquel appartient Régis IMMONGAULT a maintenu une politique budgétaire absurde, fondée sur des hypothèses macroéconomiques irréalistes, le tout couronné par une gestion gargantuesque des finances publiques.

C’est ainsi que dans la loi de finances rectificative 2014, alors que des signes perceptibles laissaient déjà entrevoir une contraction de l’activité économique mondiale de l’ordre de 15 à 20% par rapport à 2013, le gouvernement a tablé sur un taux de croissance de 5,1%. On sait ce qu’il en est advenu : notre pays paie aujourd’hui le prix de cette désinvolture budgétaire qui a conduit le gouvernement à engager des dépenses incompatibles avec la réalité des recettes perçues. On le voit avec les difficultés de l’Administration incapable de faire face à ses obligations financières et avec les problèmes des
entreprises dont la plupart dépendent des marchés de l’Etat.

Avec l'effondrement attendu des recettes et son incidence sur les revenus globaux de l'Etat , le gouvernement ne fera pas l'économie d'une remise à zéro de l’ensemble des hypothèses qui sous-tendent la loi de finances de l’exercice 2015. En effet, avant même d’avoir été promulgué, le budget 2015 s’avère inexécutable puisqu’il tablait sur une baisse du prix du pétrole de 20%, un baril à 96,6 dollars US et une appréciation du dollar US de 2,1% par rapport au franc CFA. Or, le prix du pétrole s’est replié de 40%.

Rappelons pour mémoire qu'une situation semblable s'est déjà produite dans notre pays. C'était en 1986. Cette année là, notre pays avait dû faire face à une diminution la production de pétrole de 50% par rapport à1985. Cela s’est traduit par une grave crise économique et financière qui a duré neuf, jusqu’en 1994.

Depuis quatre ans, de 2010 à 2014, Ali Bongo et ses gouvernements successifs ont bénéficié d’une conjoncture économique et financière particulièrement favorable. Une production pétrolière, certes en baisse tendancielle, mais tournant tout de même au tour autour de 10,9 millions de tonnes en 2014, un prix élevé du baril stabilisé entre 90 et 100 dollars US en moyenne annuelle, jusqu’en début 2014, des budgets annuels colossaux de l’ordre de 3000 milliards de francs CFA en moyenne, des taux de croissance élevés de l’ordre de 5 à 6% et une inflation contenue sous le seuil communautaire de 3%. Cette conjonction providentielle de facteurs favorables qui devait donner une impulsion décisive au Gabon et assurer son décollage économique, a été malheureusement gâchée par l’amateurisme et l’incompétence du pouvoir dit « émergent » et par son incontinence financière.

S'agissant des investissements rien, ou presque, de ce qui a été annoncé n’a vu le jour, surtout si l’on considère que les réalisations constatées ces dernières années, notamment en matière de routes dans le sud du pays ne coïncident qu’avec l’arrivée à terme des derniers chantiers lancés par le président Omar Bongo et dont les financements, étaient déjà disponibles.

L’on ne peut donc que s’étonner de ce qu’aucun des grands chantiers effectivement lancés par le pouvoir dit « émergent » n’ait à ce jour abouti. Quelques exemples emblématiques: les gabonais attendent toujours les 5000 logements annuels promis par Ali Bongo à l’entame de son mandat. Un tel projet était de nature à booster la croissance dans le secteur de la construction et à générer de nombreux emplois. Pourquoi ne parle t- on plus du projet de construction de l’Aéroport International d’ANDEM sur la route de KANGO ?

A Libreville, les habitants se demandent pour quelles raisons le chantier du Champs Triomphal qui devait transformer la physionomie de la capitale gabonaise est-il à l’arrêt depuis des mois, et pourquoi les cinq échangeurs promis, maquette à l’appui, se sont-ils transformés en trois simples ponts ? Et pourquoi les travaux du stade omnisport président Omar Bongo qui devait abriter la finale de la Coupe d’Afrique des Nation de l’édition 2012 peinent tant à s’achever ? Ils s’étonnent de la lenteur, inexpliquée, des travaux de l’autoroute PKA 15 – NTOUM dont la durée d’exécution était fixée à 24 mois ? Ils voudraient savoir combien se salles de classes ont été construites et combien d’hôpitaux ont été livrés en quatre ans ? Dans quelle proportion le chômage, notamment des jeunes diplômés a reculé, et pourquoi avec une inflation officiellement évaluée à 2,5% de moyenne annuelle, en de ça de la norme communautaire, fixée à 3%, la vie est-elle si chère dans leur pays ?

S'agissant de la politique sociale, les gabonais veulent comprendre pourquoi 30% d’entre eux vivent en dessous du seuil de la pauvreté absolue et 60% d’entre eux dans la pauvreté relative, pendant que la richesse du pays croît de 5% en moyenne par an depuis quatre ans? Pourquoi 43% de la population gabonaise vit encore avec un revenu autour de 10 000francs CFA par mois et 21% avec un revenu mensuel autour de 100 000 francs CFA dans un pays de 1. 500 000 habitants et qui produit 3000milliards de francs CFA de richesse supplémentaire chaque année depuis quatre ans? Ils s’étonnent qu’avec une croissance soutenue de 5% en moyenne annuelle depuis quatre ans, le chômage des jeunes, notamment les diplômés, tourne toujours autour de 30% ? Ils aimeraient enfin savoir où en est notre pays avec les OMD, dont l’échéance avait été fixée l’horizon de l’année 2015 ?

Là où Régis IMMONGAULT fait preuve de cynisme ou de cécité volontaire, c’est quand il nie l’existence d’une crise politique au Gabon susceptible de compromettre l’échéance électorale de 2016. Alors ue tous les observateurs y compris l'ONU reconnaissent que le Gabon est en bien en crise, et que cette crise est potentiellement explosive comme le montre l'actualité, le ministre de l’Economie estime, lui, que le Gabon « est stable » et que « toutes les conditions sont réunies pour que l’élection de 2016 se passe sans encombre ». Il ne voit pas les grèves qui se déclenchent jour après jour dans presque tous les secteurs de l’administration et du secteur privé et qui sont de nature à paralyser le pays. Sous l’ère du président Omar Bongo, la stabilité politique combinée à des taux de croissance élevés ont été de réels atouts qui auraient pu permettre à notre pays de se développer de façon plus harmonieuse et plus rationnelle. Mais la mauvaise gouvernance financière, dénoncée sous le père par tous les observateurs, s’est aggravée sous le « fils », avec en prime une politique économique chaotique qui ne semble n’avoir ni tête ni queue.

Les politiques structurelles initiées par Ali Bongo sont incohérentes et désarticulées, tant dans leur élaboration que dans leur mise en œuvre. Par ce qu’elles ne procèdent pas une vision partagée des gabonais sur l’avenir économique et social de leur pays, les recettes proposées les émergents gabonais vont à l’encontre de ce qui, pour les populations, est l’essentiel. Comme chacun peut l’observer, les stratégies sectorielles des différents départements ministériels se caractérisent par une absence flagrante de transversalité, de hiérarchisation globale, de vision commune. Ce qu’ils proposent, c’est un assemblage désarticulé de stratégies sectorielles vide toute cohérence et de tout contenu opérationnel. Or, en matière de gouvernance économique, les politiques structurelles doivent avoir une logique, procéder d’une hiérarchisation pertinente, d’une démarche méthodologique appropriée, d’une vision globale basée sur une matrice opérationnelle optimisée.


Emmanuel NTOUTOUME NDONG

Comments

  1. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir
    Par Emmanuel EYEGHE NZE*
    Entre 2007 et 2013, la notation souveraine du Gabon a toujours été réalisée par deux Agences de Notation. Il s’agit de FitchRatings et Standard & Poor’s qui ont attribué, à chacune de leur revue, la note « BB -» à notre pays, à l’exception de l’année 2012 qui s’est caractérisée par deux perceptions assez différentes de la part de ces agences.
    D’une part, une révision de la perspective de croissance de « stable » à « négative » par l’Agence de Standars & Poor’s, du fait notamment des dysfonctionnements constatés dans l’alimentation du compte IMA à la Banque Mondiale au titre de l’Eurobond 2017.
    D’autre part, une amélioration de la note souveraine par FitchRatings à « BB », suite à la mise en œuvre des réformes impulsées par le Président de la République, Chef de l’Etat, son Excellence Ali BONGO ONDIMBA.
    Passé cette année 2012, les deux agences ont rétabli la note « BB- » assortie des perspectives stables dès 2013. Cette note « BB -» a été confirmée le 05 décembre dernier par FitchRatings qui a toutefois décidé de l’assortir d’une « perspective négative ». Cette décision n’a pas laissé les autorités gabonaises sans réaction.
    Dans la foulée en effet, Monsieur Régis IMMONGAULT, Ministre de l’Economie, de la Promotion des Investissements et de la Prospective, a donné son appréciation de cette nouvelle notation.
    La mise au point du Ministre de l’Economie a suscité chez certains détracteurs des commentaires empreints de confusion, de désinformation volontaire et de torture de la réalité. Le tout soutenu par argumentaire léger, fantaisiste et incohérent.
    En effet, contrairement à ce qui est repris en boucle par les détracteurs, la note souveraine du Gabon n’a pas été dégradée comme ils l’annoncent de façon.
    La réalité est que FitchRatings a confirmé la note « BB -», mais a décidé de l’assortir d’une perspective négative. Celle-ci traduit la possibilité d’une dégradation de la note souveraine si les corrections nécessaires ne sont pas apportées entretemps. Ce sont des nuances que les détracteurs devraient pourtant maitriser.
    Deuxième incohérence dans leur argumentaire, le Ministre de l’Economie n’a pas ignoré les arguments développés par FitchRatings pour contester la notation.

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  2. Suite 1
    Bien au contraire, tout en rappelant les différentes mesures budgétaires préconisées par le Gouvernement pour faire face à la chute des prix du pétrole, le Ministre est revenu sur les réformes engagées pour soutenir la croissance du secteur hors pétrole. Parmi elles, on note notamment le maintien des investissements structurants dans la cadre de la poursuite de la mise en œuvre du PSGE. Le Ministre a également rappelé quelques derniers développements concernant la situation interne du pays (tenue correcte des dernières élections sénatoriales et organisation des concertations avec les partenaires sociaux). Contrairement à la corrélation négative entre les grèves et l’efficacité la gestion du pays que tentent d’établir certains contradicteurs, il est à considérer ces grèves comme la preuve de la vitalité de l’expression des libertés individuelles au Gabon. Le plus important étant simplement d’exercer le droit de grève dans la légalité.
    Rappelons tout de même que démocratie et liberté syndicale sont le plus souvent positivement corrélées. Rappelons aussi que le fondement des revendications sociales actuelles n’est nullement une surprise pour le Chef de l’Etat qui a fait adopter tout dernièrement une Stratégie Nationale d’Investissement Humain. En le faisant, il a démontré qu’il est tout à fait conscient de ce que la croissance soutenue obtenue sous sa conduite n’est pas encore assez inclusive. Il a, entre autres, instruit le Gouvernement de mener des négociations sociales avec l’ensemble des partenaires. Ces négociations se poursuivent mais il est clair que certains points pourraient faire l’objet de discussions plus ardues.
    Les arguments développés par le Ministre ont semble-t-il été mieux pris en compte par l’Agence Moody’s qui, pour sa première note attribuée au Gabon, évalue le risque souverain à Ba3, c’est-à-dire « BB-», assortie des perspectives stables.
    Un des détracteurs a remis en cause cette notation. C’est son droit le plus absolu. Contester c’est très bien. Mais faudrait-il encore apporter des arguments contraires et cohérents pour soutenir la position défendue.
    De ce côté, c’est plutôt la désolation car les arguments développés sont malheureusement la traduction parfaite d’une rhétorique non constructive et obscurantiste.
    Morceaux choisis parmi tant d’autres : « il est d’ailleurs surprenant que Moody’s soit plus indulgente que la Cour des comptes qui, bien qu’institution domestique, n’a eu de cesse, depuis quatre ans, de stigmatiser la gestion suicidaire des finances publiques par les autorités gabonaises », « on ne voit pas là où Moody’s est allé chercher ses perspectives solides…quand dans les même temps elle reconnait de contraintes sur le crédit… », « Moody’s voit bien un risque pour le Gabon. Et ce risque émane du déséquilibre entre les attentes des populations, notamment au plan social ».

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  3. Suite 2
    D’abord, aucune preuve de la gestion suicidaire des finances publiques n’est apportée.
    Ensuite, il y a confusion totale entre les perspectives et les contraintes, d’une part, et entre la note souveraine et l’absence de risque, d’autre part. Il faut rappeler que les contraintes n’empêchent pas les perspectives. Tout comme ces dernières n’excluent pas des risques. C’est cet ensemble de facteurs qui déterminent la notation. Et à ce jour, si le Gabon n’a jamais obtenu la note AAA c’est parce que des contraintes et des risques existent.
    La note du Gabon est « BB- ». Ce qui veut dire que certains risques sont encore présents. Ce qui n’a rien d’étonnant pour un pays qui vise le stade de l’émergence. Que certains « penseurs » l’ignorent, cela parait étrange.
    Plus surprenant encore, les détracteurs s’appuient sur des informations inexactes pour essayer de donner de la consistance à un argumentaire plat et indigeste.
    Le FMI a séjourné tout dernièrement au Gabon dans la cadre de la surveillance des politiques financières qu’il exerce sur ces pays membres. Les conclusions de cette mission sont disponibles sur le site internet de cette institution. A l’issue de cette mission, le FMI soutient la mise en œuvre du PSGE et les efforts de diversification menés par le Chef de l’Etat. Le FMI se réjouit notamment de ce que la croissance soit désormais portée par le secteur hors pétrole et de ce que le Gouvernement va désormais mettre en œuvre la Budgétisation par Objectifs de Programme (BOP).
    Comme à chacune de ses missions, le FMI n’a pas manqué de relever les contraintes auxquelles fait face l’économie gabonaise. Il a aussi attiré l’attention des autorités sur la nécessité de poursuivre une politique budgétaire vertueuse et de contenir l’évolution de la masse salariale.
    L’ensemble des différents éléments a permis à cette institution de valider le cadrage macroéconomique arrêté par les autorités.
    Concernant spécifiquement le projet de loi de finances 2015, les détracteurs affirment qu’il prévoit un prix du baril à 96,6 USD. Sauf à parler d’un autre projet de loi de finances, celui présenté par le Gouvernement au Parlement a retenu comme hypothèse un prix du baril à 80 USD et le taux de change à 490 Fcfa. Lors de la Présentation au Parlement, le Ministre a signifié la prudence dans l’exécution de ce budget.
    La confusion sur l’hypothèse retenue dans le projet de loi de finances prouve que ce sont au contraire les détracteurs qui sont pris de cécité.

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  4. Suite 3
    Par ailleurs, le Gabon n’est pas 170ème/185 pays au classement sur l’environnement des affaires. En 2015, notre pays occupe le 144ème rang. Les détracteurs sont décidément fâchés contre la vue.
    Signalons enfin qu’en 2013, Standard & Poor’s n’a pas attribué au Gabon un « BB -» avec des perspectives négatives. Il s’agit plutôt d’un « BB -» assorti des perspectives stables. La qualité de vue des détracteurs n’est pas « stable » elle est finalement « négative».
    Pour se donner bonne conscience, les détracteurs tentent de revenir sur la situation économique traversée par notre pays en 1986. Malheureusement, ils se trompent grossièrement de diagnostic en rattachant cette crise à une réduction de la production pétrolière de 50%. Ce qui est naturellement faux.
    En effet, la crise de 1986 résulte plutôt d’une chute du prix du pétrole, qui est passé de 28 USD en 1985 à moins de 10 USD en 1986, et du cours du dollar qui est passé de 500 Fcfa à 300 Fcfa entre 1985 et 1987. Rien à voir avec une chute brutale de la production.
    Mais peu importe les raisons, disons simplement que le contexte de 1986 n’est plus le même aujourd’hui.
    La capacité de l’économie à résister aux chocs pétroliers s’est sensiblement améliorée depuis 1986, comme en témoigne l’essor du secteur hors pétrole qui tire désormais la croissance. Le poids du pétrole est passé de près de 50% à 30% du PIB de 2009 à ce jour. Preuve que la diversification économique est en marche. Dans tous les cas, le Gouvernement prend comme hypothèse depuis un certain temps, la baisse tendancielle des revenus pétroliers. Il est conscient de la nécessité d’effectuer des ajustements à la baisse au niveau de la dépense publique.
    Les détracteurs refusent par ailleurs de reconnaitre les progrès réalisés par le Chef de l’Etat en matière d’acquisition des équipements collectifs. Ils refusent de voir que le nombre de kilomètres de routes bitumés est sans comparaison avec le passé, que la capacité énergétique a été améliorée, que le défi de l’organisation de la CAN a été relevé, que le Gabon possède la technologie 4G, etc.

    Concernant les chantiers qui connaissent des retards qu’il croit bon d’énumérer, rien à redire après les explications claires fournies par le Chef de l’Etat à l’occasion du son interview du mois d’août dernier. Les montages financiers de certains projets sont en cours de révision afin de les adapter au contexte économique et financier. C’est ça aussi un gouvernement responsable.
    Sur la situation de la pauvreté, que dire de plus sinon que les préoccupations des uns et des autres sont déjà prises en compte dans la Stratégie Nationale d’Investissement Humain, déclinaison du PSGE qui lui-même vise la prospérité partagée.

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  5. Suite 4 et fin

    Le PSGE est une vision cohérente qui se fonde sur les forces et faiblesses, les atouts et opportunités de notre pays. Cette vision est appréciée par les partenaires du Gabon.
    Le PSGE est soutenu par des documents sectoriels tels que le Schéma Directeur National des Infrastructures, la Stratégie Nationale d’Industrialisation, la Stratégie Nationale d’Investissement Humain qui déclinent de façon très précise sa mise en œuvre dans chacun des domaines concernés.
    Il n’y a rien de désarticulé pour toute personne parfaitement équilibrée et faisant preuve de bonne foi. La mise en œuvre du PSGE n’est pas un simple exercice. Il s’agit de réaliser des réformes structurelles. Il s’agit de procéder à des ajustements de comportement. Toutes choses qui demandent du temps. Certains progrès sont désormais visibles : la ZERP de NKOK, le Complexe Métallurgique de Moanda, les infrastructures…
    On n’a pas besoin d’avoir une « Loupe » pour le constater. Ces réalisations sont visibles pour ceux qui veulent bien voir.
    L’impatience des uns et des autres conforte la volonté du Chef de l’Etat d’accélérer les réformes. Nous avons un Chef d’Etat qui a une Vision, un Chef d’Etat qui rassure, un Chef d’Etat avant-gardiste, un Chef d’Etat soutenu par les populations.
    Ne pas le reconnaitre c’est faire preuve de mauvaise foi. Mais comme le dit un adage, « il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ».

    *Emmanuel EYEGHE NZE,
    Administrateur Economique et Financier, Diplômé de l’IEF, Promotion Pierre OBAME 1999-2011
    Administrateur Public, Diplômé de l’ENA de France, Promotion Romain GARY 2003-2005

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